CE QUE TU DOIS SAVOIR FAIRE — calculer une probabilité conditionnelle, construire et exploiter un arbre pondéré, utiliser la formule des probabilités totales — et reconnaître quand deux événements sont indépendants.
≈ 60 min de travail · 15 exercices corrigés · mis à jour juillet 2026
SOMMAIRE ▾
1. Une information change les chances
Une place de concert à faire gagner, 40 élèves dans le groupe de Première : on tire au sort. Toi, tu te demandes si le gagnant sera musicien — 12 élèves du groupe jouent d'un instrument. Douze chances sur quarante : probabilité \(12/40 = 0{,}30\). Là, quelqu'un qui a vu le tirage te souffle : « c'est un élève de l'atelier théâtre. » Tu ne sais toujours pas qui a gagné. Mais tes chances, elles, viennent de bouger : l'atelier théâtre compte 10 élèves, dont 6 musiciens. Six sur dix : la probabilité a doublé, \(0{,}60\).
Relis la scène, parce que tout le chapitre est dedans. Le monde n'a pas changé — personne ne s'est mis à la guitare entre les deux phrases. Ce qui a changé, c'est l'ensemble des possibles : avant l'indice, le gagnant pouvait être n'importe lequel des 40 ; après, ce ne peut être qu'un des 10 du théâtre. Une information ne modifie pas la réalité : elle rétrécit l'univers dans lequel tu comptes.
Le groupe, élève par élève. « Quelle est la probabilité que le gagnant soit musicien ? » se lit en comptant les points pleins partout : 12 sur 40. « … sachant qu'il fait du théâtre ? » se lit en ne comptant que dans le cadre : 6 sur 10.
Le mot « sachant » — ou « parmi », c'est le même geste — dit simplement dans quel univers on compte. Rien que tu ne saches déjà faire : en Seconde, tu appelais ça une fréquence conditionnelle, et tu la lisais dans un tableau croisé. Le voici pour notre groupe, avec une notation à connaître : \(T \cap M\) (lis « T inter M ») désigne les élèves qui font les deux — théâtre et musique.
LE GROUPE EN TABLEAU CROISÉEFFECTIFS
musicien (M)
non musicien
total
théâtre (T)
6 (c'est T ∩ M)
4
10
pas théâtre
6
24
30
total
12
28
40
La question du tirage se calcule alors en une ligne : parmi les élèves du théâtre, quelle proportion joue d'un instrument ? On lit la ligne « théâtre », et on divise la case commune par le total de la ligne.
$$\text{proportion de M parmi T} \;=\; \frac{\text{effectif de } T \cap M}{\text{effectif de } T} \;=\; \frac{6}{10} \;=\; 0{,}60$$
2. « Sachant que » : l'univers rétrécit
Refais le geste toi-même. Le graphique ci-dessous reprend la classe ; les trois boutons changent l'information dont tu disposes. Regarde ce qui bouge à chaque fois : jamais les élèves — seulement l'univers dans lequel on compte, et donc le dénominateur.
INTERACTIFRétrécis l'univers toi-même
Tu tires un élève au hasard parmi les 40. Probabilité qu'il soit musicien ?
Sachant que l'élève tiré fait du théâtre : probabilité qu'il soit musicien ?
Dans l'autre sens : sachant que l'élève tiré est musicien, probabilité qu'il fasse du théâtre ?
P(M) = 12 / 40 = 0,30
PT(M) = 6 / 10 = 0,60
PM(T) = 6 / 12 = 0,50
univers : les 40 élèvesfavorables : les 12 musiciens
univers : les 10 du cadrefavorables : les 6 musiciens du cadre
univers : les 12 musiciensfavorables : les 6 qui font aussi du théâtre
Aucune information : l'univers, c'est toute la classe. On divise par 40.
Les 30 autres n'ont plus le droit de gagner : ils s'effacent. On compte les musiciens parmi 10, plus parmi 40 — et la probabilité double.
Même intersection — les 6 élèves qui font les deux — mais autre univers : on divise par 12, pas par 10. Le sens du « sachant » compte : 0,50 ici, 0,60 tout à l'heure.
POURQUOI ?
Le calcul « 6 sur 10 », tu peux l'écrire autrement. Divise le haut et le bas par 40, la taille de la classe : \(\dfrac{6}{10} = \dfrac{6/40}{10/40} = \dfrac{P(T \cap M)}{P(T)}\). La proportion « parmi T » est donc un quotient de deux probabilités de départ — celles qu'on connaissait avant l'indice. C'est exactement la définition qui arrive : rien de neuf, juste le comptage de la section 1 réécrit avec des \(P\).
Au passage, tu vois pourquoi on exige \(P(A) \neq 0\) : on divise par \(P(A)\). Et c'est de toute façon du bon sens — se placer dans un univers qui n'a aucune chance de se produire, ça ne veut rien dire.
DÉFINITION
Soit A et B deux événements, avec \(P(A) \neq 0\). La probabilité de B sachant A, notée \(P_A(B)\), est la probabilité que B se réalise dans l'univers restreint aux issues où A se réalise :
$$P_A(B) = \frac{P(A \cap B)}{P(A)}$$
MÉTHODE — CALCULER UNE PROBABILITÉ CONDITIONNELLE
1.Repère l'univers restreint : c'est l'événement qui suit « sachant que » ou « parmi » dans l'énoncé.
2.Repère l'intersection : les issues qui réalisent les deux événements à la fois.
3.Divise — en effectifs (favorables dans le nouvel univers, sur la taille du nouvel univers) ou en probabilités \(P(A \cap B)/P(A)\) : c'est le même calcul.
