CE QUE TU DOIS SAVOIR FAIRE — calculer un produit scalaire dans l'espace (\(x\,x' + y\,y' + z\,z'\)), montrer qu'une droite est perpendiculaire à un plan avec deux produits scalaires, lire et écrire l'équation cartésienne d'un plan (\(ax + by + cz + d = 0\), vecteur normal \(\vec n\)) — et calculer une distance en passant par le projeté orthogonal.
≈ 60 min de travail · 15 exercices corrigés · mis à jour août 2026
SOMMAIRE ▾
1. Mesurer sans tricher
Retour dans la chambre du chapitre précédent — cette fois, on mesure. Il te faut la hauteur sous plafond. Tu tends le mètre ruban du sol vers le plafond… et il penche. Tout le monde le sent : un mètre tenu de travers ment. Il donne toujours trop. La vraie hauteur, c'est le fil tendu tout droit, perpendiculaire au sol — le maçon a même un outil exprès pour ça, le fil à plomb.
Regarde la lampe du plafond, au point \(M\). Le point du sol juste en dessous, son pied, est en \(H\). Choisis n'importe quel autre point \(P\) du sol : le trajet \(MP\) est plus long que \(MH\), et tu sais le prouver depuis la Seconde. Dans le triangle \(MHP\), rectangle en \(H\), Pythagore donne :
$$MP^2 = MH^2 + HP^2$$
La lampe \(M\), son pied \(H\), un autre point \(P\) du sol. Le trajet direct \(MH\) est vertical ; tout autre trajet \(MP\) est l'hypoténuse d'un triangle rectangle — donc plus long. Ici \(MP^2 = 9 + 6{,}25 = 15{,}25\) : \(MP \approx 3{,}91\), contre \(MH = 3\).
\(HP^2\) est positif, et nul seulement quand \(P\) est en \(H\) : le plus court chemin d'un point à un plan est la perpendiculaire. Tout le chapitre déplie cette évidence du mètre ruban, jusqu'à savoir la calculer en coordonnées. Et l'outil qui détecte les angles droits, tu l'as depuis la Première : le produit scalaire. Deux vecteurs de l'espace tiennent toujours dans un même plan, celui qu'ils engendrent — alors tout ce que tu sais sur lui va passer à l'espace tel quel. On vérifie ça juste après le geste.
2. Le plus court chemin
Le graphique reprend la chambre. \(M\) est fixée à 3 unités au-dessus du sol, son pied est \(H\), et \(P\) t'attend sur le quadrillage. Déplace-le et essaie de battre \(MH\) : trouve un trajet \(MP\) plus court que 3. La ligne du bas tient les comptes avec Pythagore.
INTERACTIFLe plus court chemin
xP
yP
MP² = 3² + HP² = 9 + 6,25 = 15,25
HP = 2,50MP = 3,91MP > MH — trop long
P est arrivé en H : le trajet vaut exactement MH = 3, et c'est le seul endroit où HP² s'annule. Le plus court chemin d'un point à un plan est la perpendiculaire — retiens le geste, tout le chapitre est dedans.
M est à 3 unités au-dessus du sol, H est son pied. P s'aimante sur le quadrillage (pas de 0,25) : toutes les valeurs de HP² et MP² sont exactes.
Ce que ta main vient de vérifier — l'angle droit gagne toujours — il faut maintenant savoir l'écrire en coordonnées. Le bon outil, tu le connais depuis la Première : le produit scalaire. Il lui manque juste une dimension.
POURQUOI LE PRODUIT SCALAIRE SURVIT-IL EN 3D ?
Deux vecteurs \(\vec u\) et \(\vec v\) de l'espace, ramenés à la même origine, tiennent toujours dans un même plan. Dans ce plan, tu es en Première : \(\vec u \cdot \vec v = \lVert\vec u\rVert \times \lVert\vec v\rVert \times \cos(\vec u\;;\, \vec v)\), le projeté orthogonal, la bilinéarité — tout est déjà défini, rien à réinventer. La seule nouveauté est une formule de calcul à trois coordonnées au lieu de deux.
DÉFINITION
Soient \(\vec u\) et \(\vec v\) deux vecteurs de l'espace. Leur produit scalaire \(\vec u \cdot \vec v\) est celui calculé dans un plan qui contient \(\vec u\) et \(\vec v\) : toutes les formules et propriétés de Première (normes et cosinus, projeté orthogonal, bilinéarité, \(\vec u \cdot \vec u = \lVert\vec u\rVert^2\)) restent valables. Dans une base orthonormée de l'espace, avec \(\vec u\,(x\;;\, y\;;\, z)\) et \(\vec v\,(x'\;;\, y'\;;\, z')\) :
$$\vec u \cdot \vec v = x\,x' + y\,y' + z\,z'$$
DÉFINITION
Deux vecteurs \(\vec u\) et \(\vec v\) sont orthogonaux lorsque \(\vec u \cdot \vec v = 0\). Le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur. Attention au sens de lecture : un produit scalaire nul dit que l'angle est droit — pas qu'un des vecteurs est nul.
MÉTHODE — CALCULER UN PRODUIT SCALAIRE EN COORDONNÉES
1.Vérifie que le repère est orthonormé — au lycée il l'est presque toujours, et dans un cube d'arête 1, \((A\;;\, \vec{AB},\, \vec{AD},\, \vec{AE})\) l'est.
2.Multiplie les coordonnées deux à deux, position par position, et additionne les trois produits — en surveillant les signes.
Dans un repère orthonormé, on donne \(\vec u\,(2\;;\, -1\;;\, 3)\), \(\vec v\,(1\;;\, 4\;;\, 1)\) et \(\vec w\,(1\;;\, 5\;;\, 1)\). Les vecteurs \(\vec u\) et \(\vec v\) sont-ils orthogonaux ? Et \(\vec u\) et \(\vec w\) ?
