Représentations paramétriques et équations cartésiennes
CE QUE TU DOIS SAVOIR FAIRE — écrire la représentation paramétrique d'une droite (par un point et un vecteur, par deux points), y lire un point et un vecteur directeur, décider si un point appartient à une droite, et déterminer par le calcul l'intersection d'une droite et d'un plan, ou de deux plans.
≈ 60 min de travail · 15 exercices corrigés · mis à jour août 2026
SOMMAIRE ▾
1. La trajectoire du drone
Un drone de livraison décolle dans l'entrepôt. Sa position de passage est le point \(A\,(1\;;\,1\;;\,1)\) — coordonnées en mètres, dans un repère de l'espace comme au chapitre sur les vecteurs. Sa consigne de vol tient en une ligne : chaque seconde, avancer du même vecteur \(\vec u\,(2\;;\,1\;;\,1)\). Deux mètres en \(x\), un en \(y\), un en \(z\) — cap constant, vitesse constante.
Où est-il au bout de 2 secondes ? Parti de \(A\), il a avancé de \(2\vec u\) : il est en \((1 + 4\;;\, 1 + 2\;;\, 1 + 2) = (5\;;\,3\;;\,3)\). À la demi-seconde \(t = 0{,}5\) ? En \((2\;;\,1{,}5\;;\,1{,}5)\). Et à \(t = -1\), une seconde avant son passage en \(A\) ? En \(A - \vec u = (-1\;;\,0\;;\,0)\). Tu sais déjà tout faire : point de départ plus \(t\) fois le vecteur, coordonnée par coordonnée.
Le vol du drone : parti de \(A\) (sa position à \(t = 0\)), il avance de \(\vec u\) chaque seconde. Les points-témoins marquent les instants \(t = -0{,}5\), \(0\), \(0{,}5\), \(1\) et \(1{,}5\) ; le point vif est sa position \(M\) à \(t = 0{,}75\), ramenée au sol par son fil à plomb.
Regarde la photo du vol : les positions successives s'alignent. Évidemment — avancer toujours du même vecteur, c'est rester sur une droite. Toute la nouveauté du chapitre tient dans ce renversement : une droite de l'espace n'est plus un trait posé là, c'est une trajectoire. Et pour se repérer dessus, un seul nombre suffit : l'instant \(t\). Dire que \(M\) est sur la trajectoire, c'est dire que \(\overrightarrow{AM}\) est colinéaire à \(\vec u\) — du pur chapitre espace :
$$\overrightarrow{AM} = t\,\vec u\,, \qquad t \in \mathbb{R}$$
2. Pilote le paramètre t
Reprends les commandes. Un seul réglage : l'instant \(t\). Pousse-le au bout, reviens en arrière avant \(t = 0\) — et regarde les trois coordonnées se recalculer, chacune sur sa ligne.
INTERACTIFPilote le paramètre t
t
x = 1 + 2 × 0,75 = 2,50 y = 1 + 0,75 = 1,75 z = 1 + 0,75 = 1,75
t = 0,75M (2,50 ; 1,75 ; 1,75)
Balayé de bout en bout : un seul nombre suffit à décrire tout le vol. La droite, c'est l'ensemble des positions \(M(t)\) quand \(t\) parcourt \(\mathbb{R}\).
Le sol de l'entrepôt mesure 4 m × 3 m. La route est tracée au-delà des témoins : la droite continue dans les deux sens, comme t.
Ce que tu viens de faire à la main, voilà comment on l'écrit. À chaque instant \(t\), la position du drone est \(M(t) = (1 + 2t\;;\, 1 + t\;;\, 1 + t)\) : trois formules, un seul paramètre. Quand \(t\) parcourt \(\mathbb{R}\), \(M\) décrit la droite entière — et ce petit système la décrit exactement.
DÉFINITION
Soit \(A\,(x_A\;;\, y_A\;;\, z_A)\) un point de l'espace et \(\vec u\,(a\;;\, b\;;\, c)\) un vecteur non nul. La droite \(d\) passant par \(A\) et dirigée par \(\vec u\) est l'ensemble des points \(M\,(x\;;\, y\;;\, z)\) pour lesquels il existe un réel \(t\) tel que \(\overrightarrow{AM} = t\,\vec u\). En coordonnées :
$$d\ :\ \begin{cases} x = x_A + t\,a \\ y = y_A + t\,b \\ z = z_A + t\,c \end{cases} \qquad t \in \mathbb{R}$$
Ce système est unereprésentation paramétrique de \(d\), et \(t\) est le paramètre. « Une », pas « la » : tu verras à la section 3 qu'une même droite en possède une infinité.
POURQUOI PAS UNE ÉQUATION CARTÉSIENNE ?
Dans le plan, une droite s'écrit avec une seule équation, comme \(y = mx + p\). Dans l'espace, une équation du type \(ax + by + cz + d = 0\) décrit… un plan — c'est tout le chapitre précédent. Une droite est un objet à une dimension dans un espace qui en a trois : pour la coincer, il faut deux équations (deux plans qui se coupent, section 5)… ou bien un paramètre pour la parcourir. La représentation paramétrique n'est pas un pis-aller, c'est l'outil naturel : une droite se parcourt.
MÉTHODE — ÉCRIRE UNE REPRÉSENTATION PARAMÉTRIQUE
1.Récupère un point \(A\) et un vecteur directeur \(\vec u\). Donnés par l'énoncé — ou, si la droite passe par deux points \(A\) et \(B\), calcule \(\vec u = \overrightarrow{AB}\).