EXEMPLE RÉSOLU — LA MÉTHODE EN ACTION
On lance un dé équilibré. Soit A : « le résultat est au moins 4 » et B : « le résultat est pair ». Calcule \(P_A(B)\) et compare-le à \(P(B)\).
Étape 1 — l'univers restreint : \(A = \{4\;;\, 5\;;\, 6\}\), trois issues au lieu de six.
Étape 2 — l'intersection : \(A \cap B = \{4\;;\, 6\}\), deux issues.
Étape 3 — \(P_A(B) = \dfrac{2}{3}\). Par la formule, même résultat : \(\dfrac{P(A \cap B)}{P(A)} = \dfrac{2/6}{3/6} = \dfrac{2}{3}\).
Conclusion : \(P(B) = \dfrac{3}{6} = \dfrac{1}{2}\), mais sachant A, la probabilité monte à \(\dfrac{2}{3}\). L'information « au moins 4 » favorise les pairs : dans \(\{4, 5, 6\}\), deux nombres sur trois le sont.
À RETENIR
\(P_A(B)\), c'est la part de B à l'intérieur de A. Le « sachant » ne change pas le monde : il change l'univers dans lequel tu comptes.
TESTE-TOITrois questions, trente secondes
Q1\(P_A(B)\), c'est…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — le « sachant A » commence par rétrécir l'univers à A ; on y mesure ensuite la part de B. La première réponse, c'est \(P(A \cap B)\) : elle se compte dans l'univers entier.
Q2\(P(A) = 0{,}5\) et \(P(A \cap B) = 0{,}2\). Alors \(P_A(B) =\)…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — \(P_A(B) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(A)} = \dfrac{0{,}2}{0{,}5} = 0{,}4\). (0,1, c'est leur produit ; 0,7 leur somme : ni l'un ni l'autre.)
Q3\(P_A(B)\) et \(P_B(A)\)…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — même numérateur \(P(A \cap B)\), mais on divise par \(P(A)\) dans un cas et par \(P(B)\) dans l'autre. Dans la classe : 6/10 d'un côté, 6/12 de l'autre. (Ils peuvent coïncider — quand \(P(A) = P(B)\) — d'où le « en général ».)
3. L'arbre pondéré : l'expérience racontée pas à pas
Le tableau croisé photographie une situation figée. Mais beaucoup d'expériences se déroulent en étapes : d'abord il pleut, ou pas ; ensuite tu arrives en retard, ou pas. Pour raconter ça, l'outil roi du chapitre est l'arbre pondéré : chaque embranchement est une étape de l'histoire, chaque branche porte la probabilité d'emprunter ce chemin-là.
Voici l'histoire qu'on va suivre. Dans ta ville, il pleut 30 % des matins — c'est l'événement A. Les matins de pluie, tu arrives en retard 40 % du temps (bus bondés, vélo au garage) ; les matins secs, 10 % seulement — R est l'événement « tu es en retard ». Regarde bien ces deux derniers nombres : « 40 % du temps quand il pleut », c'est une probabilité sachant. En notation : \(P_A(R) = 0{,}4\). Les probabilités conditionnelles ne sont pas un chapitre à part : elles vivent sur les branches du deuxième niveau de tous les arbres.
INTERACTIFL'arbre pondéré, en vrai
\(P(A)\) — il pleut : 0,30
\(P_A(R)\) — retard sachant pluie : 0,40
\(P_{\overline{A}}(R)\) — retard sachant pas de pluie : 0,10
somme des 4 feuilles : 1,00
A : il pleut · R : tu es en retard. Touche une feuille pour allumer son chemin : sa probabilité se lit en multipliant le long des branches. Et quoi que tu règles, les quatre feuilles se partagent toujours un total de 1.
PROPRIÉTÉ — LES TROIS RÈGLES DE L'ARBRE
1. Les probabilités des branches issues d'un même nœud somment à 1.
2. La probabilité d'un chemin est le produit des probabilités de ses branches :
$$P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)$$
3. La somme des probabilités de toutes les feuilles vaut 1.
POURQUOI ?
Pourquoi multiplier ? Regarde la barre sous l'arbre. Les matins de pluie occupent 30 % de la barre. Parmi ce morceau, les matins de retard en occupent 40 %. « 40 % de 30 % », c'est \(0{,}4 \times 0{,}3 = 0{,}12\) : douze matins sur cent sont « pluie et retard ». Multiplier le long d'un chemin, c'est prendre une part d'une part.
Et si tu préfères l'algèbre, tout est déjà dans la section 2. La définition dit \(P_A(B) = P(A \cap B)/P(A)\) ; multiplie les deux côtés par \(P(A)\) : \(P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)\). La règle de l'arbre, c'est la définition lue à l'envers. Une seule idée, deux costumes.
MÉTHODE — CONSTRUIRE ET UTILISER UN ARBRE
1.Premier niveau : la première étape de l'expérience (A et \(\overline{A}\)), avec leurs probabilités.
2.Deuxième niveau : la deuxième étape, avec des probabilités conditionnelles — sachant la branche d'où l'on vient.
3.Contrôle-réflexe : à chaque nœud, vérifie que les branches somment à 1.
4.La probabilité d'une feuille : multiplie le long de son chemin.
EXEMPLE RÉSOLU — LE « SANS REMISE », ROYAUME DU CONDITIONNEL
Un sac contient 5 billes rouges et 3 vertes. On en tire une au hasard, on ne la remet pas, puis on en tire une seconde. Quelle est la probabilité de tirer deux rouges ?
Étape 1 — premier niveau : \(R_1\), « rouge au premier tirage », \(P(R_1) = \dfrac{5}{8}\).
Étape 2 — deuxième niveau : sachant \(R_1\), il reste 7 billes dont 4 rouges : \(P_{R_1}(R_2) = \dfrac{4}{7}\). Le « sans remise » se loge exactement là — la deuxième probabilité dépend de ce qui vient de se passer.