Étape 1 — \(\vec u \cdot \vec v = 2 \times 1 + (-1) \times 4 + 3 \times 1 = 2 - 4 + 3 = 1\). Non nul : pas orthogonaux. Il s'en faut de peu — mais un angle « presque droit » n'est pas droit.
Étape 2 — \(\vec u \cdot \vec w = 2 \times 1 + (-1) \times 5 + 3 \times 1 = 2 - 5 + 3 = 0\) : \(\vec u\) et \(\vec w\) sont orthogonaux.
Conclusion : trois produits, une somme, une phrase. Le produit scalaire est le détecteur d'angles droits du chapitre — tu vas t'en servir partout.
TESTE-TOITrois questions, trente secondes
Q1\(\vec u \cdot \vec v = 0\) signifie que…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — produit scalaire nul = angle droit (ou un vecteur nul, cas particulier). C'est un produit de vecteurs, pas de réels : il peut s'annuler avec deux vecteurs non nuls — le piège n° 1 du chapitre.
Q2Avec \(\vec u\,(1\;;\, -2\;;\, 2)\) et \(\vec v\,(2\;;\, 1\;;\, 0)\), \(\vec u \cdot \vec v\) vaut…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — \(2 - 2 + 0 = 0\) : ces deux vecteurs non nuls sont orthogonaux. Le 4, c'est un signe oublié — la moitié des erreurs de produit scalaire sont des erreurs de signe.
Q3Dans une base orthonormée de l'espace, \(\vec u \cdot \vec v\) vaut…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — même recette qu'en Première, un terme de plus — et rien ne change de signe. Deux vecteurs de l'espace vivent toujours dans un plan commun, où le produit scalaire garde toutes ses propriétés.
3. Perpendiculaire au plan, vraiment
Reviens au fil de la lampe : il est perpendiculaire au sol. Pas seulement à une ligne du carrelage — à toutes les droites du sol qui passent par son pied. C'est exactement ça, être perpendiculaire à un plan, et c'est plus exigeant qu'il n'y paraît. Le graphique te laisse vérifier, droite par droite : fais tourner la droite du sol avec le curseur, pour la verticale puis pour l'oblique.
INTERACTIFLe test de toutes les droites
direction θ de la droite du sol
θ = 0°angle = 90°90° quel que soit θ
90° pour toutes les droites du sol : la verticale est orthogonale à chacune — c'est la définition d'une droite perpendiculaire au plan.
L'oblique fait 90° avec une droite du sol (θ = 90°), et moins avec toutes les autres : être orthogonale à une droite du plan ne suffit pas.
Les angles sont calculés exactement : 90° constant pour la verticale, arccos(|cos θ| / √2) pour l'oblique — de 45° (θ = 0°) à 90° (θ = 90°).
DÉFINITION
Deux droites de l'espace sont orthogonales lorsque leurs parallèles menées par un même point sont perpendiculaires. En pratique : \(d\), de vecteur directeur \(\vec u\), et \(d'\), de vecteur directeur \(\vec v\), sont orthogonales si et seulement si \(\vec u \cdot \vec v = 0\).
Le vocabulaire est précis : perpendiculaires = orthogonales et sécantes. Deux droites de l'espace peuvent être orthogonales sans jamais se croiser — deux arêtes opposées d'un cube, par exemple.
DÉFINITION
Une droite \(d\) est perpendiculaire à un plan \(\mathcal{P}\) lorsqu'elle est orthogonale à toutes les droites de \(\mathcal{P}\).
PROPRIÉTÉ — DEUX DROITES SÉCANTES SUFFISENT
Si \(d\) est orthogonale à deux droites sécantes du plan \(\mathcal{P}\), alors \(d\) est perpendiculaire à \(\mathcal{P}\) — donc orthogonale à toutes ses droites.
POURQUOI DEUX SUFFISENT-ELLES ?
Deux droites sécantes donnent deux vecteurs directeurs \(\vec u\) et \(\vec v\) non colinéaires : tout vecteur du plan s'écrit \(a\,\vec u + b\,\vec v\) — c'est la coplanarité du chapitre précédent. Si \(\vec w\) dirige \(d\), la bilinéarité fait le reste : \(\vec w \cdot (a\,\vec u + b\,\vec v) = a\,(\vec w \cdot \vec u) + b\,(\vec w \cdot \vec v) = 0 + 0 = 0\). Deux zéros bien choisis en donnent une infinité. C'est ce qui manquait à l'oblique du graphique : elle n'avait qu'un seul zéro.
MÉTHODE — MONTRER QU'UNE DROITE EST PERPENDICULAIRE À UN PLAN
1.Choisis un vecteur directeur \(\vec w\) de la droite, et deux vecteurs directeurs \(\vec u\) et \(\vec v\) du plan, non colinéaires — deux côtés sécants suffisent.
2.Calcule les deux produits scalaires \(\vec w \cdot \vec u\) et \(\vec w \cdot \vec v\).
3.S'ils sont tous les deux nuls, conclus : \(d \perp \mathcal{P}\). Un seul zéro ne prouve rien.
EXEMPLE RÉSOLU — DANS LE CUBE
\(ABCDEFGH\) est un cube. Montre que la droite \((AE)\) est perpendiculaire au plan \((ABC)\).
Étape 1 — Dans le repère orthonormé \((A\;;\, \vec{AB},\, \vec{AD},\, \vec{AE})\) : \(\vec{AE}\,(0\;;\, 0\;;\, 1)\), \(\vec{AB}\,(1\;;\, 0\;;\, 0)\) et \(\vec{AD}\,(0\;;\, 1\;;\, 0)\). Les droites \((AB)\) et \((AD)\) sont deux droites sécantes du plan \((ABC)\).
Étape 3 — \((AE)\) est orthogonale à deux droites sécantes de \((ABC)\) : elle est perpendiculaire au plan.
Conclusion : l'arête verticale du cube joue le fil à plomb — et la rédaction tient en deux produits scalaires et une phrase.