2.Écris les trois lignes \(x = x_A + t\,a\), \(y = y_A + t\,b\), \(z = z_A + t\,c\) : constantes = le point, coefficients de \(t\) = le vecteur.
3.Contrôle en deux secondes : \(t = 0\) doit redonner \(A\), et \(t = 1\) doit donner \(A + \vec u\) (le point \(B\), si \(\vec u = \overrightarrow{AB}\)).
EXEMPLE RÉSOLU — DE DEUX POINTS AU SYSTÈME
Donne une représentation paramétrique de la droite \((AB)\), avec \(A\,(2\;;\,0\;;\,1)\) et \(B\,(3\;;\,2\;;\,0)\).
Étape 2 — Avec le point \(A\) : \(x = 2 + t\), \(y = 2t\), \(z = 1 - t\), pour \(t \in \mathbb{R}\).
Étape 3 — Contrôle : \(t = 0\) donne \((2\;;\,0\;;\,1) = A\) ✓ et \(t = 1\) donne \((3\;;\,2\;;\,0) = B\) ✓.
Conclusion : un point, un vecteur, trois lignes — et le contrôle \(t = 0\) / \(t = 1\) attrape presque toutes les étourderies.
TESTE-TOITrois questions, trente secondes
Q1Dans une représentation paramétrique, quand \(t\) parcourt \(\mathbb{R}\), le point \(M(t)\) décrit…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — \(t\) prend toutes les valeurs réelles, négatives comprises : \(M(-1)\) est un cran de \(\vec u\) avant \(A\). Le « temps » du drone n'est qu'une image — rien n'empêche de remonter le film, tu l'as fait au curseur.
Q2Avec \(A\,(1\;;\,1\;;\,1)\) et \(\vec u\,(2\;;\,1\;;\,1)\), le point de paramètre \(t = 2\) est…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — \(A + 2\vec u\) : chaque coordonnée avance de deux fois la sienne. \((3\;;\,2\;;\,2)\), c'est le point de \(t = 1\) ; et \((2\;;\,2\;;\,2)\) multiplie \(A\) par 2 — un calcul qui ne correspond à aucun vol.
Q3Une droite de l'espace peut-elle s'écrire \(ax + by + cz + d = 0\) ?
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — c'est tout le chapitre précédent : une équation cartésienne = un plan. Une droite de l'espace demande soit un paramètre (ce chapitre), soit deux équations — deux plans qui se coupent, tu le verras à la section 5.
3. La carte d'identité d'une droite
Une représentation paramétrique ne se contemple pas : elle se lit. Les constantes donnent un point, les coefficients de \(t\) donnent un vecteur directeur — la carte d'identité complète de la droite tient en trois lignes. Quatre manches pour vérifier que tu sais la lire, toutes sur la même droite.
INTERACTIFLa carte d'identité d'une droite
MANCHE 1/4
Toutes les manches se jouent sur la droite : \(d\ :\ \begin{cases} x = 2 + 3t \\ y = 1 - t \\ z = 4 \end{cases}\quad t \in \mathbb{R}\)
Quel est un vecteur directeur de \(d\) ?
Lequel de ces points est sur \(d\) ?
\(d\) passe-t-elle par l'origine \((0\;;\,0\;;\,0)\) ?
Voici une deuxième droite : \(\begin{cases} x = 2 + 6s \\ y = 1 - 2s \\ z = 4 \end{cases}\). Est-ce la même droite que \(d\) ?
PAS ENCORE — relis le système colonne par colonne : les constantes d'un côté, les coefficients de \(t\) de l'autre — et réessaie.
EXACT — les coefficients de \(t\), ligne par ligne : 3, −1… et 0, car la troisième ligne s'écrit \(z = 4 + 0t\). \((2\;;\,1\;;\,4)\), ce sont les constantes — un point de \(d\), pas une direction ; et \((3\;;\,-1\;;\,4)\) mélange les deux colonnes.
EXACT — \(t = 1\) donne \(x = 5\), \(y = 0\), \(z = 4\) : le même \(t\) marche sur les trois lignes. \((2\;;\,1\;;\,0)\) colle en \(x\) et \(y\) (avec \(t = 0\)) mais \(z\) vaut toujours 4 ; \((8\;;\,1\;;\,4)\) force \(t = 2\) sur la ligne des \(x\), et alors \(y\) vaudrait −1.
EXACT — \(z = 4\) quel que soit \(t\) : aucun point de \(d\) n'est à l'altitude 0, l'origine est donc hors de portée. Une seule ligne qui coince suffit pour conclure non.
EXACT — à \(s = 0\), même point \((2\;;\,1\;;\,4)\) ; et \((6\;;\,-2\;;\,0) = 2 \times (3\;;\,-1\;;\,0)\) : même direction. Deux systèmes différents, une seule droite — un vecteur directeur n'est défini qu'à un facteur près.
MÉTHODE — VÉRIFIER QU'UN POINT EST SUR UNE DROITE
1.Résous en \(t\) sur une ligne — choisis la plus simple (un coefficient 1, ou une ligne sans \(t\) qui tranche immédiatement).
2.Reporte cette valeur de \(t\) dans les deux autres lignes.