Étape 3 — multiplie le long du chemin : \(P(R_1 \cap R_2) = \dfrac{5}{8} \times \dfrac{4}{7} = \dfrac{20}{56} = \dfrac{5}{14}\).
Conclusion : \(P(\text{deux rouges}) = \dfrac{5}{14} \approx 0{,}36\). Un peu plus d'une chance sur trois.
TESTE-TOITrois questions sur l'arbre
Q1Sur les branches du deuxième niveau d'un arbre, on écrit…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — au deuxième niveau, la première étape est déjà jouée : chaque branche se lit « sachant ce qui précède ». \(P(A \cap B)\) n'est pas sur une branche — c'est la feuille au bout du chemin.
Q2\(P(A) = 0{,}2\) et \(P_A(B) = 0{,}5\). Alors \(P(A \cap B) =\)…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — multiplie le long du chemin : \(0{,}2 \times 0{,}5 = 0{,}1\). La moitié de 20 %, ça fait 10 %.
Q3Les probabilités des branches issues d'un même nœud…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — au départ d'un nœud, il se passe forcément l'une des possibilités, et une seule : leurs probabilités se partagent 1. C'est le contrôle-réflexe à faire sur chaque arbre avant tout calcul.
4. Recoller les morceaux : les probabilités totales
L'arbre de la section 3 sait répondre à « pluie et retard ». Mais la question que tu te poses vraiment le matin, c'est : quelle est la probabilité que je sois en retard, tout court ? Regarde les feuilles de l'arbre : être en retard, ça arrive de deux façons — avec pluie (\(A \cap R\), probabilité 0,12) ou sans (\(\overline{A} \cap R\), probabilité 0,07). Deux chemins qui ne peuvent pas se produire en même temps ; le retard, c'est l'un ou l'autre. Donc on additionne : \(P(R) = 0{,}12 + 0{,}07 = 0{,}19\).
Remonte au graphique de la section 3 et regarde la barre : \(P(R)\), ce sont les deux segments pleins, mis bout à bout. C'est toute la formule qui suit — elle a un grand nom, mais tu viens de la faire à la main.
PROPRIÉTÉ — FORMULE DES PROBABILITÉS TOTALES
A et \(\overline{A}\) découpent l'univers en deux : chaque issue est dans exactement l'un des deux. Alors, pour tout événement B :
$$P(B) = P(A \cap B) + P(\overline{A} \cap B) = P(A)\,P_A(B) + P(\overline{A})\,P_{\overline{A}}(B)$$
POURQUOI ?
B se coupe en deux morceaux : les cas de B où A se produit aussi (\(A \cap B\)), et ceux où A ne se produit pas (\(\overline{A} \cap B\)). Ces deux morceaux ne se recouvrent jamais, et à eux deux ils reconstituent B en entier — donc leurs probabilités s'ajoutent. « Totales », parce qu'on retrouve la probabilité totale de B en recollant ses morceaux. Chaque morceau se calcule ensuite en multipliant le long de son chemin : c'est la règle de la section 3.
MÉTHODE — CALCULER P(B) AVEC UN ARBRE
1.Repère toutes les feuilles où B apparaît (il y en a une par branche de départ).
2.Calcule la probabilité de chacune : produit le long du chemin.
3.Additionne-les.
EXEMPLE RÉSOLU — PROBABILITÉS TOTALES, PUIS SACHANT RENVERSÉ
Jade va au lycée à vélo 70 % des jours, en bus les autres jours. À vélo, elle est en retard 5 % du temps ; en bus, 15 %. a. Quelle est la probabilité qu'elle soit en retard un jour donné ? b. Jade est en retard ce matin : quelle est la probabilité qu'elle soit venue en bus ?
Étape 1 — note V « à vélo » et R « en retard », et traduis : \(P(V) = 0{,}7\), \(P_V(R) = 0{,}05\), \(P_{\overline{V}}(R) = 0{,}15\).
Étape 2 — les deux chemins vers R : \(P(V \cap R) = 0{,}7 \times 0{,}05 = 0{,}035\) et \(P(\overline{V} \cap R) = 0{,}3 \times 0{,}15 = 0{,}045\).
Étape 3 — probabilités totales : \(P(R) = 0{,}035 + 0{,}045 = 0{,}08\). Jade est en retard 8 % des jours.
Étape 4 — la question b demande \(P_R(\overline{V})\) — le « sachant » est renversé par rapport à l'arbre. Pas de panique : la définition marche dans les deux sens. \(P_R(\overline{V}) = \dfrac{P(\overline{V} \cap R)}{P(R)} = \dfrac{0{,}045}{0{,}08} \approx 0{,}56\).
Conclusion : 8 % de retards, et sachant retard, plus d'une chance sur deux que ce soit un jour de bus. Relis ce résultat : le bus ne fait que 30 % des trajets, mais fournit plus de la moitié des retards. Renverser le « sachant » change vraiment la réponse.
MÉTHODE — RENVERSER LE « SACHANT » (LE CLASSIQUE DU BAC)
1.L'arbre te donne \(P_A(B)\), on te demande \(P_B(A)\) : reviens à la définition, \(P_B(A) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(B)}\).
2.Le numérateur est une feuille de l'arbre : produit le long du chemin.
3.Le dénominateur, c'est \(P(B)\) : probabilités totales. Puis divise.