TESTE-TOIEncore trois sur l'orthogonalité
Q1La droite \(d\) est orthogonale à une droite du plan \(\mathcal{P}\). Peut-on conclure que \(d \perp \mathcal{P}\) ?
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — deux droites sécantes engendrent tout le plan : la bilinéarité propage les deux zéros à toutes les autres droites. Une seule ne suffit pas — c'est l'oblique du graphique — et « toutes, une par une », c'est justement le travail que la propriété t'épargne.
Q2Deux droites orthogonales sont-elles toujours perpendiculaires ?
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — perpendiculaires exige le contact : orthogonales et sécantes. Dans l'espace, deux droites peuvent se croiser à angle droit… sans jamais se toucher — tu le prouveras dans le cube à l'exercice 05.
Q3Dans le cube \(ABCDEFGH\), les droites \((AE)\) et \((BC)\) sont…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — \(\vec{AE}\,(0\;;\, 0\;;\, 1)\) et \(\vec{BC}\,(0\;;\, 1\;;\, 0)\) : produit scalaire nul, droites orthogonales. Mais elles ne se coupent pas, donc pas perpendiculaires — l'arête verticale et une arête du fond, un angle droit à distance.
4. Le vecteur normal et l'équation du plan
Décrire un plan, jusqu'ici, demandait deux vecteurs directeurs. Il y a plus économique : un seul vecteur suffit — à condition de le prendre en dehors du plan. Un vecteur qui lui tourne le dos, perpendiculaire à lui. Sur le graphique, fais glisser \(d\) et regarde ce qui bouge… et surtout ce qui ne bouge pas.
INTERACTIFLe vecteur qui commande le plan
coefficient d de l'équation
P : z = 0
n (0 ; 0 ; 1)d = 0
d translate le plan parallèlement à lui-même, la flèche n ne bouge pas : tous ces plans partagent le même vecteur normal. n donne la direction du plan, d choisit lequel.
Le plan dessiné est celui d'équation ax + by + cz + d = 0, où (a ; b ; c) sont les coordonnées de n. O est l'origine du repère : elle est sur le plan exactement quand d = 0.
DÉFINITION
Un vecteur normal à un plan \(\mathcal{P}\) est un vecteur non nul \(\vec n\) dont la direction est orthogonale à \(\mathcal{P}\) — orthogonal, donc, à tous les vecteurs du plan. D'après la section 3, il suffit qu'il soit orthogonal à deux vecteurs directeurs non colinéaires de \(\mathcal{P}\). Tous les vecteurs normaux d'un même plan sont colinéaires entre eux.
PROPRIÉTÉ — L'ÉQUATION CARTÉSIENNE D'UN PLAN
Soit \(\mathcal{P}\) le plan passant par \(A\), de vecteur normal \(\vec n\). Alors : \(M \in \mathcal{P} \iff \vec{AM} \cdot \vec n = 0\). En coordonnées, cette condition se développe en une équation du premier degré :
$$ax + by + cz + d = 0, \qquad \vec n\,(a\;;\, b\;;\, c)$$
POURQUOI CETTE ÉQUATION ?
Développe \(\vec{AM} \cdot \vec n = 0\) avec \(M\,(x\;;\, y\;;\, z)\) et \(A\,(x_A\;;\, y_A\;;\, z_A)\) : \(a\,(x - x_A) + b\,(y - y_A) + c\,(z - z_A) = 0\), soit \(ax + by + cz + d = 0\) en posant \(d = -(a\,x_A + b\,y_A + c\,z_A)\), le paquet de constantes. Réciproquement, toute équation \(ax + by + cz + d = 0\) (avec \(a\), \(b\), \(c\) non tous nuls) décrit un plan de vecteur normal \(\vec n\,(a\;;\, b\;;\, c)\). Les coefficients de \(x\), \(y\), \(z\) se lisent donc directement — mais \((a\;;\, b\;;\, c)\) est un vecteur, pas un point du plan, et \(d\) n'est la coordonnée de rien : tu l'as vu au curseur, il choisit le plan parmi ses parallèles.
MÉTHODE — L'ÉQUATION D'UN PLAN (UN POINT + \(\vec n\))
1.Écris le squelette : les coordonnées de \(\vec n\,(a\;;\, b\;;\, c)\) donnent \(ax + by + cz + d = 0\), avec \(d\) inconnu.
2.Le plan passe par \(A\) : remplace \(x\), \(y\), \(z\) par les coordonnées de \(A\), et résous en \(d\).
3.Vérifie en retestant \(A\) dans l'équation finale — dix secondes qui rattrapent la moitié des erreurs de signe.
MÉTHODE — PARALLÈLES OU PERPENDICULAIRES, PAR LES NORMALES
1.Lis les vecteurs normaux \(\vec n_1\) et \(\vec n_2\) sur les deux équations.
2.\(\vec n_1\) et \(\vec n_2\) colinéaires → plans parallèles (confondus si une équation est un multiple de l'autre, constante comprise).
Étape 3 — \(\mathcal{P} : 2x - y + z - 4 = 0\). Contrôle en \(A\) : \(2 - 0 + 2 - 4 = 0\), c'est bon.
Conclusion : le squelette vient de \(\vec n\), la constante vient du point. Trente secondes, contrôle compris.
TESTE-TOIQuatre questions sur l'équation
Q1Un vecteur normal du plan \(3x - z + 5 = 0\) est…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — on lit les coefficients de \(x\), \(y\), \(z\) : 3, 0 (pas de \(y\) !) et −1. Le 5, c'est \(d\) : il ne rentre jamais dans \(\vec n\), il choisit le plan parmi ses parallèles.
Q2Le point de coordonnées \((a\;;\, b\;;\, c)\) est-il forcément sur le plan \(ax + by + cz + d = 0\) ?
