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Vecteurs, droites et plans de l'espace

CE QUE TU DOIS SAVOIR FAIRE — justifier la position relative de deux droites, d'une droite et d'un plan ou de deux plans dans un cube, montrer que trois vecteurs sont coplanaires (\(\vec w = a\vec u + b\vec v\)), et calculer dans un repère de l'espace : coordonnées, vecteur \(\overrightarrow{AB}\), milieu, alignement.

≈ 60 min de travail · 15 exercices corrigés · mis à jour août 2026
SOMMAIRE

1. La troisième dimension

Une mouche entre dans ta chambre et se pose sur le mur, au-dessus du bureau. Pour dire où elle est, deux nombres suffisent : à 1 m du coin, à 1,50 m du sol. Le mur est un plan — et sur un plan, tu sais tout faire : repères, vecteurs, équations de droites, toute la géométrie de Première.

Puis la mouche décolle. La voilà en vol, quelque part au milieu de la pièce. Tes deux nombres ne la retrouvent plus : il en faut un troisième, la hauteur. Bienvenue dans l'espace — trois dimensions, trois nombres. Tout ce chapitre tient dans ce saut-là.

POURQUOI UNE MOUCHE ?

La légende raconte que Descartes, cloué au lit, suivait des yeux une mouche au plafond et se demanda comment décrire sa position à chaque instant. Sa réponse — des nombres mesurés le long d'axes — a donné les coordonnées : celles de Seconde comme celles de ce chapitre. La mouche reviendra à la section 5, pour être épinglée par trois nombres.

Avant les coordonnées, un avertissement. Dans l'espace, tout se dessine sur une feuille… plate. Le dessin écrase la profondeur : deux traits qui se croisent sur le papier ne se touchent pas forcément en vrai — l'un passe peut-être loin derrière l'autre. Regarde le cube ABCDEFGH ci-dessous, l'avatar mathématique de ta chambre, et les droites (AB) et (CG) : elles ont l'air de se couper.

(AB) (CG) A B C D E F G H
Sur la feuille, les droites (AB) et (CG), prolongées, se croisent bel et bien. Mais se coupent-elles vraiment ? Réponse à la section 2 — et c'est toi qui trancheras.

2. Tourne autour du cube

Sur un dessin figé, impossible de trancher. Dans la vraie vie, tu ferais quoi ? Tu bougerais la tête pour voir la scène sous un autre angle. Fais exactement ça : attrape la figure et fais-la tourner (ou joue du curseur). Surveille le « croisement » de (AB) et (CG)… puis teste les deux autres paires de droites.

INTERACTIF Deux droites, trois verdicts
couple : (AB) et (CG) elles se croisent à l'écran… mais jamais dans l'espace vue : 38°
Les arêtes en pointillés sont à l'arrière du cube. Les droites sont prolongées au-delà des sommets — une droite ne s'arrête jamais. Balaye franchement la vue : le verdict s'affiche quand tu as assez tourné.

Ce que tes yeux viennent de comprendre, le vocabulaire le fixe. Il y a trois situations possibles pour deux droites de l'espace — dont une qui n'existait pas dans le plan.

DÉFINITION

Deux droites de l'espace sont coplanaires s'il existe un plan qui les contient toutes les deux — c'est le cas exactement quand elles sont sécantes ou parallèles. Sinon, elles sont non coplanaires : ni point commun, ni même direction. C'est le cas de (AB) et (CG).

DEUX DROITES DE L'ESPACE la dernière ligne est la nouveauté
positionpoints communsdirectionscoplanaires ?
sécantesun seuldifférentesoui
strictement parallèlesaucunla mêmeoui
confonduestousla mêmeoui
non coplanairesaucundifférentesnon
À RETENIR

Dans l'espace, on ne conclut jamais sur un dessin. Ce qui se croise sur la feuille ne se coupe pas forcément — seul un raisonnement (point commun ? même direction ?) fait preuve.

TESTE-TOI Trois questions, trente secondes

Q1Dans l'espace, deux droites sans aucun point commun sont…

Q2Sur la feuille, deux droites se croisent. Dans l'espace…

Q3Deux droites sécantes sont-elles coplanaires ?

3. Les plans de l'espace

Pourquoi un appareil photo tient-il parfaitement sur un trépied — et jamais sur une table bancale à quatre pieds ? Parce que trois points non alignés définissent un plan, un seul : les trois pieds y posent leurs pointes. Un quatrième pied n'a aucune raison d'être dans ce plan-là. Le plan est le deuxième personnage de l'espace — une feuille infinie et plate qu'on fait passer par trois points.

Ci-dessous, le sol du cube — le plan (ABC) — est matérialisé par un quadrillage. Trois droites du cube à tester : combien de points communs chacune partage-t-elle avec le sol ? Fais ton pronostic, puis tourne la vue pour vérifier.