3.Tout colle → le point est sur la droite, et \(t\) est son paramètre. Une seule ligne coince → il n'y est pas. Le même \(t\) doit marcher partout.
PROPRIÉTÉ — LA REPRÉSENTATION N'EST JAMAIS UNIQUE
Une droite a une infinité de représentations paramétriques : n'importe lequel de ses points peut jouer le rôle de \(A\), et n'importe quel vecteur \(k\,\vec u\) (avec \(k \neq 0\)) peut la diriger. Pour reconnaître que deux systèmes décrivent la même droite : vecteurs directeurs colinéaires, et un point de l'une qui appartient à l'autre.
EXEMPLE RÉSOLU — LE MÊME t PARTOUT
Sur la droite \(d\) du jeu (\(x = 2 + 3t\), \(y = 1 - t\), \(z = 4\)), les points \(R\,(-4\;;\,3\;;\,4)\) et \(S\,(5\;;\,0\;;\,1)\) sont-ils sur \(d\) ?
Étape 1 — Pour \(R\) : la ligne des \(x\) donne \(2 + 3t = -4\), soit \(t = -2\). Report : \(y = 1 - (-2) = 3\) ✓ et \(z = 4\) ✓. Donc \(R \in d\), avec le paramètre \(-2\).
Étape 2 — Pour \(S\) : la ligne des \(z\) impose \(z = 4\), or \(S\) a \(z = 1\). Inutile d'aller plus loin : \(S \notin d\).
Conclusion : une seule valeur de \(t\), validée sur les trois lignes — ou un refus net dès qu'une ligne bloque.
TESTE-TOIEncore trois sur la lecture
Q1Un vecteur directeur de \(d : x = 1 - 2t,\; y = 3t,\; z = 2 + t\) est…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — la colonne des coefficients de \(t\), signes compris : −2, 3, 1. \((1\;;\,0\;;\,2)\) lit les constantes — c'est un point de \(d\) ; et \((2\;;\,3\;;\,1)\) oublie le signe du \(-2t\).
Q2Le point \(P\,(3\;;\,-3\;;\,0)\) est-il sur cette même droite \(d\) ?
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — la ligne des \(x\) impose \(t = -1\), celle des \(y\) confirme (\(3 \times (-1) = -3\))… mais \(z = 2 - 1 = 1 \neq 0\). Deux lignes sur trois, ce n'est pas une appartenance : c'est un point qui rate la droite de peu.
Q3Les systèmes \(x = 1 + 2t,\; y = -t,\; z = 3\) et \(x = 3 + 4s,\; y = -1 - 2s,\; z = 3\) décrivent…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — directeurs \((2\;;\,-1\;;\,0)\) et \((4\;;\,-2\;;\,0)\) colinéaires, et le point \((3\;;\,-1\;;\,3)\) du second système est sur la première droite (avec \(t = 1\)). Mêmes directions et un point commun : confondues.
4. Où la droite perce le plan
Retour aux commandes. Face au drone, la baie vitrée du hall : le plan \(P\) d'équation \(x + y + z - 6 = 0\) — une équation cartésienne, comme au chapitre précédent. Question de pilotage : à quel instant la trajectoire touche-t-elle la vitre ? Trois plans de vol sont chargés. Pour chacun, fais courir \(t\) et surveille \(E(t)\), la valeur du premier membre de l'équation à la position du drone.
Vol inclus : \(x = 1 + t\), \(y = 2 - t\), \(z = 3\). Substitution : \((1 + t) + (2 - t) + 3 - 6 = 0\) — le \(t\) a disparu, et il ne reste rien.
t
E(0,00) = −4,00
t = 0,00M (1,00 ; 0,00 ; 1,00)E(t) ≠ 0 : M n’est pas sur le plan
Substitue x, y et z dans l’équation du plan : il reste une équation en t, ici 4t − 4 = 0. Une seule solution, t = 1 — le drone touche la vitre en un seul point, M (2 ; 2 ; 2).
E(t) est le premier membre de l'équation du plan, évalué à la position du drone : E(t) = x(t) + y(t) + z(t) − 6. Le drone est sur le plan exactement quand E(t) = 0.
Trois vols, trois destins — et à chaque fois, tout se joue sur une seule équation : celle qu'on obtient en injectant la trajectoire dans l'équation du plan. C'est la méthode la plus rentable du chapitre.
MÉTHODE — INTERSECTION D'UNE DROITE ET D'UN PLAN
1.Substitue : dans l'équation du plan, remplace \(x\), \(y\) et \(z\) par leurs expressions en fonction de \(t\). Il reste une équation d'inconnue \(t\).
2.Résous-la.
3.Discute : une solution \(t_0\) → sécants, et le point commun est \(M(t_0)\), obtenu en reportant \(t_0\) dans le système de la droite. Aucune solution → strictement parallèles. Toujours vraie → droite incluse dans le plan.
DROITE ∩ PLAN — LES TROIS CASL'ÉQUATION EN t DÉCIDE
l'équation en \(t\)
position relative
points communs
\(4t - 4 = 0\) (une solution)
\(d\) et \(P\) sécants
un point : \(M(t_0)\)
\(-5 = 0\) (impossible)
\(d\) strictement parallèle à \(P\)
aucun
\(0 = 0\) (toujours vrai)
\(d\) incluse dans \(P\)
toute la droite
EXEMPLE RÉSOLU — LE VOL SÉCANT, RÉDIGÉ EN ENTIER
Détermine l'intersection de \(d : x = 1 + t,\; y = 2t,\; z = 1 + t\) et du plan \(P : x + y + z - 6 = 0\).
