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La décroissance radioactive

CE QUE TU DOIS SAVOIR FAIRE — écrire une équation de désintégration (α, β⁻, β⁺) avec les lois de conservation, exploiter la loi de décroissance \(N(t) = N_0\,e^{-\lambda t}\) et la demi-vie, relier l'activité au nombre de noyaux — et dater un échantillon au carbone 14.

≈ 60 min de travail · 15 exercices corrigés · mis à jour août 2026
SOMMAIRE

1. Le crépitement du compteur

Approche un compteur Geiger d'un vieux réveil à aiguilles phosphorescentes : clic… clic-clic… clic. Chaque clic est un événement microscopique et définitif — quelque part dans la peinture, un noyau d'atome vient de craquer : trop instable pour durer, il s'est transformé en un autre noyau en éjectant une particule. C'est ça, la radioactivité. Rien d'exotique d'ailleurs : une banane crépite aussi, très doucement (son potassium 40), et toi-même tu contiens quelques milliards de noyaux de carbone 14.

Le paradoxe qui fait tout le chapitre : chaque clic est imprévisible, et pourtant l'ensemble est réglé comme une horloge. Impossible de dire quel noyau craquera le prochain, ni quand — mais sur des milliards de noyaux, la population fond à un rythme si régulier que les archéologues datent une momie à quelques dizaines d'années près. Le hasard individuel, la loi collective : tu as déjà rencontré ce duo dans les probabilités.

Voici la population de départ : des noyaux radioactifs, tous intacts, tous identiques — et tous porteurs de la même minuscule probabilité de craquer dans la seconde qui vient. À la section suivante, tu avances le temps toi-même.

clic — un noyau craque lequel craquera le prochain ? personne ne le sait — pas même lui
La population de départ : des noyaux identiques, tous intacts, dont l'un vient de se désintégrer en éjectant une particule. À la section suivante, cette population passe à 400 noyaux — et c'est toi qui tiens l'horloge.

2. La moitié, encore la moitié : la demi-vie

Voici 400 noyaux radioactifs, et un curseur qui avance le temps. Avant de toucher : un pronostic. Si la moitié des noyaux disparaît pendant la première période, que se passe-t-il pendant la deuxième — tout disparaît, ou… autre chose ? Avance, et compte.

INTERACTIF La moitié, encore la moitié
temps écoulé : 0 demi-vie(s)
N = 400 noyaux il reste 100,0 % 400 noyaux, tous intacts — avance le temps
L'ordre d'extinction des points est tiré au hasard — recharge la page et il changera. Le compte, lui, ne change jamais : c'est toute la différence entre un noyau et une population.

Ce que tu viens de constater du bout du curseur, voilà comment on le dit.

DÉFINITION

Un noyau radioactif est un noyau instable. Sa désintégration — sa transformation en un autre noyau, avec émission d'une particule — est aléatoire (on ne peut pas prévoir quand), spontanée (rien ne la déclenche ni ne l'accélère) et inéluctable (elle finira par arriver).

DÉFINITION

La demi-vie \(t_{1/2}\) d'un noyau radioactif est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux d'un échantillon s'est désintégrée. Elle ne dépend que du noyau — de quelques microsecondes (polonium 214) à des milliards d'années (uranium 238) : 5 730 ans pour le carbone 14, 30 ans pour le césium 137, 8 jours pour l'iode 131.

POURQUOI ?

Pourquoi des moitiés, et pas une fonte régulière ? Parce que le hasard nucléaire n'a pas de mémoire : à chaque instant, chaque noyau survivant a exactement la même probabilité de craquer que le premier jour — il ne s'use pas, ne vieillit pas. La population restante rejoue donc sans cesse la même partie : en une demi-vie, elle perd la moitié d'elle-même, quelle que soit sa taille. C'est le mécanisme exact du chrono constant de la cinétique d'ordre 1 — même hasard, autre échelle.

TESTE-TOI Trois questions, trente secondes

Q1La désintégration d'un noyau radioactif donné est…

Q2Au bout d'une demi-vie, un échantillon de 600 noyaux en compte encore…

Q3Après deux demi-vies, il reste…

3. Écrire une désintégration : les équations nucléaires

Avant de compter les noyaux, il faut savoir écrire ce qui leur arrive. Un noyau se note \(^{A}_{Z}\mathrm{X}\) : \(Z\) protons (l'identité chimique de l'élément), \(A\) nucléons en tout (protons + neutrons). Deux noyaux de même \(Z\) mais de \(A\) différents sont des isotopes — le carbone 12, stable, et le carbone 14, radioactif, sont le même élément avec deux neutrons d'écart. Quand un noyau instable craque, il éjecte une particule — et l'écriture de l'équation obéit à deux lois de fer. Entraîne l'œil : quatre désintégrations, une seule équation juste à chaque fois.