INTERACTIF Une droite face à un plan
droite : (FH) aucun point commun

Le quadrillage matérialise le plan (ABC), le « sol ». Un plan est infini : le bord dessiné n'est qu'un cadre.
DÉFINITION

Un plan de l'espace est déterminé par trois points non alignés — ou, ce qui revient au même, par un point et deux vecteurs non colinéaires \(\vec u\) et \(\vec v\), qui donnent ses deux directions. On note (ABC) le plan passant par A, B et C. À l'intérieur de chaque plan, toute ta géométrie plane (Thalès, Pythagore, vecteurs…) s'applique telle quelle.

UNE DROITE ET UN PLAN 3 positions
positionpoints communs
sécantsun seul
strictement parallèlesaucun
droite incluse dans le plantoute la droite
DEUX PLANS 3 positions aussi
positionpoints communs
sécantsune droite entière
strictement parallèlesaucun
confondustout le plan
PROPRIÉTÉ — LE THÉORÈME DU TOIT

Si deux droites \(d\) et \(d'\) sont parallèles, si un plan \(P\) contient \(d\), un plan \(P'\) contient \(d'\), et si \(P\) et \(P'\) sont sécants selon une droite \(\Delta\), alors \(\Delta\) est parallèle à \(d\) et à \(d'\). Image à garder : le faîte d'un toit est parallèle aux deux gouttières.

MÉTHODE — MONTRER QU'UNE DROITE EST PARALLÈLE À UN PLAN
1.Cherche un témoin : une droite contenue dans le plan qui a la même direction que \(d\) (souvent via un parallélogramme de la figure).
2.Vérifie que \(d\) n'est pas incluse dans le plan : un seul point de \(d\) hors du plan suffit.
3.Conclus : \(d\) est parallèle à une droite du plan sans y être incluse, donc \(d\) est strictement parallèle au plan.
EXEMPLE RÉSOLU — (EG) ET LE PLAN (ABC)

Dans le cube ABCDEFGH, montre que la droite (EG) est parallèle au plan (ABC).

Étape 1 — le témoin. Les arêtes [AE] et [CG] sont parallèles et de même longueur, donc ACGE est un parallélogramme : (EG) est parallèle à (AC).

Étape 2 — (AC) est contenue dans le plan (ABC) ; et E n'appartient pas à ce plan (E est au plafond, pas au sol) : (EG) n'y est pas incluse.

Étape 3 — (EG) est parallèle à une droite du plan (ABC) sans y être incluse.

Conclusion : (EG) est strictement parallèle au plan (ABC). Le témoin d'abord, toujours — c'est le geste que le graphique répétait avec (FH) et son témoin (BD).

TESTE-TOI Encore trois sur les plans

Q1Trois points de l'espace définissent-ils toujours un plan ?

Q2Dans le cube, la droite (FH) et le plan (ABC) — le sol — sont…

Q3Pour prouver qu'une droite \(d\) est parallèle à un plan \(P\), il suffit de trouver…

4. Vecteurs et coplanarité

Bonne nouvelle : tes vecteurs de Première montent dans l'espace sans une seule retouche. La relation de Chasles \(\overrightarrow{AB} + \overrightarrow{BC} = \overrightarrow{AC}\), la colinéarité, le parallélogramme, le milieu… tout fonctionne à l'identique. La vraie nouveauté est ailleurs. Dans le plan, deux vecteurs non colinéaires engendraient tout. Dans l'espace, deux vecteurs n'engendrent… qu'un plan.

La preuve en jeu. Ci-dessous, \(\vec u\) et \(\vec v\) engendrent le plan quadrillé, et les deux curseurs fabriquent \(\vec w = a\,\vec u + b\,\vec v\). Trois cibles à atteindre avec la pointe de \(\vec w\) — l'une des trois va te résister, et c'est elle qui contient toute la leçon.

INTERACTIF Atteindre la cible
w = 1·u + 1·v = (1 ; 1 ; 0,5)
cible T₁ (2 ; 1,5 ; 0,75) la pointe reste dans le plan (O ; u, v)

Le quadrillage est l'ensemble des points a·u + b·v : le plan engendré par u et v. Les curseurs avancent par pas de 0,5 — les cibles du plan tombent toujours pile sur un nœud.

Ce que le jeu vient de te faire vivre porte un nom.

DÉFINITION

Trois vecteurs sont coplanaires si, tracés depuis un même point, ils tiennent dans un même plan. Lorsque \(\vec u\) et \(\vec v\) ne sont pas colinéaires, cela se traduit par : \(\vec w\) est coplanaire à \(\vec u\) et \(\vec v\) si et seulement s'il existe deux réels \(a\) et \(b\) tels que :

$$\vec w = a\,\vec u + b\,\vec v$$
PROPRIÉTÉ — LA DÉCOMPOSITION

Si \(\vec u\), \(\vec v\), \(\vec w\) ne sont pas coplanaires, alors tout vecteur \(\vec t\) de l'espace s'écrit d'une seule façon \(\vec t = x\,\vec u + y\,\vec v + z\,\vec w\). Trois vecteurs bien choisis suffisent à écrire tout l'espace — c'est le billet d'entrée de la section 5.

En pratique, les vecteurs sont donnés par leurs trois coordonnées — leur définition officielle arrive à la section 5, mais tu peux déjà calculer avec : elles fonctionnent comme dans le plan, avec une ligne de plus.