Étape 3 — Report dans le système de \(d\) : \(M(1) = (2\;;\,2\;;\,2)\). Vérification dans l'équation de \(P\) : \(2 + 2 + 2 - 6 = 0\) ✓.
Conclusion : \(d\) et \(P\) sont sécants en \((2\;;\,2\;;\,2)\) — l'impact du premier vol, à l'instant \(t = 1\).
À RETENIR
Droite ∩ plan : substituer, résoudre en \(t\), discuter. Et si le \(t\) disparaît, regarde la constante : \(-5 = 0\) est impossible (parallèle stricte), \(0 = 0\) est toujours vrai (droite incluse).
TESTE-TOIQuatre questions sur l'intersection
Q1Pour chercher l'intersection d'une droite (système en \(t\)) et d'un plan (équation cartésienne), on commence par…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — la substitution transforme la question géométrique en une équation d'inconnue \(t\). Le produit scalaire \(\vec u \cdot \vec n\) dit seulement si la droite est parallèle au plan — il ne donne jamais le point ; et « poser \(z = t\) », c'est la méthode de l'intersection de deux plans (section 5).
Q2La substitution donne \(2t - 4 = 0\). Alors…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — une équation du premier degré, une solution unique : sécants. Le point s'obtient en reportant \(t = 2\) dans le système de la droite — pas dans l'équation du plan, qui ne sait rien dire de plus.
Q3Après substitution et simplification, il reste \(3 = 0\). Alors…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — le \(t\) a disparu et il reste une absurdité : aucune valeur de \(t\) ne met le point sur le plan. Ce n'est pas une erreur, c'est une information — le deuxième vol du graphique finissait exactement comme ça.
Q4Après substitution, il reste \(0 = 0\). Alors…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — l'équation est vraie pour tout \(t\) : chaque position vérifie l'équation du plan. C'est le piège symétrique du cas précédent — dans les deux, \(t\) disparaît ; c'est la constante qui départage.
5. Deux plans qui se coupent
Dans le hall, deux cloisons vitrées se rejoignent : leur arête commune est… une droite. C'est la deuxième façon de décrire une droite de l'espace, promise à la section 2 : l'ensemble des points qui vérifient deux équations de plans à la fois. Déplace \(M\) le long de l'arête et surveille les deux équations — puis passe en mode « PARALLÈLES » pour voir ce qui arrive quand l'arête n'existe pas.
INTERACTIFDeux plans qui se coupent
\(P_1 : x + y - 2 = 0\) (nappe teintée) et \(P_2 : y + z - 3 = 0\) (nappe neutre). L'arête porte les points \(M(t) = (t - 1\;;\, 3 - t\;;\, t)\) — d'où sort ce système ? La méthode arrive juste après ; d'abord, constate.
t
t = 2 → x = 1,00 · y = 1,00 · z = 2,00
M (1,00 ; 1,00 ; 2,00)x + y − 2 = 0,00y + z − 3 = 0,00
Où que M aille sur l’arête, les deux équations restent vraies en même temps : les points communs aux deux plans forment une droite — deux équations, une droite.
Les nappes dessinées sont des morceaux : plans et arête sont infinis. En mode parallèles, la nappe neutre devient P₃ : x + y + 1 = 0, parallèle à P₁.
PROPRIÉTÉ — POSITIONS RELATIVES DE DEUX PLANS
Soient deux plans de vecteurs normaux \(\vec n_1\) et \(\vec n_2\) (chapitre précédent).
Si \(\vec n_1\) et \(\vec n_2\) sont colinéaires, les plans sont parallèles — confondus si leurs équations sont proportionnelles, strictement parallèles sinon.
Sinon, les plans sont sécants, et leur intersection est une droite.
MÉTHODE — PARAMÉTRER L'INTERSECTION DE DEUX PLANS
1.Vérifie que les normales ne sont pas colinéaires — sinon, il n'y a rien à paramétrer.
2.Pose \(z = t\) : une des trois inconnues devient le paramètre. (Si \(z\) a un coefficient nul dans les deux équations, pose plutôt \(x = t\) ou \(y = t\).)
3.Résous le système des deux équations pour exprimer \(x\) et \(y\) en fonction de \(t\).
4.Rassemble le système paramétrique obtenu, et contrôle en reportant dans les deux équations de départ.
EXEMPLE RÉSOLU — L'ARÊTE DU GRAPHIQUE, RÉDIGÉE
Détermine une représentation paramétrique de la droite d'intersection de \(P_1 : x + y - 2 = 0\) et \(P_2 : y + z - 3 = 0\).
Étape 1 — Normales \(\vec n_1\,(1\;;\,1\;;\,0)\) et \(\vec n_2\,(0\;;\,1\;;\,1)\) : non colinéaires (aucun réel \(k\) ne donne \(1 = k \times 0\) et \(0 = k \times 1\) à la fois) — les plans sont sécants.
Étape 2 — Pose \(z = t\). L'équation de \(P_2\) donne \(y = 3 - t\).
Étape 3 — Celle de \(P_1\) donne \(x = 2 - y = 2 - (3 - t) = t - 1\).