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — le triplet \((a\;;\, b\;;\, c)\) est un vecteur, \(\vec n\), perpendiculaire au plan. Teste-le : sur \(3x - y + 2z - 5 = 0\), le point \((3\;;\, -1\;;\, 2)\) donne \(9 + 1 + 4 - 5 = 9 \neq 0\).
EXACT — les normales \((1\;;\, -2\;;\, 1)\) et \((2\;;\, -4\;;\, 2)\) sont colinéaires : plans parallèles. Confondus ? En doublant la première équation on obtient \(2x - 4y + 2z + 8 = 0\) : le \(+8\) ne colle pas avec le \(-7\). Parallèles, mais distincts.
Q4Le plan passant par l'origine, de vecteur normal \(\vec n\,(2\;;\, 0\;;\, -1)\), a pour équation…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — squelette \(2x - z + d = 0\) — le 0 en deuxième coordonnée signifie « pas de \(y\) », pas « pas de \(z\) » — et l'origine impose \(d = 0\). Le graphique te l'a montré : le plan passe par O exactement quand \(d = 0\).
5. Le projeté orthogonal et les distances
Retour au mètre ruban, une dernière fois — mais en coordonnées. Tu sais depuis la section 2 que la distance d'un point à un plan se mesure au pied de la perpendiculaire, en \(H\). Ce qui manquait : calculer ce point. Or tu as maintenant tout : la droite qui va de \(M\) au plan « tout droit », c'est celle dirigée par \(\vec n\). Fais courir \(P(t)\) le long de cette droite, et guette le moment où l'équation s'annule.
INTERACTIFDescendre au pied H
t
x + 2y + 2z − 9 = 9 × 0 − 9 = −9
P(0) = (0 ; 0 ; 0)−9 ≠ 0 — pas encore sur le plan
L'équation s'annule en t = 1 : H = M + 1·n, et la distance vaut MH = |t| × ‖n‖ = 1 × 3 = 3. Le trajet en biais de la section 2 est devenu un calcul de trois lignes.
M est à l'origine et n (1 ; 2 ; 2) est le vecteur normal du plan, de norme √(1 + 4 + 4) = 3. Le point P(t) = M + t·n a pour coordonnées (t ; 2t ; 2t) : en le reportant dans l'équation, x + 2y + 2z − 9 = 9t − 9.
DÉFINITION
Le projeté orthogonal d'un point \(M\) sur un plan \(\mathcal{P}\) est le point \(H\) de \(\mathcal{P}\) tel que \((MH) \perp \mathcal{P}\) — autrement dit, \(\vec{MH}\) est colinéaire à \(\vec n\). Sur une droite \(d\), c'est le point \(H\) de \(d\) tel que \(\vec{MH}\) soit orthogonal à \(d\). Si \(M\) est déjà sur le plan (ou la droite), \(H = M\).
PROPRIÉTÉ — LE POINT LE PLUS PROCHE
\(H\) est le point de \(\mathcal{P}\) le plus proche de \(M\) : pour tout autre point \(P\) du plan, \(MP > MH\) — c'est le Pythagore de la section 2, \(MP^2 = MH^2 + HP^2\). La distance de \(M\) à \(\mathcal{P}\) est donc \(MH\). Même définition pour la distance de \(M\) à une droite.
MÉTHODE — DISTANCE D'UN POINT À UN PLAN
1.Lis \(\vec n\) sur l'équation du plan, et pose \(H = M + t\,\vec n\) : les coordonnées de \(H\) s'écrivent en fonction de \(t\).
2.\(H\) est sur le plan : reporte ses coordonnées dans l'équation et résous en \(t\) — l'équation obtenue est toujours du premier degré.
3.Conclus : \(MH = |t| \times \lVert\vec n\rVert\). Et tu as les coordonnées de \(H\) en prime.
EXEMPLE RÉSOLU — LE CALCUL DU GRAPHIQUE
Dans un repère orthonormé, calcule la distance du point \(M\,(0\;;\, 0\;;\, 0)\) au plan \(\mathcal{P} : x + 2y + 2z - 9 = 0\) — celui du graphique.
Étape 1 — \(\vec n\,(1\;;\, 2\;;\, 2)\), et \(H = M + t\,\vec n\) a pour coordonnées \((t\;;\, 2t\;;\, 2t)\).
Conclusion : la distance vaut 3, et le pied du fil à plomb a des coordonnées. Poser \(H = M + t\,\vec n\), reporter, conclure : c'est LA méthode attendue au bac.
MÉTHODE — PROJETÉ ORTHOGONAL SUR UNE DROITE
1.La droite passe par \(A\), dirigée par \(\vec u\) : pose \(H = A + t\,\vec u\).
2.Écris la condition d'orthogonalité \(\vec{MH} \cdot \vec u = 0\), et résous en \(t\).
3.Conclus avec les coordonnées de \(H\), et la distance \(MH\) si on la demande.
EXEMPLE RÉSOLU — SUR UNE DROITE, MÊME RÉFLEXE
La droite \(d\) passe par \(A\,(1\;;\, 0\;;\, 2)\) et est dirigée par \(\vec u\,(1\;;\, 1\;;\, 0)\). Détermine le projeté orthogonal \(H\) de \(M\,(3\;;\, 2\;;\, 4)\) sur \(d\).
Étape 1 — \(H = A + t\,\vec u\) : \(H\,(1 + t\;;\, t\;;\, 2)\), donc \(\vec{MH}\,(t - 2\;;\, t - 2\;;\, -2)\).
Étape 3 — \(\vec{MH}\,(0\;;\, 0\;;\, -2)\) : la distance de \(M\) à \(d\) vaut \(MH = 2\).
Conclusion : même stratégie que pour le plan — un point qui court sur la droite, une condition d'orthogonalité, un \(t\).
À RETENIR
Distance d'un point à un plan : pose \(H = M + t\,\vec n\), reporte dans l'équation, et \(MH = |t| \times \lVert\vec n\rVert\). Jamais de mesure en biais : toujours le projeté.