INTERACTIF Trouve la bonne équation
NOYAU 1/4

Le radium des anciennes montres lumineuses se désintègre en émettant une particule α : \(^{226}_{88}\mathrm{Ra} \longrightarrow\) … laquelle ?

PROPRIÉTÉ — LES LOIS DE CONSERVATION

Dans toute équation de désintégration, deux quantités se conservent : le nombre de nucléons (la somme des \(A\)) et la charge électrique (la somme des \(Z\)). Ces deux lois suffisent à écrire — ou à vérifier — n'importe quelle équation nucléaire.

LES TROIS RADIOACTIVITÉS + LE RAYONNEMENT γ
TypeParticule émiseEffet sur le noyauArrêté par
αnoyau d'hélium \(^{4}_{2}\mathrm{He}\)\(A\) − 4, \(Z\) − 2une feuille de papier
β⁻électron \(^{\;\;0}_{-1}e\)\(Z\) + 1, \(A\) inchangéquelques mm d'aluminium
β⁺positon \(^{0}_{1}e\)\(Z\) − 1, \(A\) inchangéquelques mm d'aluminium
γphoton (énergie pure)aucun changement de \(A\) ni \(Z\)une forte épaisseur de plomb ou de béton
MÉTHODE — ÉCRIRE UNE ÉQUATION DE DÉSINTÉGRATION
1.Écris le noyau père et la particule émise avec leurs notations \(^{A}_{Z}\mathrm{X}\) (α = \(^{4}_{2}\mathrm{He}\), β⁻ = \(^{\;\;0}_{-1}e\), β⁺ = \(^{0}_{1}e\)).
2.Trouve le noyau fils par les deux conservations : \(A_{\text{fils}} = A_{\text{père}} - A_{\text{particule}}\) et \(Z_{\text{fils}} = Z_{\text{père}} - Z_{\text{particule}}\).
3.Identifie l'élément fils par son \(Z\) dans la classification, et contrôle les deux sommes. Contrôle-réflexe : c'est \(Z\) qui nomme l'élément — un « azote » avec \(Z = 6\) est une faute, pas une variante.
EXEMPLE RÉSOLU — L'URANIUM DES ROCHES

L'uranium 238 (\(Z = 92\)) est un émetteur α. Écris l'équation de sa désintégration, sachant que l'élément de numéro atomique 90 est le thorium Th.

Étape 1 — père et particule : \(^{238}_{92}\mathrm{U} \longrightarrow {}^{4}_{2}\mathrm{He} + {}^{A}_{Z}\mathrm{X}\).

Étape 2 — conservations : \(A = 238 - 4 = 234\), \(Z = 92 - 2 = 90\).

Étape 3 — \(Z = 90\) est le thorium : \(^{238}_{92}\mathrm{U} \longrightarrow {}^{4}_{2}\mathrm{He} + {}^{234}_{90}\mathrm{Th}\). Sommes : 238 = 4 + 234 ✔, 92 = 2 + 90 ✔.

Conclusion : deux soustractions, une lecture de classification, deux vérifications — l'équation nucléaire est l'un des exercices les plus « mécaniques » du bac. Autant dire : des points à ne jamais laisser.

TESTE-TOI Encore trois sur les équations

Q1Dans une équation de désintégration, on conserve…

Q2Lors d'une désintégration β⁻, le numéro atomique \(Z\) du noyau…

Q3La particule α, c'est…

4. La loi de décroissance

Retour au comptage — mais cette fois avec une formule au bout. La population de la section 2 dessinait déjà une courbe ; la voici pour un noyau précis, le césium 137 (demi-vie : 30 ans), tristement célèbre depuis Tchernobyl. Avance le temps, et regarde la formule s'instancier sous le graphique.

INTERACTIF La loi sous la courbe
temps écoulé : 0 ans
N/N0 = 100,0 % t = 0 — la population entière
Césium 137 : t1/2 = 30 ans, λ = ln 2 / 30 = 0,0231 an⁻¹. Les repères en pointillés apparaissent à chaque demi-vie passée — l'escalier des moitiés se découvre en avançant.