Ce renversement n'est pas qu'un exercice d'examen. C'est lui qui explique un paradoxe célèbre — sur lequel se trompent, littéralement, des médecins. Un test de dépistage fiable à 90 % vient de te déclarer positif. Quelle est la probabilité que tu sois vraiment malade ? Presque tout le monde répond « 90 % ». Manipule, et regarde.
malade, test positifmalade, test négatifsain, test positifsain, test négatif
Le test, lui, ne change jamais : il détecte 90 % des malades et innocente 90 % des sains. Seule la rareté de la maladie bouge — et c'est elle qui décide de tout. Le bouton « ne garde que les positifs » refait le geste du chapitre : restreindre l'univers, puis compter dedans.
La morale tient en une ligne : la fiabilité du test, c'est \(P_{\text{malade}}(\text{positif}) = 0{,}9\) ; la question qui t'intéresse, c'est \(P_{\text{positif}}(\text{malade})\) — le « sachant » renversé. Quand la maladie est rare, les deux nombres n'ont rien à voir : les personnes saines sont si nombreuses que leurs 10 % d'erreurs noient les vrais malades. C'est le piège n° 2 du chapitre, avec de vraies conséquences.
EXACT — \(0{,}3 \times 0{,}6 + 0{,}7 \times 0{,}2 = 0{,}18 + 0{,}14 = 0{,}32\). (0,8, c'est la somme des deux conditionnelles sans les pondérer : interdit — chacune ne parle que de son morceau d'univers.)
Q2L'arbre commence par A / \(\overline{A}\). Pour obtenir \(P_B(A)\), on…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — l'arbre ne se lit que dans son sens de construction, mais il fournit tout : le numérateur (une feuille) et le dénominateur (la somme des feuilles où B apparaît). La définition fait le reste.
Q3Une maladie est très rare. Un test fiable à 90 % te déclare positif. La probabilité que tu sois vraiment malade est…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — revois les 1 000 points : à 1 % de prévalence, 9 vrais positifs pour 99 faux — à peine 8 % des positifs sont malades. 90 %, c'est \(P_{\text{malade}}(\text{positif})\) ; la question pose le « sachant » inverse.
5. L'indépendance : quand l'information ne change rien
Retour à la classe du début. Savoir « il fait du théâtre » faisait passer la probabilité d'être musicien de 0,30 à 0,60 : l'information déplaçait les chances. Question naturelle : aurait-elle pu ne rien déplacer ? Bien sûr — il aurait suffi que les musiciens soient répartis au prorata : 30 % de musiciens chez les théâtreux, comme partout ailleurs. Essaie de fabriquer cette situation toi-même.
INTERACTIFDéplace les musiciens
musiciens parmi les 10 du théâtre : 6
P(M) = 0,30 — toute la classeP(M sachant T) = 0,60savoir T augmente les chances de M
La classe garde toujours 12 musiciens : ceux que tu retires du cadre passent chez les autres. L'indépendance, c'est le réglage où la jauge du cadre s'aligne sur le repère de la classe entière — savoir T n'apprend alors plus rien sur M.
À \(k = 3\) musiciens dans le cadre, tout s'aligne : 30 % de musiciens chez les théâtreux, 30 % chez les autres, 30 % partout. Apprendre que l'élève tiré fait du théâtre ne t'apprend plus rien sur la musique. C'est ça, l'indépendance. Et remarque le nombre du bas dans le graphique : à ce réglage précis, \(P(T \cap M) = 0{,}075\) — exactement \(P(T) \times P(M)\). Ce n'est pas un hasard, c'est la définition.
DÉFINITION
Deux événements A et B sont indépendants si : \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\).
PROPRIÉTÉ
Si \(P(A) \neq 0\), l'indépendance équivaut à : \(P_A(B) = P(B)\) — savoir que A s'est produit ne change pas la probabilité de B.
POURQUOI ?
Les deux formes disent la même chose. Pars de \(P_A(B) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(A)}\) : si \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\), le \(P(A)\) se simplifie et il reste \(P_A(B) = P(B)\). Et en remontant le calcul, l'inverse marche aussi. La version « produit » a deux avantages : elle est symétrique (A et B y jouent le même rôle) et elle ne demande pas \(P(A) \neq 0\). La version « sachant » a l'avantage du sens : l'information ne change rien.
MÉTHODE — PROUVER (OU RÉFUTER) L'INDÉPENDANCE
1.Calcule séparément \(P(A)\), \(P(B)\) et \(P(A \cap B)\).
2.Compare \(P(A \cap B)\) et \(P(A) \times P(B)\).
3.Égalité : indépendants. Sinon : dépendants. L'intuition ne suffit jamais — c'est un calcul, pas une impression.
EXEMPLES RÉSOLUS — PROUVER, OU RÉFUTER
a. On tire une carte d'un jeu de 32. A : « c'est un roi », B : « c'est un cœur ». A et B sont-ils indépendants ?
Conclusion : indépendants. Et ça se comprend : savoir que la carte est un cœur ne renseigne en rien sur « roi » — il y a exactement un roi sur huit cartes, dans chaque couleur.
b. Le dé de la section 2 : A : « au moins 4 », B : « pair ». Indépendants ?
Étape 1 — \(P(A \cap B) = \dfrac{2}{6} = \dfrac{1}{3}\), alors que \(P(A) \times P(B) = \dfrac{1}{2} \times \dfrac{1}{2} = \dfrac{1}{4}\).
Conclusion : \(\dfrac{1}{3} \neq \dfrac{1}{4}\) : dépendants. On l'avait vu autrement : \(P_A(B) = \dfrac{2}{3} \neq \dfrac{1}{2} = P(B)\) — l'information déplaçait les chances. Deux événements peuvent sembler « sans rapport » et être dépendants quand même : seul le calcul tranche.
Un dernier duel de vocabulaire, responsable de la moitié des erreurs du chapitre : indépendants n'a rien à voir avec incompatibles. Incompatibles veut dire : A et B ne peuvent pas se produire ensemble. Mais alors, sachant A, l'événement B devient impossible — l'information change tout ! Des événements incompatibles, c'est le contraire absolu d'événements indépendants.