Étape 4 — \(\Delta : x = t - 1,\; y = 3 - t,\; z = t\), pour \(t \in \mathbb{R}\) — vecteur directeur \((1\;;\,-1\;;\,1)\). Contrôle : \((t - 1) + (3 - t) - 2 = 0\) ✓ et \((3 - t) + t - 3 = 0\) ✓, pour tout \(t\).
Conclusion : deux équations, une droite — et son système paramétrique est prêt pour n'importe quel calcul de la section 4.
TESTE-TOITrois questions pour finir
Q1Les plans \(P : x + y - 2 = 0\) et \(P' : 2x + 2y + 5 = 0\) sont…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — normales \((1\;;\,1\;;\,0)\) et \((2\;;\,2\;;\,0)\) colinéaires : parallèles. Confondus ? En doublant la première équation on obtient \(2x + 2y - 4 = 0\), pas \(+\,5\) : équations non proportionnelles, les plans ne se touchent jamais.
Q2Deux plans sécants se coupent selon…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — l'intuition « ça se coupe en un point » vient de la géométrie plane, où les objets sont des droites. Dans l'espace, deux plans qui se rencontrent partagent toute une arête — c'est bien pourquoi il faut un paramètre pour la parcourir.
Q3Pour paramétrer la droite d'intersection de deux plans sécants, on commence par…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — trois inconnues, deux équations : il reste un degré de liberté, et \(z = t\) lui donne un nom. Additionner les équations peut aider en cours de route, mais ne remplace pas le paramètre ; et un vecteur normal commun n'existe que pour des plans parallèles.
LES PIÈGES CLASSIQUES
Lire les coefficients de \(t\) comme un point. C'est l'inverse : les constantes donnent un point (celui de \(t = 0\)), les coefficients de \(t\) donnent un vecteur directeur. Dans \(x = 2 + 3t\), le point commence par 2, la direction par 3. Relis colonne par colonne.
Vérifier une appartenance avec un \(t\) différent par ligne. Trois lignes, une valeur de \(t\) : on résout sur une ligne, on reporte dans les deux autres. Un point qui donne \(t = 1\) en \(x\) et \(t = 2\) en \(y\) n'est pas sur la droite.
Croire que deux systèmes différents décrivent deux droites différentes. La représentation n'est jamais unique : autre point de départ, directeur doublé… et c'est la même droite. Compare les directions (colinéaires ?), puis teste un point.
Chercher « l'équation cartésienne » d'une droite de l'espace. Une équation \(ax + by + cz + d = 0\) décrit un plan. Une droite de l'espace se donne par un système paramétrique — ou par deux équations de plans sécants.
Conclure « parallèles » dès que le \(t\) disparaît. Regarde la constante : \(-5 = 0\) est impossible → parallèle stricte, mais \(0 = 0\) est toujours vrai → droite incluse. Les deux cas commencent pareil et finissent très différemment.
L'ESSENTIEL EN 5 LIGNES
DROITE
\(M(t) = A + t\,\vec u\) : le système \(x = x_A + t\,a\), \(y = y_A + t\,b\), \(z = z_A + t\,c\), \(t \in \mathbb{R}\) — une trajectoire pilotée par \(t\).
LIRE
Constantes = un point de la droite ; coefficients de \(t\) = un vecteur directeur (défini à un facteur près).
APPARTENIR
Résoudre \(t\) sur une ligne, reporter dans les deux autres : le même \(t\) doit vérifier les trois.
DROITE ∩ PLAN
Substituer dans l'équation du plan → équation en \(t\) : une solution (sécants), aucune (parallèle stricte) ou toutes (incluse).
PLAN ∩ PLAN
Normales non colinéaires → une droite ; poser \(z = t\), résoudre le système en \(x\) et \(y\).
Exercices
15 corrigés
Commence par le niveau 1. Cherche vraiment avant d'ouvrir le corrigé — c'est là que ça rentre. Les exercices suivent l'ordre du cours : écrire une représentation paramétrique, la lire et vérifier des appartenances, intersections droite-plan, intersections de deux plans, deux droites — et deux drones pour finir.
EXERCICE 01 · point + vecteurniveau 1
La droite \(d\) passe par \(A\,(2\;;\,-1\;;\,3)\) et est dirigée par \(\vec u\,(1\;;\,4\;;\,-2)\). a. Donne une représentation paramétrique de \(d\). b. Donne les coordonnées des points de paramètres \(t = 2\) et \(t = -1\).
Conclusion : trois lignes mécaniques — et le contrôle \(t = 0\) redonne bien \(A\,(2\;;\,-1\;;\,3)\).
EXERCICE 02 · par deux pointsniveau 1
Donne une représentation paramétrique de la droite \((AB)\), avec \(A\,(1\;;\,2\;;\,0)\) et \(B\,(3\;;\,1\;;\,4)\). Quel paramètre correspond à \(A\) ? À \(B\) ?
Étape 2 — Avec le point \(A\) : \(x = 1 + 2t\), \(y = 2 - t\), \(z = 4t\), pour \(t \in \mathbb{R}\).
Étape 3 — \(t = 0\) donne \(A\) ; \(t = 1\) donne \((3\;;\,1\;;\,4) = B\) ✓.
Conclusion : quand le directeur vient de \(\overrightarrow{AB}\), les deux points servent de contrôle gratuit en \(t = 0\) et \(t = 1\).