TESTE-TOITrois questions pour finir
Q1La distance du point \(M\) au plan \(\mathcal{P}\), c'est…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — le pied de la perpendiculaire, le point le plus proche. La valeur de l'équation en \(M\) dit seulement si \(M\) est sur le plan (zéro) ou pas (non nul) : ce n'est pas une longueur. Il faut descendre au pied \(H\).
Q2\(M\,(0\;;\, 0\;;\, 0)\) et \(\mathcal{P} : x + 2y + 2z - 9 = 0\). La distance de \(M\) à \(\mathcal{P}\) vaut…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — \(H = M + t\,\vec n\) donne \(9t - 9 = 0\), donc \(t = 1\) et \(MH = 1 \times \lVert\vec n\rVert = 3\). Le 9, c'est la valeur de l'équation en \(M\), pas la distance ; et \(t = 1\) n'est pas la distance non plus : il faut le multiplier par \(\lVert\vec n\rVert\).
Q3Pour mesurer la distance d'un point à un plan, on mesure…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — perpendiculaire au plan, pas verticale : si le plan est incliné (la rampe de l'exercice 14), la verticale mesure trop long. Tout segment en biais est une hypoténuse — c'est le graphique de la section 2.
LES PIÈGES CLASSIQUES
« \(\vec u \cdot \vec v = 0\), donc \(\vec u = \vec 0\) ou \(\vec v = \vec 0\) ». Non : un produit scalaire nul dit que l'angle est droit, pas qu'un vecteur est nul. C'est un produit de réels qui a forcément un facteur nul — pas un produit scalaire : \(\vec u\,(1\;;\, -2\;;\, 2)\) et \(\vec v\,(2\;;\, 1\;;\, 0)\) sont non nuls et \(\vec u \cdot \vec v = 0\).
Orthogonale à une droite du plan, donc perpendiculaire au plan. Il en faut deux, sécantes. L'oblique de la section 3 fait 90° avec une droite du sol et 45° avec une autre : elle n'est pas perpendiculaire au sol. Deux produits scalaires nuls, toujours.
Confondre vecteur normal et vecteur directeur. \(\vec n\) est orthogonal au plan : il ne le dirige pas, il le commande de l'extérieur. Les vecteurs directeurs sont dans le plan, le vecteur normal lui est perpendiculaire — ne mélange pas les rôles dans un calcul.
Lire \((a\;;\, b\;;\, c)\) comme un point du plan. Dans \(ax + by + cz + d = 0\), le triplet \((a\;;\, b\;;\, c)\) est le vecteur normal \(\vec n\) — le point de coordonnées \((a\;;\, b\;;\, c)\) n'a aucune raison d'être sur le plan. Et \(d\) n'est la coordonnée de rien : il choisit le plan parmi ses parallèles.
Mesurer une distance en biais. La distance d'un point à un plan (ou à une droite), c'est toujours celle du projeté orthogonal \(H\) — le plus court chemin. Tout autre segment est une hypoténuse : trop long, par le Pythagore de la section 2.
L'ESSENTIEL EN 5 LIGNES
PRODUIT SCALAIRE
\(\vec u \cdot \vec v = x\,x' + y\,y' + z\,z'\) en base orthonormée — toutes les formules de Première restent valables dans l'espace.
ORTHOGONAUX
\(\vec u \cdot \vec v = 0\) ; et \(d \perp \mathcal{P}\) dès que \(d\) est orthogonale à deux droites sécantes de \(\mathcal{P}\).
NORMALE
\(\vec n\) non nul, orthogonal au plan ; \(M \in \mathcal{P} \iff \vec{AM} \cdot \vec n = 0\).
ÉQUATION
\(ax + by + cz + d = 0\), avec \(\vec n\,(a\;;\, b\;;\, c)\) lisible sur les coefficients — et \(d\) n'est pas une coordonnée.
DISTANCE
Pose \(H = M + t\,\vec n\), reporte dans l'équation : \(MH = |t| \times \lVert\vec n\rVert\).
Exercices
15 corrigés
Commence par le niveau 1. Cherche vraiment avant d'ouvrir le corrigé — c'est là que ça rentre. Les exercices suivent l'ordre du cours : produits scalaires, orthogonalité de droites et de plans, équations cartésiennes, projetés et distances, et un problème pour finir. Sauf mention contraire, les repères sont orthonormés.
EXERCICE 01 · produit scalaireniveau 1
a. Calcule \(\vec u \cdot \vec v\) pour \(\vec u\,(2\;;\, 3\;;\, -1)\) et \(\vec v\,(1\;;\, -2\;;\, 4)\). b. Calcule \(\vec a \cdot \vec b\) pour \(\vec a\,(5\;;\, -2\;;\, 1)\) et \(\vec b\,(0\;;\, 3\;;\, 6)\) : que peux-tu en déduire ? c. Calcule \(\lVert\vec w\rVert\) pour \(\vec w\,(2\;;\, -2\;;\, 1)\).
CORRIGÉ
a. — \(\vec u \cdot \vec v = 2 \times 1 + 3 \times (-2) + (-1) \times 4 = 2 - 6 - 4 = -8\).
b. — \(\vec a \cdot \vec b = 0 - 6 + 6 = 0\) : les deux vecteurs sont non nuls et leur produit scalaire est nul — ils sont orthogonaux.
Conclusion : un produit scalaire se calcule en une ligne — et \(\lVert\vec w\rVert^2 = \vec w \cdot \vec w\) : la norme est un produit scalaire déguisé.
EXERCICE 02 · vecteurs orthogonauxniveau 1
On donne \(\vec u\,(2\;;\, k\;;\, -3)\) et \(\vec v\,(4\;;\, 1\;;\, k)\). Détermine le réel \(k\) pour que \(\vec u\) et \(\vec v\) soient orthogonaux.