INDÉPENDANTS OU INCOMPATIBLES ?LE FACE-À-FACE
indépendants
incompatibles
ce que ça raconte
savoir A n'apprend rien sur B
A et B ne peuvent pas arriver ensemble
définition
\(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\)
\(A \cap B = \varnothing\), donc \(P(A \cap B) = 0\)
sachant A, B devient
\(P(B)\) — inchangée
0 — impossible
les deux à la fois ?
seulement si \(P(A) = 0\) ou \(P(B) = 0\) — jamais pour des événements de probabilité non nulle
À RETENIR
Indépendants : \(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\) — l'information ne change rien aux chances. Et ça se vérifie par le calcul, jamais à l'intuition.
TESTE-TOIQuatre questions pour finir
Q1« A et B indépendants » signifie…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — l'indépendance, c'est le produit. \(P(A \cap B) = 0\), c'est l'incompatibilité — un tout autre monde, voir la question 3.
Q2A et B sont indépendants, et \(P(B) = 0{,}4\). Alors \(P_A(B) =\)…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — indépendants = savoir A ne change rien : \(P_A(B) = P(B) = 0{,}4\). C'est toute l'idée de la section.
Q3\(P(A) > 0\), \(P(B) > 0\), et A, B incompatibles. Alors A et B sont…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — sachant A, l'événement B devient impossible : \(P_A(B) = 0 \neq P(B)\). Être incompatibles, c'est s'interdire mutuellement — l'information maximale, pas l'absence d'information.
Q4\(P(A) = 0{,}2\) ; \(P(B) = 0{,}5\) ; \(P(A \cap B) = 0{,}1\). A et B sont…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — \(0{,}2 \times 0{,}5 = 0{,}1 = P(A \cap B)\) : indépendants — établi par le calcul, comme toujours. (Incompatibles, sûrement pas : \(P(A \cap B) \neq 0\).)
LES PIÈGES CLASSIQUES
Confondre \(P(A \cap B)\) et \(P_A(B)\). « A et B » se mesure dans l'univers entier ; « B sachant A » dans l'univers restreint à A. Dans la classe : \(6/40 = 0{,}15\) d'un côté, \(6/10 = 0{,}60\) de l'autre. Repère les mots de l'énoncé : « et » = intersection, « parmi » ou « sachant » = conditionnelle.
Renverser le « sachant » sans y penser. \(P_A(B) \neq P_B(A)\) en général. « Presque tous les malades sont positifs » ne dit pas « presque tous les positifs sont malades » — revois les 1 000 points de la section 4.
Écrire \(P(B)\) sur une branche de deuxième niveau. Ces branches se lisent toujours « sachant d'où l'on vient » : c'est \(P_A(B)\) qu'on y pose. Contrôle-réflexe : chaque nœud doit sommer à 1.
Confondre indépendants et incompatibles. Incompatibles = jamais ensemble : sachant A, B est mort — dépendance maximale. Indépendants = savoir A ne change rien à B. Deux idées presque opposées.
Décréter l'indépendance « au feeling ». Elle se vérifie : compare \(P(A \cap B)\) à \(P(A) \times P(B)\). Sur un dé, « pair » et « au moins 4 » ont l'air étrangers — ils sont dépendants (\(1/3 \neq 1/4\)). Roi et cœur ont l'air liés — ils sont indépendants.
L'ESSENTIEL EN 5 LIGNES
SACHANT
\(P_A(B) = \dfrac{P(A \cap B)}{P(A)}\) (avec \(P(A) \neq 0\)) : la part de B dans l'univers restreint à A.
ARBRE
Deuxième niveau = probabilités conditionnelles, « sachant d'où l'on vient » ; chaque nœud somme à 1.
CHEMIN
\(P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)\) : multiplier le long des branches — prendre une part d'une part.
TOTALES
\(P(B) = P(A)\,P_A(B) + P(\overline{A})\,P_{\overline{A}}(B)\) : recoller les morceaux de B. Pour renverser le sachant : \(P_B(A) = P(A \cap B)/P(B)\).
INDÉPENDANCE
\(P(A \cap B) = P(A) \times P(B)\), autrement dit \(P_A(B) = P(B)\) : l'information ne change rien. À ne jamais confondre avec incompatibles.
Exercices
15 corrigés
Commence par le niveau 1. Cherche vraiment avant d'ouvrir le corrigé — c'est là que ça rentre. Les exercices suivent l'ordre du cours : lecture de tableaux et probabilités conditionnelles, arbres, probabilités totales et sachant renversé, indépendance, et un problème pour finir.
EXERCICE 01 · tableau croiséniveau 1
Un lycée compte 200 élèves : 120 en Première, 80 en Terminale. 90 élèves de Première et 50 de Terminale mangent à la cantine. On tire un élève au hasard ; on note C : « il mange à la cantine » et T : « il est en Terminale ». a. Complète le tableau croisé. b. Calcule \(P(C)\). c. Calcule \(P_T(C)\). d. Calcule \(P_C(T)\) et compare-le à \(P_T(C)\).
CORRIGÉ
a. — ligne Première : 90 cantine, 30 non, total 120. Ligne Terminale : 50 cantine, 30 non, total 80. Colonne cantine : \(90 + 50 = 140\) ; non-cantine : 60 ; total général 200.
b. — \(P(C) = \dfrac{140}{200} = 0{,}70\).
c. — « sachant Terminale » : on ne compte que sur la ligne Terminale. \(P_T(C) = \dfrac{50}{80} = 0{,}625\).
d. — « sachant cantine » : on ne compte que sur la colonne cantine. \(P_C(T) = \dfrac{50}{140} = \dfrac{5}{14} \approx 0{,}36\).