EXERCICE 03 · lire un systèmeniveau 1
Soit \(d : x = -1 + 3t,\; y = 2t,\; z = 5 - t\). a. Donne un point de \(d\) et un vecteur directeur. b. Donne un deuxième point de \(d\). c. Le vecteur \(\vec v\,(-6\;;\,-4\;;\,2)\) dirige-t-il \(d\) ?
CORRIGÉ
a. — Constantes : \(A\,(-1\;;\,0\;;\,5)\) ; coefficients de \(t\) : \(\vec u\,(3\;;\,2\;;\,-1)\).
b. — N'importe quelle valeur de \(t\) : \(t = 1\) donne \((2\;;\,2\;;\,4)\).
c. — \(\vec v = -2\,\vec u\) : colinéaire à \(\vec u\), donc oui — un directeur n'est défini qu'à un facteur près.
Conclusion : un système se lit colonne par colonne — et tout multiple non nul du directeur dirige aussi.
EXERCICE 04 · appartenanceniveau 2
Soit \(d : x = 1 + 2t,\; y = 3 - t,\; z = 2 + t\). Les points \(P\,(5\;;\,1\;;\,4)\) et \(Q\,(7\;;\,0\;;\,4)\) appartiennent-ils à \(d\) ?
CORRIGÉ
Étape 1 — Pour \(P\) : \(1 + 2t = 5\) donne \(t = 2\). Report : \(y = 3 - 2 = 1\) ✓ et \(z = 2 + 2 = 4\) ✓. Donc \(P \in d\) (paramètre 2).
Étape 2 — Pour \(Q\) : \(1 + 2t = 7\) donne \(t = 3\). Report : \(y = 3 - 3 = 0\) ✓ mais \(z = 2 + 3 = 5 \neq 4\). Donc \(Q \notin d\).
Conclusion : le même \(t\) doit marcher sur les trois lignes — deux sur trois, c'est un refus.
EXERCICE 05 · même droite ?niveau 2
Montre que les systèmes \(x = 1 + 2t,\; y = -t,\; z = 3 + t\) et \(x = 5 - 4s,\; y = -2 + 2s,\; z = 5 - 2s\) représentent la même droite.
CORRIGÉ
Étape 1 — Directions : \((2\;;\,-1\;;\,1)\) et \((-4\;;\,2\;;\,-2) = -2 \times (2\;;\,-1\;;\,1)\) : colinéaires — les droites sont parallèles.
Étape 2 — Le point du second système en \(s = 0\) est \((5\;;\,-2\;;\,5)\). Sur la première droite : \(1 + 2t = 5\) donne \(t = 2\), et alors \(y = -2\) ✓, \(z = 3 + 2 = 5\) ✓.
Conclusion : parallèles et un point commun : c'est la même droite. Deux cartes d'identité, un seul individu.
EXERCICE 06 · percer le solniveau 2
En fin de tournée, le drone descend le long de \(d : x = 2 + t,\; y = 1 + 2t,\; z = 6 - 2t\) (coordonnées en mètres, \(t\) en secondes). a. À quel instant touche-t-il le sol (\(z = 0\)), et en quel point ? b. À quel instant passe-t-il à l'altitude 4 m, et où ?
CORRIGÉ
a. — \(6 - 2t = 0\) donne \(t = 3\) : le drone se pose au point \((5\;;\,7\;;\,0)\).
b. — \(6 - 2t = 4\) donne \(t = 1\) : il est alors en \((3\;;\,3\;;\,4)\).
Conclusion : imposer une condition sur une coordonnée fixe la valeur de \(t\) — et \(t\) donne tout le reste. Le sol n'est qu'un plan comme un autre : \(z = 0\).
EXERCICE 07 · droite ∩ planniveau 1
Détermine l'intersection de \(d : x = 1 + t,\; y = -1 + 2t,\; z = t\) et du plan \(P : 2x - y + z - 4 = 0\).
Conclusion : sécants en \((2\;;\,1\;;\,1)\). Substituer, résoudre, reporter — trois lignes de rédaction.
EXERCICE 08 · parallèle stricteniveau 2
Montre que \(d : x = 3 + t,\; y = 1 - t,\; z = 2 + 2t\) est strictement parallèle au plan \(P : x + y - 2 = 0\).
CORRIGÉ
Étape 1 — Substitution : \((3 + t) + (1 - t) - 2 = 2\). Le \(t\) disparaît, il reste \(2 = 0\) : impossible.
Étape 2 — Aucune valeur de \(t\) ne convient : \(d\) et \(P\) n'ont aucun point commun — \(d\) est strictement parallèle à \(P\).
Conclusion : autre lecture, avec le vecteur normal \(\vec n\,(1\;;\,1\;;\,0)\) : \(\vec n \cdot \vec u = 1 - 1 + 0 = 0\) (droite parallèle au plan) et \(A\,(3\;;\,1\;;\,2) \notin P\) — les deux points de vue racontent la même chose.
EXERCICE 09 · droite incluseniveau 2
Montre que \(d' : x = 1 + t,\; y = 1 - t,\; z = 4t\) est incluse dans le plan \(P : x + y - 2 = 0\) (le même plan qu'à l'exercice 08).
CORRIGÉ
Étape 1 — Substitution : \((1 + t) + (1 - t) - 2 = 0\). Le \(t\) disparaît… et il reste \(0 = 0\), vrai pour tout \(t\).
Étape 2 — Chaque point de \(d'\) vérifie l'équation de \(P\) : la droite est incluse dans le plan.