CORRIGÉ
Étape 1 — \(\vec u \cdot \vec v = 2 \times 4 + k \times 1 + (-3) \times k = 8 - 2k\).
Étape 2 — Orthogonaux \(\iff \vec u \cdot \vec v = 0 \iff 8 - 2k = 0 \iff k = 4\).
Conclusion : traduis toujours « orthogonaux » par « produit scalaire nul » — le reste est une équation en \(k\), pas de la divination.
EXERCICE 03 · triangle rectangleniveau 1
On donne \(A\,(1\;;\, 0\;;\, 1)\), \(B\,(2\;;\, 2\;;\, 3)\) et \(C\,(3\;;\, -1\;;\, 1)\). Montre que le triangle \(ABC\) est rectangle en \(A\).
CORRIGÉ
Étape 1 — \(\vec{AB}\,(1\;;\, 2\;;\, 2)\) et \(\vec{AC}\,(2\;;\, -1\;;\, 0)\) — coordonnées de l'arrivée moins celles du départ.
Étape 2 — \(\vec{AB} \cdot \vec{AC} = 2 - 2 + 0 = 0\) : les vecteurs sont orthogonaux, l'angle en \(A\) est droit.
Étape 3 — Contrôle par Pythagore : \(AB^2 = 9\), \(AC^2 = 5\) et \(\vec{BC}\,(1\;;\, -3\;;\, -2)\) donne \(BC^2 = 14 = 9 + 5\), cohérent.
Conclusion : « rectangle en \(A\) » = les deux vecteurs partant de \(A\) sont orthogonaux. Le sommet de l'angle droit est toujours le point de départ commun.
EXERCICE 04 · droite ⊥ plan dans le cubeniveau 2
\(ABCDEFGH\) est un cube. Dans le repère orthonormé \((A\;;\, \vec{AB},\, \vec{AD},\, \vec{AE})\), montre que la droite \((AC)\) est perpendiculaire au plan \((BDF)\).
CORRIGÉ
Étape 1 — \(\vec{AC}\,(1\;;\, 1\;;\, 0)\) ; \(B\,(1\;;\, 0\;;\, 0)\), \(D\,(0\;;\, 1\;;\, 0)\), \(F\,(1\;;\, 0\;;\, 1)\) donnent \(\vec{BD}\,(-1\;;\, 1\;;\, 0)\) et \(\vec{BF}\,(0\;;\, 0\;;\, 1)\), non colinéaires : \((BD)\) et \((BF)\) sont deux droites sécantes (en \(B\)) du plan \((BDF)\).
Étape 3 — \((AC)\) est orthogonale à deux droites sécantes de \((BDF)\) : elle est perpendiculaire à ce plan.
Conclusion : deux produits scalaires, pas plus — vérifier une troisième droite du plan serait du zèle inutile, la propriété fait le travail.
EXERCICE 05 · orthogonales, pas perpendiculairesniveau 2
Toujours dans le cube, avec le même repère. a. Montre que les droites \((AG)\) et \((BD)\) sont orthogonales. b. Sont-elles perpendiculaires ?
CORRIGÉ
a. — \(\vec{AG}\,(1\;;\, 1\;;\, 1)\) et \(\vec{BD}\,(-1\;;\, 1\;;\, 0)\) : \(\vec{AG} \cdot \vec{BD} = -1 + 1 + 0 = 0\). Les droites sont orthogonales.
b. — Perpendiculaires = orthogonales et sécantes. Or tout point de \((BD)\) a une cote nulle ; sur \((AG)\), seul \(A\) a une cote nulle, et \(A\) n'appartient pas à \((BD)\). Les deux droites ne se coupent pas : orthogonales, mais pas perpendiculaires.
Conclusion : la grande diagonale croise la diagonale de la base « à angle droit, à distance ». Le produit scalaire teste les directions — être sécantes est une question à part.
EXERCICE 06 · lire le vecteur normalniveau 1
Donne un vecteur normal de chacun des plans : a. \(3x - y + 2z - 5 = 0\) ; b. \(x - 4 = 0\) ; c. \(2y + z = 0\). d. Le point \(K\,(3\;;\, -1\;;\, 2)\) appartient-il au plan du a. ?
CORRIGÉ
a. — \(\vec n\,(3\;;\, -1\;;\, 2)\) : les coefficients de \(x\), \(y\), \(z\).
b. — \(\vec n\,(1\;;\, 0\;;\, 0)\) : pas de \(y\) ni de \(z\) dans l'équation, donc des zéros — et le \(-4\) est \(d\), pas une coordonnée.
c. — \(\vec n\,(0\;;\, 2\;;\, 1)\) — ou tout vecteur colinéaire.
d. — \(3 \times 3 - (-1) + 2 \times 2 - 5 = 9 + 1 + 4 - 5 = 9 \neq 0\) : non. \((3\;;\, -1\;;\, 2)\) est le vecteur normal du plan, pas un de ses points.
Conclusion : \(\vec n\) se lit sur les coefficients, l'appartenance se teste en remplaçant. Deux gestes différents — le d. est exactement le piège n° 4.
EXERCICE 07 · écrire l'équationniveau 2
Détermine une équation cartésienne du plan passant par \(A\,(2\;;\, -1\;;\, 3)\), de vecteur normal \(\vec n\,(1\;;\, -2\;;\, 2)\).
CORRIGÉ
Étape 1 — Squelette : \(x - 2y + 2z + d = 0\).
Étape 2 — \(A\) est dessus : \(2 - 2 \times (-1) + 2 \times 3 + d = 2 + 2 + 6 + d = 0\), donc \(d = -10\).
Étape 3 — \(\mathcal{P} : x - 2y + 2z - 10 = 0\). Contrôle en \(A\) : \(2 + 2 + 6 - 10 = 0\), c'est bon.
Conclusion : squelette, point, contrôle. L'erreur classique est un signe perdu dans \(-2 \times (-1)\) — le contrôle final la rattrape à tous les coups.