Conclusion : même case commune (les 50 Terminales de la cantine), mais deux univers différents — 80 d'un côté, 140 de l'autre. \(P_T(C) \neq P_C(T)\) : le sens du « sachant » compte.
EXERCICE 02 · traduire un énoncéniveau 1
Sur une plateforme de jeux en ligne, on choisit un joueur au hasard. On note A : « le joueur a moins de 18 ans » et B : « le joueur paie un abonnement ». Traduis chaque phrase en notation : a. « 30 % des joueurs sont mineurs. » b. « Parmi les mineurs, 60 % paient un abonnement. » c. « 18 % des joueurs sont des mineurs abonnés. » d. Vérifie que ces trois données sont cohérentes entre elles.
CORRIGÉ
a. — \(P(A) = 0{,}3\) : une proportion de tous les joueurs, univers entier.
b. — « parmi les mineurs » restreint l'univers à A : \(P_A(B) = 0{,}6\).
c. — « mineurs et abonnés », compté sur tous les joueurs : \(P(A \cap B) = 0{,}18\).
d. — la règle du chemin doit tenir : \(P(A) \times P_A(B) = 0{,}3 \times 0{,}6 = 0{,}18 = P(A \cap B)\). Cohérent.
Conclusion : trois phrases presque identiques en français, trois objets différents en probabilités. Ce tri-là, c'est la moitié du chapitre.
EXERCICE 03 · définitionniveau 1
On donne \(P(A) = 0{,}4\), \(P(B) = 0{,}5\) et \(P(A \cap B) = 0{,}1\). Calcule \(P_A(B)\) puis \(P_B(A)\).
Conclusion : 0,25 et 0,20 — même numérateur, dénominateurs différents. Les deux conditionnelles d'une même paire d'événements n'ont aucune raison d'être égales.
EXERCICE 04 · multiplier le long du cheminniveau 2
On donne \(P(A) = 0{,}6\) et \(P_A(B) = 0{,}3\). a. Calcule \(P(A \cap B)\). b. Que vaut \(P_A(\overline{B})\) ? En déduire \(P(A \cap \overline{B})\). c. Vérifie que \(P(A \cap B) + P(A \cap \overline{B}) = P(A)\), et explique pourquoi c'était prévisible.
CORRIGÉ
a. — \(P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B) = 0{,}6 \times 0{,}3 = 0{,}18\).
b. — les branches sœurs somment à 1 : \(P_A(\overline{B}) = 1 - 0{,}3 = 0{,}7\), donc \(P(A \cap \overline{B}) = 0{,}6 \times 0{,}7 = 0{,}42\).
c. — \(0{,}18 + 0{,}42 = 0{,}60 = P(A)\). Prévisible : quand A se produit, soit B se produit aussi, soit non — les deux feuilles \(A \cap B\) et \(A \cap \overline{B}\) reconstituent A en entier.
Conclusion : sur un arbre, tout se recolle. Ces vérifications gratuites attrapent la plupart des erreurs de calcul.
EXERCICE 05 · arbre · sans remiseniveau 2
Un sac contient 5 billes rouges et 3 vertes. On tire une bille, on ne la remet pas, puis on en tire une seconde. a. Construis l'arbre pondéré de l'expérience. b. Calcule la probabilité de tirer deux billes vertes. c. Calcule la probabilité de tirer deux billes de la même couleur.
CORRIGÉ
a. — premier niveau : \(P(R_1) = \dfrac{5}{8}\), \(P(V_1) = \dfrac{3}{8}\). Deuxième niveau, sachant le premier tirage (il reste 7 billes) : \(P_{R_1}(R_2) = \dfrac{4}{7}\), \(P_{R_1}(V_2) = \dfrac{3}{7}\) ; \(P_{V_1}(R_2) = \dfrac{5}{7}\), \(P_{V_1}(V_2) = \dfrac{2}{7}\). Contrôle : chaque nœud somme bien à 1.
c. — deux chemins incompatibles, on additionne : \(P(R_1 \cap R_2) + P(V_1 \cap V_2) = \dfrac{5}{8} \times \dfrac{4}{7} + \dfrac{3}{28} = \dfrac{10}{28} + \dfrac{3}{28} = \dfrac{13}{28}\).
Conclusion : \(\dfrac{13}{28} \approx 0{,}46\). Le « sans remise » vit entièrement dans les probabilités conditionnelles du deuxième niveau.
EXERCICE 06 · probabilités totalesniveau 2
Milo joue à un jeu vidéo. 60 % de ses parties se jouent sur la carte Désert, les autres sur la carte Forêt. Il gagne 55 % de ses parties sur Désert et 70 % sur Forêt. On choisit une partie au hasard ; on note D : « la partie s'est jouée sur Désert » et G : « Milo l'a gagnée ». a. Construis l'arbre pondéré. b. Calcule \(P(G)\).
CORRIGÉ
a. — traduis d'abord : \(P(D) = 0{,}6\), \(P(\overline{D}) = 0{,}4\) ; et les taux de victoire sont des conditionnelles : \(P_D(G) = 0{,}55\), \(P_{\overline{D}}(G) = 0{,}7\).
b. — les deux chemins vers G : \(P(D \cap G) = 0{,}6 \times 0{,}55 = 0{,}33\) et \(P(\overline{D} \cap G) = 0{,}4 \times 0{,}7 = 0{,}28\). Probabilités totales : \(P(G) = 0{,}33 + 0{,}28 = 0{,}61\).
Conclusion : Milo gagne 61 % de ses parties — une moyenne des deux taux (55 % et 70 %), pondérée par le temps passé sur chaque carte.