La forme de cette courbe, tu la connais par cœur : c'est une exponentielle décroissante. Et ce n'est pas un hasard de dessinateur.

DÉFINITION

Pour un échantillon de \(N_0\) noyaux radioactifs identiques à l'instant \(t = 0\), le nombre de noyaux non encore désintégrés à l'instant \(t\) suit la loi de décroissance radioactive :

$$N(t) = N_0 \, e^{-\lambda t}$$

où \(\lambda\), la constante radioactive (en s⁻¹, ou an⁻¹…), caractérise le noyau : plus \(\lambda\) est grande, plus la population fond vite. Cette loi est la solution de l'équation \(N' = -\lambda N\) — le nombre de désintégrations par seconde est proportionnel au nombre de noyaux présents. C'est ton équation \(y' = ay\) du chapitre primitives, et la jumelle nucléaire de la cinétique d'ordre 1 du chapitre précédent.

PROPRIÉTÉ — DEMI-VIE ET CONSTANTE RADIOACTIVE

La demi-vie et la constante radioactive se déduisent l'une de l'autre :

$$t_{1/2} = \frac{\ln 2}{\lambda}$$

Et la loi redonne bien l'escalier des moitiés : à chaque durée \(t_{1/2}\) écoulée, \(N\) est divisé par 2 — quel que soit le point de départ.

MÉTHODE — EXPLOITER LA LOI DE DÉCROISSANCE
1.Passe de la demi-vie (donnée des énoncés) à la constante : \(\lambda = \dfrac{\ln 2}{t_{1/2}}\) — et garde des unités cohérentes (des ans avec des an⁻¹).
2.Pour une durée qui est un multiple entier de \(t_{1/2}\), pas de calculatrice : compte les moitiés (\(2\,t_{1/2}\) → un quart, \(3\,t_{1/2}\) → un huitième…).
3.Sinon, applique \(N = N_0\,e^{-\lambda t}\) (ou son inverse \(t = \dfrac{\ln(N_0/N)}{\lambda}\)). Contrôle-réflexe : encadre toujours le résultat entre deux marches de l'escalier des moitiés.
EXEMPLE RÉSOLU — QUARANTE ANS APRÈS TCHERNOBYL

L'accident de Tchernobyl (1986) a dispersé du césium 137 (\(t_{1/2} = 30\) ans). Quelle fraction du césium déposé restait-il en 2026, quarante ans plus tard ?

Étape 1 — \(\lambda = \dfrac{\ln 2}{30} = 0{,}0231\) an⁻¹.

Étape 2 — encadrement : 40 ans est entre \(t_{1/2}\) (50 %) et \(2\,t_{1/2}\) (25 %).

Étape 3 — \(\dfrac{N}{N_0} = e^{-0{,}0231 \times 40} = 0{,}40\) : environ 40 % — dans la fourchette prévue. ✔

Conclusion : quarante ans après, presque la moitié du césium est toujours là. La décroissance radioactive ne se nettoie pas, ne se chauffe pas, ne s'accélère pas — elle s'attend.

TESTE-TOI Trois questions sur la loi

Q1La loi \(N(t) = N_0\,e^{-\lambda t}\) décrit…

Q2Si \(t_{1/2} = 30\) ans, alors λ vaut…

Q3La demi-vie d'un noyau dépend…

5. L'activité et la datation au carbone 14

Reste à raccorder la loi au compteur Geiger du début. Ce que le compteur entend, ce n'est pas \(N\) — les noyaux présents sont silencieux — mais les désintégrations, clic par clic. Ce débit de clics porte un nom, et une unité en l'honneur d'Henri Becquerel.

DÉFINITION

L'activité \(A\) d'un échantillon est le nombre de désintégrations par seconde. Elle se mesure en becquerels (1 Bq = 1 désintégration par seconde) et elle est proportionnelle au nombre de noyaux présents : \(A = \lambda N\). Conséquence : l'activité décroît comme \(N\) — \(A(t) = A_0\,e^{-\lambda t}\), avec la même demi-vie.

Et c'est cette activité qui fait de la radioactivité une machine à remonter le temps. Tout organisme vivant échange du carbone avec l'atmosphère : son taux de carbone 14 reste constant tant qu'il vit. À sa mort, les échanges cessent — et le stock de carbone 14, isolé, se met à fondre par moitiés. Mesure ce qu'il en reste, et tu sais depuis combien de temps l'horloge tourne. Essaie : trois objets t'attendent.