Conclusion : même plan qu'à l'exercice 08, même disparition du \(t\) — c'est la constante qui a tout changé. Le piège n° 5 du chapitre.
EXERCICE 10 · avec un vecteur normalniveau 2
Le plan \(P : x + 2y + 2z - 9 = 0\) — déjà croisé au chapitre précédent — et la droite \(d : x = 1 + 2t,\; y = 1 + t,\; z = t\). a. Donne un vecteur normal de \(P\). b. Détermine l'intersection de \(d\) et de \(P\).
CORRIGÉ
a. — Les coefficients de l'équation : \(\vec n\,(1\;;\,2\;;\,2)\) — lecture directe du chapitre orthogonalité.
Conclusion : \(\vec n \cdot \vec u = 2 + 2 + 2 = 6 \neq 0\) annonçait des sécants — la substitution donne le point, le produit scalaire donne l'intuition.
EXERCICE 11 · plan ∩ planniveau 2
Soient \(P_1 : x - y + 2z - 3 = 0\) et \(P_2 : y - z + 1 = 0\). a. Justifie que \(P_1\) et \(P_2\) sont sécants. b. Détermine une représentation paramétrique de leur droite d'intersection (pose \(z = t\)).
CORRIGÉ
a. — Normales \((1\;;\,-1\;;\,2)\) et \((0\;;\,1\;;\,-1)\) : non colinéaires (la première a une coordonnée en \(x\) non nulle, pas la seconde) : plans sécants.
b. — Pose \(z = t\). \(P_2\) donne \(y = t - 1\). Puis \(P_1\) : \(x = y - 2z + 3 = (t - 1) - 2t + 3 = 2 - t\). D'où \(\Delta : x = 2 - t,\; y = t - 1,\; z = t\), \(t \in \mathbb{R}\).
Conclusion : contrôle des deux équations : \((2 - t) - (t - 1) + 2t - 3 = 0\) ✓ et \((t - 1) - t + 1 = 0\) ✓ — la droite est bonne, pour tout \(t\).
EXERCICE 12 · plans parallèlesniveau 2
Trois plans : \(P_1 : 2x - y + 3z - 1 = 0\), \(P_2 : -4x + 2y - 6z + 5 = 0\) et \(P_3 : -4x + 2y - 6z + 2 = 0\). Précise la position relative de \(P_1\) et \(P_2\), puis de \(P_1\) et \(P_3\).
CORRIGÉ
Étape 1 — Normales : \((-4\;;\,2\;;\,-6) = -2 \times (2\;;\,-1\;;\,3)\) : colinéaires dans les deux cas — les trois plans sont parallèles entre eux.
Étape 2 — Multiplie l'équation de \(P_1\) par \(-2\) : \(-4x + 2y - 6z + 2 = 0\). C'est exactement \(P_3\) : \(P_1\) et \(P_3\) sont confondus.
Étape 3 — \(P_2\) a la même partie en \(x, y, z\) mais une constante différente (\(+5\) au lieu de \(+2\)) : équations non proportionnelles, \(P_1\) et \(P_2\) sont strictement parallèles.
Conclusion : normales colinéaires = parallèles ; c'est la proportionnalité des équations entières qui départage confondus et stricts.
EXERCICE 13 · deux droitesniveau 3
Soient \(d_1 : x = 1 + t,\; y = 2 - t,\; z = t\), puis \(d_2 : x = 4 + 2s,\; y = 2 + s,\; z = 2 + s\) et \(d_3 : x = 3 + 2s,\; y = -2 + s,\; z = 1 + s\). a. Montre que \(d_1\) et \(d_2\) sont sécantes et donne leur point commun. b. Montre que \(d_1\) et \(d_3\) ne sont ni parallèles ni sécantes. Comment appelle-t-on cette situation ?
CORRIGÉ
a. — Deux paramètres différents, \(t\) et \(s\). Le système : \(1 + t = 4 + 2s\), \(2 - t = 2 + s\), \(t = 2 + s\). La ligne des \(z\) donne \(t = 2 + s\) ; reportée dans celle des \(x\) : \(3 + s = 4 + 2s\), donc \(s = -1\) et \(t = 1\). Contrôle en \(y\) : \(2 - 1 = 1\) et \(2 - 1 = 1\) ✓. Point commun : \(M(1) = (2\;;\,1\;;\,1)\).
b. — Directions \((1\;;\,-1\;;\,1)\) et \((2\;;\,1\;;\,1)\) : non colinéaires, donc pas parallèles. Le système : \(z\) donne \(t = 1 + s\) ; \(x\) : \(2 + s = 3 + 2s\) donne \(s = -1\), \(t = 0\) ; mais en \(y\) : \(2 - 0 = 2\) et \(-2 - 1 = -3\) — incompatible. Ni parallèles, ni sécantes : \(d_1\) et \(d_3\) sont non coplanaires.
Conclusion : dans l'espace, deux droites peuvent se rater sans être parallèles — le cas qui n'existe pas dans le plan. Et surtout : jamais le même nom de paramètre pour deux droites.