EXERCICE 07 · probabilités totalesniveau 2
Un club d'escalade compte 45 % de mineurs et 55 % d'adultes. 80 % des mineurs et 30 % des adultes viennent au créneau du samedi. On choisit un membre au hasard : quelle est la probabilité qu'il vienne le samedi ?
CORRIGÉ
Étape 1 — note M : « mineur » et S : « vient le samedi ». Données : \(P(M) = 0{,}45\), \(P_M(S) = 0{,}8\), \(P_{\overline{M}}(S) = 0{,}3\).
Conclusion : \(P(S) = 0{,}525\), un peu plus d'un membre sur deux. Remarque que le résultat est entre 0,3 et 0,8 : une probabilité totale est toujours entre les deux conditionnelles qu'elle recolle.
EXERCICE 08 · sachant renverséniveau 2
On reprend l'exercice 06. Milo vient de gagner une partie. Quelle est la probabilité qu'elle se soit jouée sur la carte Forêt ?
CORRIGÉ
Étape 1 — on demande \(P_G(\overline{D})\) : le « sachant » est renversé par rapport à l'arbre. Définition : \(P_G(\overline{D}) = \dfrac{P(\overline{D} \cap G)}{P(G)}\).
Étape 2 — tout est déjà calculé dans l'exercice 06 : \(P(\overline{D} \cap G) = 0{,}28\) et \(P(G) = 0{,}61\).
Conclusion : presque une victoire sur deux vient de Forêt, alors que Milo n'y joue que 40 % du temps — normal, il y gagne plus souvent. Le renversement du « sachant » raconte toujours ce genre d'histoire.
EXERCICE 09 · dépistageniveau 3
Une maladie touche 2 % d'une population. Un test de dépistage est positif pour 90 % des personnes malades, mais aussi pour 10 % des personnes saines. Une personne est choisie au hasard et testée ; on note M : « elle est malade » et T : « son test est positif ». a. Construis l'arbre pondéré. b. Calcule \(P(T)\). c. Son test est positif : calcule la probabilité qu'elle soit réellement malade. d. Commente.
CORRIGÉ
a. — \(P(M) = 0{,}02\) ; \(P_M(T) = 0{,}9\) et \(P_{\overline{M}}(T) = 0{,}1\) (les deuxièmes branches sont des conditionnelles).
d. — le test se trompe rarement, et pourtant moins d'un positif sur six est malade : les 98 % de personnes saines, même trompées à 10 %, produisent bien plus de positifs que les 2 % de malades. C'est le graphique aux 1 000 points du cours.
Conclusion : \(P_T(M) \approx 0{,}155\) — à ne jamais confondre avec \(P_M(T) = 0{,}9\), la fiabilité du test.
EXERCICE 10 · indépendanceniveau 2
a. On donne \(P(A) = 0{,}5\), \(P(B) = 0{,}4\) et \(P(A \cap B) = 0{,}2\). A et B sont-ils indépendants ? b. On donne \(P(C) = 0{,}6\), \(P(D) = 0{,}3\) et \(P(C \cap D) = 0{,}12\). C et D sont-ils indépendants ? Calcule \(P_C(D)\) pour interpréter.
b. — \(P(C) \times P(D) = 0{,}6 \times 0{,}3 = 0{,}18 \neq 0{,}12\) : dépendants. Et \(P_C(D) = \dfrac{0{,}12}{0{,}6} = 0{,}2 < 0{,}3 = P(D)\) : savoir que C s'est produit fait baisser les chances de D.
Conclusion : a. oui ; b. non. Dans les deux cas, la réponse vient d'une seule comparaison : \(P(\cap)\) contre le produit.
EXERCICE 11 · indépendance · valeur à trouverniveau 3
Dans un groupe de 60 élèves, 20 font du basket et 15 jouent aux échecs. On note \(x\) le nombre d'élèves qui pratiquent les deux. On tire un élève au hasard. Pour quelle valeur de \(x\) les événements « basket » et « échecs » sont-ils indépendants ?
Étape 3 — contrôle par le sens : avec \(x = 5\), parmi les 20 basketteurs, \(5/20 = 0{,}25\) jouent aux échecs — exactement comme dans le groupe entier (\(15/60 = 0{,}25\)). L'information « basket » n'apprend rien sur les échecs.
Conclusion : \(x = 5\). L'indépendance, c'est la répartition « au prorata » — le réglage exact du graphique de la section 5.
EXERCICE 12 · indépendants vs incompatiblesniveau 2
A et B sont deux événements incompatibles, avec \(P(A) = 0{,}3\) et \(P(B) = 0{,}2\). a. Que vaut \(P(A \cap B)\) ? b. A et B sont-ils indépendants ? c. Que vaut \(P_A(B)\) ? Interprète.
CORRIGÉ
a. — incompatibles = jamais ensemble : \(A \cap B = \varnothing\), donc \(P(A \cap B) = 0\).
b. — \(P(A) \times P(B) = 0{,}06 \neq 0\) : non, pas indépendants.
c. — \(P_A(B) = \dfrac{0}{0{,}3} = 0\), alors que \(P(B) = 0{,}2\). Sachant A, l'événement B est passé de « possible » à « impossible » : l'information A change tout ce qu'on sait de B.
Conclusion : des événements incompatibles de probabilités non nulles ne sont jamais indépendants. Incompatible = information maximale, indépendant = information nulle.
EXERCICE 13 · indépendance · preuveniveau 2
On tire une carte au hasard dans un jeu de 52 cartes. a. Les événements A : « c'est un as » et B : « c'est un pique » sont-ils indépendants ? b. Et les événements A et C : « c'est une figure (valet, dame ou roi) » ?