INTERACTIF Remonte le temps
carbone 14 restant : 100 %
âge : tout juste mort règle la fraction mesurée, ou choisis un objet
Carbone 14 : t1/2 = 5 730 ans. La méthode date la mort d'un organisme (bois, os, tissu, charbon) — jamais une pierre taillée : la pierre n'a jamais vécu.
POURQUOI ?

Pourquoi le taux est-il constant chez les vivants ? Le carbone 14 se désintègre aussi en toi — mais tu le renouvelles en permanence : alimentation, respiration, tout ton carbone s'échange avec l'atmosphère, où le carbone 14 est régénéré par les rayons cosmiques. Vivre, c'est maintenir le niveau de la jauge. Mourir, c'est couper le robinet — et laisser l'horloge des moitiés tourner seule.

MÉTHODE — DATER UN ÉCHANTILLON
1.Mesure l'activité \(A\) de l'échantillon, et compare-la à l'activité \(A_0\) d'un organisme vivant de même nature (une donnée de l'énoncé).
2.Si \(A/A_0\) est une puissance de \(\tfrac{1}{2}\) (50 %, 25 %, 12,5 %…), compte les demi-vies — sans calculatrice.
3.Sinon, inverse la loi : \(t = \dfrac{\ln(A_0/A)}{\lambda} = t_{1/2} \times \dfrac{\ln(A_0/A)}{\ln 2}\). Contrôle-réflexe : encadre l'âge entre deux multiples de la demi-vie.
EXEMPLE RÉSOLU — LE CHARBON DU FOYER

Un charbon de bois découvert dans un foyer préhistorique a une activité égale à 25 % de celle d'un bois vivant. Date le foyer (\(t_{1/2} = 5\,730\) ans).

Étape 1 — \(A/A_0 = 25\,\% = \left(\tfrac{1}{2}\right)^2\) : deux demi-vies exactement.

Étape 2 — \(t = 2 \times 5\,730 = 11\,460\) ans. Le feu a brûlé il y a environ 11 500 ans.

Conclusion : l'arbre est mort quand on l'a coupé pour le feu — c'est cette mort que le carbone 14 date. Les archéologues ne datent pas des objets : ils datent des arrêts d'horloge biologiques.

TESTE-TOI Quatre questions pour finir

Q1L'activité d'un échantillon radioactif, c'est…

Q2Un becquerel, c'est…

Q3Pour dater un échantillon au carbone 14, on compare son activité…

Q4Le carbone 14 permet de dater…

LES PIÈGES CLASSIQUES

« Après deux demi-vies, tout a disparu. » Non : moitié de moitié = quart. La décroissance divise, elle ne soustrait pas — après \(n\) demi-vies il reste \(1/2^n\), et une exponentielle ne s'annule jamais.

Prédire le destin d'un noyau précis. Impossible, par nature : la désintégration est aléatoire, et la loi \(N(t) = N_0\,e^{-\lambda t}\) ne parle que de populations. « Ce noyau va craquer dans 30 ans » est une phrase qui n'a pas de sens physique.

Bâcler une loi de conservation. Somme des \(A\) et somme des \(Z\), les deux, à chaque équation — et c'est \(Z\) qui nomme l'élément : un noyau qui change de \(Z\) change de nom. Écrire « \(^{14}_{6}\mathrm{N}\) », c'est inventer un élément.

Croire que la demi-vie s'use ou se règle. Les survivants ne sont pas « plus fragiles » (ni plus solides) : chaque noyau garde la même probabilité de craquer, toujours. Et aucun facteur — température, pression, chimie — ne change \(t_{1/2}\) : rien à voir avec la cinétique chimique du chapitre précédent.

Dater n'importe quoi au carbone 14. Il date la mort d'un organisme (bois, os, fibre, charbon), jamais une pierre ou un métal — et plus rien de fiable au-delà de ≈ 50 000 ans, quand l'activité devient indétectable. La pirogue, oui ; le silex qui l'a creusée, non.

L'ESSENTIEL EN 5 LIGNES
NOYAU

Instable → désintégration aléatoire, spontanée, inéluctable ; seul l'ensemble suit une loi.

ÉQUATION

Conservation des \(A\) et des \(Z\) ; α = \(^{4}_{2}\mathrm{He}\), β⁻ = \(^{\;\;0}_{-1}e\) (Z + 1), β⁺ = \(^{0}_{1}e\) (Z − 1), γ = photon.