EXERCICE 08 · appartenance à un planniveau 2
Soit \(\mathcal{P} : 2x + y - z + 3 = 0\). a. Le point \(A\,(1\;;\, -1\;;\, 4)\) appartient-il à \(\mathcal{P}\) ? b. Et \(B\,(0\;;\, 2\;;\, 1)\) ? c. Détermine le réel \(z_C\) pour que \(C\,(1\;;\, 1\;;\, z_C)\) appartienne à \(\mathcal{P}\).
Conclusion : appartenir au plan = vérifier l'équation, rien d'autre. Le c. montre l'équation à l'envers : on impose l'appartenance, elle fixe la coordonnée manquante.
EXERCICE 09 · parallèles ou perpendiculairesniveau 2
Soient \(\mathcal{P}_1 : x - 2y + 3z - 1 = 0\), \(\mathcal{P}_2 : -2x + 4y - 6z + 5 = 0\) et \(\mathcal{P}_3 : x + 2y + z = 0\). a. Montre que \(\mathcal{P}_1\) et \(\mathcal{P}_2\) sont strictement parallèles. b. Montre que \(\mathcal{P}_1\) et \(\mathcal{P}_3\) sont perpendiculaires.
CORRIGÉ
a. — \(\vec n_1\,(1\;;\, -2\;;\, 3)\) et \(\vec n_2\,(-2\;;\, 4\;;\, -6) = -2\,\vec n_1\) : normales colinéaires, plans parallèles. Confondus ? En multipliant l'équation de \(\mathcal{P}_1\) par \(-2\) : \(-2x + 4y - 6z + 2 = 0\), et \(2 \neq 5\) : parallèles stricts.
Conclusion : toute la géométrie relative des plans se lit sur leurs normales — colinéaires pour parallèles, produit scalaire nul pour perpendiculaires.
EXERCICE 10 · plan médiateurniveau 3
On donne \(A\,(1\;;\, 3\;;\, -2)\) et \(B\,(3\;;\, -1\;;\, 0)\). Le plan médiateur de \([AB]\) est le plan perpendiculaire à \((AB)\) passant par le milieu de \([AB]\). a. Détermine une équation de ce plan. b. Contrôle : calcule la valeur de \(x - 2y + z + 1\) en \(A\), puis en \(B\). Qu'observes-tu ?
CORRIGÉ
Étape 1 — Milieu \(I\,(2\;;\, 1\;;\, -1)\), et \(\vec{AB}\,(2\;;\, -4\;;\, 2)\) est normal au plan — on prend plus simple : \(\vec n\,(1\;;\, -2\;;\, 1)\), colinéaire.
Étape 2 — Squelette \(x - 2y + z + d = 0\), par \(I\) : \(2 - 2 - 1 + d = 0\), donc \(d = 1\). Le plan médiateur a pour équation \(x - 2y + z + 1 = 0\).
b. — En \(A\) : \(1 - 6 - 2 + 1 = -6\). En \(B\) : \(3 + 2 + 0 + 1 = 6\). Valeurs opposées : \(A\) et \(B\) sont de part et d'autre du plan, à égale distance — normal, il est l'ensemble des points équidistants de \(A\) et de \(B\).
Conclusion : la médiatrice de Seconde, version espace — une droite perpendiculaire devient un plan perpendiculaire, le milieu reste le milieu.
EXERCICE 11 · distance à un planniveau 2
Soient \(\mathcal{P} : 2x - y + 2z - 6 = 0\) et \(M\,(1\;;\, 2\;;\, 0)\). a. Justifie que \(M \notin \mathcal{P}\). b. Détermine les coordonnées du projeté orthogonal \(H\) de \(M\) sur \(\mathcal{P}\). c. Déduis-en la distance de \(M\) à \(\mathcal{P}\).
CORRIGÉ
a. — \(2 - 2 + 0 - 6 = -6 \neq 0\) : \(M\) n'est pas sur le plan.
b. — \(\vec n\,(2\;;\, -1\;;\, 2)\) et \(H = M + t\,\vec n\) : \(H\,(1 + 2t\;;\, 2 - t\;;\, 2t)\). Report dans l'équation : \(2\,(1 + 2t) - (2 - t) + 2 \times 2t - 6 = 9t - 6 = 0\), donc \(t = \dfrac{2}{3}\) et \(H\left(\dfrac{7}{3}\;;\, \dfrac{4}{3}\;;\, \dfrac{4}{3}\right)\).
Conclusion : \(t\) n'a pas besoin d'être joli — le \(\lVert\vec n\rVert = 3\) remet tout au propre. Poser, reporter, conclure.
EXERCICE 12 · distance dans le cubeniveau 2
Dans le cube \(ABCDEFGH\), repère \((A\;;\, \vec{AB},\, \vec{AD},\, \vec{AE})\). a. Montre que \(\vec n\,(1\;;\, 1\;;\, 0)\) est un vecteur normal au plan \((BDH)\). b. Déduis-en une équation de \((BDH)\), et vérifie que \(F\) appartient à ce plan. c. Calcule la distance de \(A\) au plan \((BDH)\).
CORRIGÉ
a. — \(B\,(1\;;\, 0\;;\, 0)\), \(D\,(0\;;\, 1\;;\, 0)\), \(H\,(0\;;\, 1\;;\, 1)\) : \(\vec{BD}\,(-1\;;\, 1\;;\, 0)\) et \(\vec{BH}\,(-1\;;\, 1\;;\, 1)\), non colinéaires. \(\vec n \cdot \vec{BD} = -1 + 1 + 0 = 0\) et \(\vec n \cdot \vec{BH} = -1 + 1 + 0 = 0\) : \(\vec n\) est normal au plan.
b. — \(x + y + d = 0\), par \(B\) : \(1 + d = 0\), donc \(x + y - 1 = 0\). Et \(F\,(1\;;\, 0\;;\, 1)\) : \(1 + 0 - 1 = 0\), oui — le plan est la « tranche » diagonale \(BDHF\) du cube.
c. — \(A + t\,\vec n = (t\;;\, t\;;\, 0)\) ; report : \(2t - 1 = 0\), donc \(t = \dfrac{1}{2}\), pied \(K\left(\dfrac{1}{2}\;;\, \dfrac{1}{2}\;;\, 0\right)\) — le centre de la face \(ABCD\). Distance : \(AK = \dfrac{1}{2} \times \sqrt{2} = \dfrac{\sqrt{2}}{2}\).