EXERCICE 14 · problème : deux dronesniveau 3
Deux drones de la flotte volent à la même altitude de croisière, 2 m. Position du premier à l'instant \(t\) : \(x = t,\; y = 1 + t,\; z = 2\). Position du second à l'instant \(s\) : \(x = -1 + s,\; y = 4 - s,\; z = 2\). a. Montre que leurs routes se coupent, et précise en quel point. b. Les horloges sont synchronisées (\(t\) et \(s\) comptent les mêmes secondes). Montre qu'il n'y a pas de collision. c. À l'instant 1, quelle distance sépare les deux drones ?
CORRIGÉ
a. — Même altitude (\(z = 2\) des deux côtés) : reste le système \(t = -1 + s\) et \(1 + t = 4 - s\). En substituant la première dans la seconde : \(1 + (-1 + s) = 4 - s\), soit \(s = 4 - s\), donc \(s = 2\) et \(t = 1\). Les routes se coupent au point \((1\;;\,2\;;\,2)\).
b. — Le premier drone passe au croisement à \(t = 1\), le second à \(s = 2\) : une seconde d'écart. Jamais au même endroit au même instant : pas de collision.
c. — À l'instant 1 : le premier est en \((1\;;\,2\;;\,2)\) — sur le croisement —, le second en \((0\;;\,3\;;\,2)\). Distance : \(\sqrt{(1-0)^2 + (2-3)^2 + 0^2} = \sqrt{2} \approx 1{,}41\) m. Ils se ratent confortablement.
Conclusion : des routes sécantes ne font pas une collision — il faut le même point et le même instant. C'est exactement pour cela qu'on donne un paramètre différent à chaque droite.
VERS LE BAC — EXERCICE 15≈ 45 MIN · SANS CALCULATRICE
\(ABCDEFGH\) est un cube de côté 1. On se place dans le repère \((A\;;\, \overrightarrow{AB},\, \overrightarrow{AD},\, \overrightarrow{AE})\), dans lequel \(B\,(1\;;\,0\;;\,0)\), \(D\,(0\;;\,1\;;\,0)\), \(E\,(0\;;\,0\;;\,1)\), \(C\,(1\;;\,1\;;\,0)\) et \(G\,(1\;;\,1\;;\,1)\). Au chapitre précédent, on a établi que le plan \((BDE)\) a pour équation \(x + y + z - 1 = 0\) : on la donne.
PARTIE A
Vérifie que \(x + y + z - 1 = 0\) est bien une équation du plan \((BDE)\). Pourquoi la vérification sur les trois points suffit-elle ?
Donne une représentation paramétrique de la droite \((AG)\).
Détermine les coordonnées du point \(I\), intersection de \((AG)\) et du plan \((BDE)\), puis vérifie que \(I\) est le centre de gravité du triangle \(BDE\).
PARTIE B
On considère les plans \(P_1 : x + z - 1 = 0\) et \(P_2 : y + z - 1 = 0\). Justifie qu'ils sont sécants.
En posant \(z = t\), détermine une représentation paramétrique de leur droite d'intersection \(\Delta\).
Montre que \(\Delta\) est la droite \((CE)\), et que le centre \(\Omega\,\bigl(\tfrac{1}{2}\;;\,\tfrac{1}{2}\;;\,\tfrac{1}{2}\bigr)\) du cube appartient à \(\Delta\).
CORRIGÉ — LES GRANDES ÉTAPES
A.1 — \(B\) : \(1 + 0 + 0 - 1 = 0\) ✓, \(D\) : \(0 + 1 + 0 - 1 = 0\) ✓, \(E\) : \(0 + 0 + 1 - 1 = 0\) ✓. Trois points non alignés définissent un seul plan : un plan (l'ensemble des solutions de l'équation) qui les contient tous les trois est forcément \((BDE)\).
A.2 — \(\overrightarrow{AG} = (1\;;\,1\;;\,1)\) et \(A\) est l'origine : \((AG) : x = t,\; y = t,\; z = t\), \(t \in \mathbb{R}\).
A.3 — Substitution : \(t + t + t - 1 = 3t - 1 = 0\), donc \(t = \tfrac{1}{3}\) et \(I\,\bigl(\tfrac{1}{3}\;;\,\tfrac{1}{3}\;;\,\tfrac{1}{3}\bigr)\). Centre de gravité de \(BDE\) : moyenne des coordonnées, \(\bigl(\tfrac{1+0+0}{3}\;;\,\tfrac{0+1+0}{3}\;;\,\tfrac{0+0+1}{3}\bigr) = I\) ✓ — la grande diagonale perce le plan \((BDE)\) exactement en son centre de gravité, un classique.
B.1 — Normales \((1\;;\,0\;;\,1)\) et \((0\;;\,1\;;\,1)\) : non colinéaires (compare les coordonnées en \(x\)) : plans sécants.
B.2 — \(z = t\) : \(P_1\) donne \(x = 1 - t\), \(P_2\) donne \(y = 1 - t\). D'où \(\Delta : x = 1 - t,\; y = 1 - t,\; z = t\), \(t \in \mathbb{R}\).
B.3 — \(t = 0\) donne \((1\;;\,1\;;\,0) = C\) et \(t = 1\) donne \((0\;;\,0\;;\,1) = E\) : \(\Delta\) passe par \(C\) et \(E\), donc \(\Delta = (CE)\). Et \(t = \tfrac{1}{2}\) donne \(\bigl(\tfrac{1}{2}\;;\,\tfrac{1}{2}\;;\,\tfrac{1}{2}\bigr) = \Omega\) : le centre du cube est sur la diagonale \((CE)\), comme il se doit.