CORRIGÉ
a. — \(P(A) = \dfrac{4}{52} = \dfrac{1}{13}\) ; \(P(B) = \dfrac{13}{52} = \dfrac{1}{4}\) ; \(P(A \cap B) = P(\text{as de pique}) = \dfrac{1}{52}\). Or \(\dfrac{1}{13} \times \dfrac{1}{4} = \dfrac{1}{52}\) : indépendants. Savoir la couleur de la carte n'apprend rien sur sa valeur.
b. — une carte ne peut pas être à la fois un as et une figure : \(P(A \cap C) = 0\). Mais \(P(A) \times P(C) = \dfrac{1}{13} \times \dfrac{12}{52} = \dfrac{1}{13} \times \dfrac{3}{13} \neq 0\) : pas indépendants — incompatibles, donc dépendants au maximum.
Conclusion : a. indépendants ; b. incompatibles et donc dépendants. Les deux notions cohabitent dans le même jeu de cartes sans jamais se confondre.
EXERCICE 14 · problèmeniveau 3
Sur un site de vente en ligne, 70 % des visites se font sur téléphone, le reste sur ordinateur. 4 % des visites sur téléphone aboutissent à un achat, contre 12 % des visites sur ordinateur. On choisit une visite au hasard ; on note T : « visite sur téléphone » et A : « la visite aboutit à un achat ». a. Calcule \(P(A)\). b. Une visite a abouti à un achat : probabilité qu'elle vienne d'un téléphone ? c. Les événements T et A sont-ils indépendants ? d. Qu'est-ce que ces résultats racontent au responsable du site ?
CORRIGÉ
a. — probabilités totales : \(P(A) = 0{,}7 \times 0{,}04 + 0{,}3 \times 0{,}12 = 0{,}028 + 0{,}036 = 0{,}064\) : 6,4 % des visites aboutissent à un achat.
c. — \(P(T \cap A) = 0{,}028\), alors que \(P(T) \times P(A) = 0{,}7 \times 0{,}064 = 0{,}0448\). Différents : T et A sont dépendants — le support de visite influence l'achat.
d. — le téléphone fournit 70 % des visites mais moins de 44 % des achats : les visiteurs mobiles achètent nettement moins. Deux lectures possibles : le site mobile est peut-être moins pratique — ou on n'y fait que du repérage.
Conclusion : \(P(A) = 0{,}064\) ; \(P_A(T) = 0{,}4375\) ; T et A dépendants. C'est exactement le genre de raisonnement que cache l'expression « analyse de données ».
VERS LE BAC — EXERCICE 15≈ 45 MIN · CALCULATRICE UTILE
Une usine fabrique des enceintes connectées sur deux lignes de montage. La ligne 1 produit 60 % des enceintes, la ligne 2 le reste. Des contrôles montrent que 2 % des enceintes de la ligne 1 et 5 % de celles de la ligne 2 présentent un défaut. On prélève une enceinte au hasard dans la production ; on note \(L_1\) : « elle vient de la ligne 1 », \(L_2\) : « elle vient de la ligne 2 » et D : « elle présente un défaut ».
PARTIE A
Construis un arbre pondéré décrivant la situation.
Montre que \(P(D) = 0{,}032\).
L'enceinte prélevée présente un défaut. Quelle est la probabilité qu'elle vienne de la ligne 2 ? Commente.
PARTIE B
Les événements \(L_1\) et D sont-ils indépendants ? Justifie.
On règle la ligne 2, et son taux de défaut devient \(x\). Exprime \(P(D)\) en fonction de \(x\), puis détermine \(x\) pour que \(L_1\) et D soient indépendants. Interprète la valeur trouvée.
Après ce réglage, chaque enceinte a une probabilité 0,02 de présenter un défaut. On en prélève deux, dans des lots séparés, et on admet que les deux prélèvements sont indépendants. Quelle est la probabilité qu'au moins une des deux présente un défaut ?
CORRIGÉ — LES GRANDES ÉTAPES
A.1 — premier niveau : \(P(L_1) = 0{,}6\), \(P(L_2) = 0{,}4\). Deuxième niveau (conditionnelles) : \(P_{L_1}(D) = 0{,}02\), \(P_{L_2}(D) = 0{,}05\) — et les branches \(\overline{D}\) complètent chaque nœud à 1.
A.3 — \(P_D(L_2) = \dfrac{P(L_2 \cap D)}{P(D)} = \dfrac{0{,}02}{0{,}032} = 0{,}625\) : la ligne 2 ne produit que 40 % des enceintes, mais fournit 62,5 % des défauts. C'est elle qu'il faut régler en priorité.
B.1 — \(P(L_1 \cap D) = 0{,}012\), alors que \(P(L_1) \times P(D) = 0{,}6 \times 0{,}032 = 0{,}0192\). Différents : pas indépendants — savoir la ligne renseigne sur le défaut.
B.2 — \(P(D) = 0{,}6 \times 0{,}02 + 0{,}4x = 0{,}012 + 0{,}4x\). Indépendance de \(L_1\) et D : \(P(L_1 \cap D) = P(L_1)\,P(D)\), soit \(0{,}012 = 0{,}6\,(0{,}012 + 0{,}4x)\), d'où \(0{,}012 = 0{,}0072 + 0{,}24x\) et \(x = \dfrac{0{,}0048}{0{,}24} = 0{,}02\). Logique : les deux lignes ont alors le même taux de défaut — savoir la ligne n'apprend plus rien.
B.3 — passe par le contraire : « au moins un défaut » est le contraire de « aucun défaut ». Par indépendance, \(P(\text{aucun}) = 0{,}98 \times 0{,}98 = 0{,}9604\), donc \(P(\text{au moins un}) = 1 - 0{,}9604 = 0{,}0396\).