LOI

\(N(t) = N_0\,e^{-\lambda t}\), solution de \(N' = -\lambda N\) ; \(\lambda\) caractérise le noyau.

DEMI-VIE

\(t_{1/2} = \dfrac{\ln 2}{\lambda}\) : chaque période divise \(N\) par 2 — un quart après deux, un huitième après trois.

ACTIVITÉ

\(A = \lambda N\) en becquerels, décroît comme \(N\) ; dater = comparer \(A\) à l'\(A_0\) du vivant.

Exercices

15 corrigés

Commence par le niveau 1. Cherche vraiment avant d'ouvrir le corrigé — c'est là que ça rentre. Les exercices suivent l'ordre du cours : notation et équations, demi-vie et loi de décroissance, activité, datation, et un problème pour finir.

EXERCICE 01 · isotopes et notation niveau 1

Le carbone existe notamment sous les formes \(^{12}_{6}\mathrm{C}\) (stable) et \(^{14}_{6}\mathrm{C}\) (radioactif). a. Donne le nombre de protons et de neutrons de chacun. b. Pourquoi dit-on que ce sont des isotopes ? c. Lequel des deux nombres, \(A\) ou \(Z\), fait qu'un noyau est « du carbone » ?

EXERCICE 02 · une désintégration α niveau 1

Le radon 222 (\(^{222}_{86}\mathrm{Rn}\)), gaz radioactif naturel des sous-sols granitiques, est un émetteur α. Écris l'équation de sa désintégration et vérifie les deux lois de conservation (l'élément \(Z = 84\) est le polonium Po).

EXERCICE 03 · une désintégration β⁻ niveau 1

Le césium 137 (\(^{137}_{55}\mathrm{Cs}\)) est un émetteur β⁻. Écris l'équation de sa désintégration (l'élément \(Z = 56\) est le baryum Ba) et vérifie les conservations.

EXERCICE 04 · le β⁺ de l'hôpital niveau 2

Dans un scanner TEP, on injecte au patient du fluor 18 (\(^{18}_{9}\mathrm{F}\)), émetteur β⁺, fixé sur un sucre : les tissus les plus gourmands en sucre (les tumeurs) s'illuminent. a. Écris l'équation de la désintégration (l'élément \(Z = 8\) est l'oxygène). b. En quoi le β⁺ diffère-t-il du β⁻ ? c. La demi-vie du fluor 18 est de 110 minutes : pourquoi est-ce un atout pour le patient ?

EXERCICE 05 · identifier la particule niveau 2

Le cobalt 60, utilisé en radiothérapie, se désintègre selon \(^{60}_{27}\mathrm{Co} \longrightarrow {}^{60}_{28}\mathrm{Ni} + \;?\) (suivi d'une émission γ). a. Identifie la particule manquante par les lois de conservation. b. De quel type de radioactivité s'agit-il ? c. Que transporte l'émission γ qui l'accompagne ?

EXERCICE 06 · lire une courbe de décroissance niveau 2

L'iode 131 (utilisé pour traiter la thyroïde) a été suivi dans un flacon : la courbe part de \(N_0 = 8{,}0 \times 10^{20}\) noyaux et passe par \(4{,}0 \times 10^{20}\) à \(t = 8\) jours. a. Donne la demi-vie de l'iode 131. b. Combien de noyaux restera-t-il à \(t = 24\) jours ? c. Au bout de combien de temps en restera-t-il moins de 1 % ? (Encadre par des demi-vies avant tout calcul.)

EXERCICE 07 · l'escalier des moitiés niveau 1

Sans calculatrice : a. Quelle fraction d'un échantillon radioactif reste-t-il après 5 demi-vies ? b. Exprime-la en pourcentage. c. Combien de demi-vies faut-il pour passer (juste) sous 1 % de l'échantillon initial ?

EXERCICE 08 · de t₁/₂ à λ niveau 2

Pour l'iode 131 (\(t_{1/2} = 8{,}0\) jours) : a. Calcule la constante radioactive λ en j⁻¹. b. Convertis-la en s⁻¹ (1 jour = 86 400 s). c. Vérifie avec la loi que \(N(16\ \text{j})/N_0 = 25\,\%\).

EXERCICE 09 · l'activité en becquerels niveau 2

Un flacon d'iode 131 contient \(N = 2{,}0 \times 10^{15}\) noyaux (\(\lambda = 1{,}0 \times 10^{-6}\) s⁻¹, exercice précédent). a. Calcule son activité. b. Que devient cette activité après 8 jours ? c. Pourquoi activité et nombre de noyaux décroissent-ils « ensemble » ?