Conclusion : \(\dfrac{\sqrt{2}}{2} \approx 0{,}71\), la demi-diagonale d'une face — cohérent, le projeté de \(A\) tombe au centre du carré. Toujours confronter le calcul au dessin.
EXERCICE 13 · projeté sur une droiteniveau 2
La droite \(d\) passe par \(A\,(0\;;\, 1\;;\, -1)\) et est dirigée par \(\vec u\,(2\;;\, 1\;;\, 2)\). On donne \(M\,(0\;;\, 4\;;\, 2)\). a. Détermine le projeté orthogonal \(H\) de \(M\) sur \(d\). b. Déduis-en la distance de \(M\) à \(d\).
CORRIGÉ
a. — \(H = A + t\,\vec u\) : \(H\,(2t\;;\, 1 + t\;;\, -1 + 2t)\), donc \(\vec{MH}\,(2t\;;\, t - 3\;;\, 2t - 3)\). Condition : \(\vec{MH} \cdot \vec u = 4t + (t - 3) + (4t - 6) = 9t - 9 = 0\), donc \(t = 1\) et \(H\,(2\;;\, 2\;;\, 1)\).
Conclusion : sur une droite, la condition n'est plus « \(H\) vérifie l'équation » mais « \(\vec{MH} \perp \vec u\) » — le même \(t\) à trouver, par un autre chemin.
EXERCICE 14 · problèmeniveau 3
Un skatepark installe une rampe plane. Dans un repère orthonormé d'unité 1 dm, le plan de la rampe a pour équation \(x + 2y + 2z - 18 = 0\), et un capteur de choc est fixé au point \(M\,(1\;;\, 2\;;\, 2)\), sous la rampe. Le fabricant exige que le capteur soit à au moins 2,5 dm de la rampe. a. Vérifie que \(M\) n'est pas sur le plan de la rampe. b. Détermine les coordonnées du projeté orthogonal \(H\) de \(M\) sur ce plan. c. L'exigence du fabricant est-elle respectée ?
CORRIGÉ
a. — \(1 + 4 + 4 - 18 = -9 \neq 0\) : le capteur n'est pas sur la rampe.
c. — \(MH = |t| \times \lVert\vec n\rVert = 1 \times \sqrt{1 + 4 + 4} = 3\) dm. Or \(3 \geq 2{,}5\) : oui, l'exigence est respectée, avec 0,5 dm de marge — 5 cm.
Conclusion : la méthode du cours, habillée en décimètres — et une réponse à la question posée : oui ou non, avec la marge. La distance se mesure perpendiculairement à la rampe, pas à la verticale du capteur.
VERS LE BAC — EXERCICE 15≈ 45 MIN · SANS CALCULATRICE
\(ABCDEFGH\) est un cube d'arête 1. On se place dans le repère orthonormé \((A\;;\, \vec{AB},\, \vec{AD},\, \vec{AE})\). On s'intéresse au plan \((BDE)\) et à la grande diagonale \([AG]\) du cube.
PARTIE A
Donne les coordonnées des points \(B\), \(D\), \(E\) et \(G\).
Montre que \(\vec n\,(1\;;\, 1\;;\, 1)\) est un vecteur normal au plan \((BDE)\).
Déduis-en que le plan \((BDE)\) a pour équation \(x + y + z - 1 = 0\).
PARTIE B
Justifie que la droite \((AG)\) est perpendiculaire au plan \((BDE)\).
On pose \(H = G + t\,\vec n\). Détermine le réel \(t\) pour lequel \(H\) appartient au plan \((BDE)\), et donne les coordonnées de \(H\).
Déduis-en la valeur exacte de la distance du point \(G\) au plan \((BDE)\).
Vérifie que \(H\) appartient au segment \([AG]\). Où se trouve-t-il exactement ?
A.2 — \(\vec{BD}\,(-1\;;\, 1\;;\, 0)\) et \(\vec{BE}\,(-1\;;\, 0\;;\, 1)\), non colinéaires : \(\vec n \cdot \vec{BD} = -1 + 1 + 0 = 0\) et \(\vec n \cdot \vec{BE} = -1 + 0 + 1 = 0\). Orthogonal à deux vecteurs directeurs non colinéaires du plan, \(\vec n\) est normal à \((BDE)\).
A.3 — Équation \(x + y + z + d = 0\) ; par \(B\) : \(1 + d = 0\), donc \(x + y + z - 1 = 0\). Contrôle : \(D\) et \(E\) la vérifient aussi.
B.1 — \(\vec{AG}\,(1\;;\, 1\;;\, 1) = \vec n\) : la droite \((AG)\) est dirigée par un vecteur normal de \((BDE)\), donc perpendiculaire au plan.
B.3 — \(GH = |t| \times \lVert\vec n\rVert = \dfrac{2}{3}\sqrt{3} = \dfrac{2\sqrt{3}}{3}\) (\(\approx 1{,}15\) — la valeur exacte est exigée, la décimale sert de contrôle : moins que l'arête diagonale \(\sqrt{3} \approx 1{,}73\), plausible).
B.4 — \(\vec{AH} = \dfrac{1}{3}\,\vec{AG}\) : \(H\) est sur \([AG]\), au tiers du chemin depuis \(A\). La grande diagonale perce le plan \((BDE)\) au tiers de sa longueur — un classique du cube à retenir.