EXERCICE 10 · le radon de la cave niveau 2

Le radon 222 (\(t_{1/2} = 3{,}8\) jours) s'échappe des sols granitiques et peut s'accumuler dans les caves mal ventilées — c'est la première source d'exposition naturelle à la radioactivité en France. a. Pourquoi ce gaz s'accumule-t-il dans une cave fermée alors que sa demi-vie est courte ? b. On ferme hermétiquement une cave dont l'air contient du radon, sans nouvel apport : quelle fraction du radon initial reste-t-il au bout de 19 jours ? c. Que recommande-t-on aux habitants des zones à radon, et pourquoi est-ce efficace ?

EXERCICE 11 · le technétium du matin niveau 2

Le technétium 99m (\(t_{1/2} = 6{,}0\) heures) est le noyau le plus utilisé en scintigraphie. On injecte une dose à 8 h du matin. a. Quelle fraction reste-t-il à 20 h ? b. Et le lendemain à 8 h ? c. Explique en une phrase pourquoi cette demi-vie de 6 heures est idéale pour l'imagerie médicale.

EXERCICE 12 · première datation niveau 2

Un fragment de poutre en chêne d'un site archéologique a une activité en carbone 14 égale à 25 % de celle d'un chêne vivant (\(t_{1/2} = 5\,730\) ans). a. Date l'abattage de l'arbre. b. Qu'est-ce que cette date nous apprend — et ne nous apprend pas — sur la construction du bâtiment ?

EXERCICE 13 · Ötzi, l'homme des glaces niveau 3

La momie découverte dans un glacier des Alpes en 1991 avait une activité en carbone 14 égale à 53 % de celle d'un organisme vivant. a. Explique pourquoi cette fois, on ne peut pas se contenter de compter des demi-vies. b. Date la mort d'Ötzi (\(t_{1/2} = 5\,730\) ans, \(t = t_{1/2} \times \ln(A_0/A)/\ln 2\)). c. Encadre ton résultat par des multiples de la demi-vie pour le contrôler.

EXERCICE 14 · problème · les terres de Tchernobyl niveau 3

L'accident de 1986 a contaminé les sols autour de la centrale au césium 137 (\(t_{1/2} = 30\) ans). On considère une parcelle dont l'activité initiale en césium valait 100 fois le seuil jugé acceptable. a. Calcule la constante radioactive λ du césium 137. b. Quelle fraction du césium initial restait-il en 2016 ? c. Montre que la parcelle ne repassera sous le seuil qu'au bout d'environ 200 ans, et situe l'année. d. Pourquoi ni la pluie ni les labours ne changent-ils ce délai — et qu'est-ce qui peut malgré tout l'écourter localement ?

VERS LE BAC — EXERCICE 15 ≈ 45 MIN · SANS CALCULATRICE

En 1955, une pirogue monoxyle — creusée dans un seul tronc — est extraite d'une tourbière. Le laboratoire mesure l'activité en carbone 14 du bois : \(A = 6{,}8\) désintégrations par minute et par gramme de carbone, contre \(A_0 = 13{,}6\) pour un bois vivant. Données : \(^{14}_{6}\mathrm{C}\) est un émetteur β⁻ ; \(t_{1/2} = 5\,730\) ans ; l'élément \(Z = 7\) est l'azote N.

PARTIE A — L'HORLOGE AU CARBONE 14
  1. Écris l'équation de la désintégration du carbone 14 et vérifie les deux lois de conservation.
  2. Explique pourquoi le taux de carbone 14 d'un arbre reste constant de son vivant, et pourquoi il décroît après l'abattage.
  3. Rappelle les trois adjectifs qui caractérisent la désintégration d'un noyau, et ce qu'ils interdisent de prédire.
PARTIE B — L'ÂGE DE LA PIROGUE
  1. Compare \(A\) et \(A_0\) : que vaut le rapport \(A/A_0\) ?
  2. Déduis-en l'âge de la pirogue, sans calculatrice.
  3. Un second échantillon, prélevé sur un os du même site, donne \(A = 3{,}4\) désintégrations par minute et par gramme : date-le. Les deux objets sont-ils contemporains ?
  4. Pourrait-on dater par cette méthode une hache de pierre trouvée à côté ? Un fossile vieux de 300 000 ans ? Justifie.
CHAPITRE SUIVANT
L'évolution spontanée BIENTÔT
Un point pas clair ? Écris-moi.