MÉTHODE — MONTRER QUE TROIS VECTEURS SONT COPLANAIRES
1.Écris \(\vec w = a\,\vec u + b\,\vec v\) et traduis coordonnée par coordonnée : trois équations, deux inconnues \(a\) et \(b\).
2.Résous le système formé par deux des équations — choisis les plus simples.
3.Vérifie la troisième équation avec les valeurs trouvées. Elle est vraie ? Coplanaires. Elle échoue ? Non coplanaires — c'est une réponse tout aussi valable.
EXEMPLE RÉSOLU — LE SYSTÈME ET L'ÉQUATION DE TROP

Les vecteurs \(\vec u\,(1\;;\, 1\;;\, 0)\), \(\vec v\,(1\;;\, -1\;;\, 1)\) et \(\vec w\,(5\;;\, 1\;;\, 2)\) sont-ils coplanaires ?

Étape 1 — on cherche \(a\) et \(b\) tels que \(\vec w = a\,\vec u + b\,\vec v\), c'est-à-dire : \(a + b = 5\) (sur \(x\)), \(a - b = 1\) (sur \(y\)), \(b = 2\) (sur \(z\)).

Étape 2 — les deux premières équations donnent, par somme et différence : \(2a = 6\) puis \(2b = 4\), soit \(a = 3\) et \(b = 2\).

Étape 3 — vérification sur \(z\) : \(b = 2\) ✓.

Conclusion : \(\vec w = 3\,\vec u + 2\,\vec v\) : les trois vecteurs sont coplanaires. L'équation de trop est le juge de paix — si elle avait échoué, la réponse aurait été « non coplanaires », et c'est tout aussi conclusif.

TESTE-TOI Trois sur la coplanarité

Q1\(\vec u\) et \(\vec v\) ne sont pas colinéaires. Le vecteur \(\vec w\) leur est coplanaire quand…

Q2Dans le graphique, la cible T₂ (1 ; 1 ; 1,5) était inatteignable parce que…

Q3A, B, C ne sont pas alignés. Les quatre points A, B, C, D sont coplanaires quand…

5. Le repère de l'espace

La mouche est revenue — et cette fois, tu as tout pour l'épingler. Choisis un coin O de la chambre et trois directions le long des murs : \(\vec i\), \(\vec j\) et \(\vec k\), trois vecteurs non coplanaires. Puis compte : 3 mètres le long d'une plinthe, 2 mètres le long de l'autre, 2 mètres de hauteur. Trois nombres, un point, zéro ambiguïté.

Pilote le point M avec les trois curseurs et regarde l'escalier qui le construit : d'abord \(x\) le long de \(\vec i\), puis \(y\) le long de \(\vec j\), puis \(z\) vers le haut. Le préréglage retrouve la mouche.

INTERACTIF Trois nombres, un point
OM = 1·i + 1·j + 1·k
M = (1 ; 1 ; 1)

La chambre : 4 m × 3 m × 2,50 m. L'escalier O → (x ; 0 ; 0) → (x ; y ; 0) → M matérialise les trois coordonnées.
DÉFINITION

Trois vecteurs non coplanaires \(\vec i\), \(\vec j\), \(\vec k\) forment une base de l'espace. Avec un point d'origine O, ils forment un repère \((O\;;\, \vec i,\, \vec j,\, \vec k)\). Grâce à la propriété de décomposition de la section 4, tout point M s'écrit alors d'une seule façon :

$$\overrightarrow{OM} = x\,\vec i + y\,\vec j + z\,\vec k$$

Le triplet \((x\;;\, y\;;\, z)\) — les coordonnées de M — est unique : l'abscisse, l'ordonnée, et la nouvelle venue, la cote. Un vecteur a de même trois coordonnées, celles de sa décomposition sur la base.

PROPRIÉTÉ — LE CALCUL EN COORDONNÉES

Tout se calcule coordonnée par coordonnée, comme dans le plan — avec une ligne de plus. Pour \(A(x_A\;;\, y_A\;;\, z_A)\) et \(B(x_B\;;\, y_B\;;\, z_B)\), le vecteur \(\overrightarrow{AB}\) et le milieu \(I\) de \([AB]\) sont :

$$\overrightarrow{AB}\,(x_B - x_A\;;\, y_B - y_A\;;\, z_B - z_A) \qquad I\left(\dfrac{x_A + x_B}{2}\;;\, \dfrac{y_A + y_B}{2}\;;\, \dfrac{z_A + z_B}{2}\right)$$

Somme de vecteurs et produit par un réel se font aussi coordonnée par coordonnée. Et l'alignement se teste comme en Première : A, B, C sont alignés si et seulement si \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\) sont colinéaires.

MÉTHODE — LIRE DES COORDONNÉES DANS LE CUBE
1.Choisis le repère. Dans le cube ABCDEFGH, le plus commode est \((A\;;\, \overrightarrow{AB},\, \overrightarrow{AD},\, \overrightarrow{AE})\) : trois arêtes issues de A.
2.Va de A au point cherché en suivant les arêtes, et compte les pas : tant selon \(\overrightarrow{AB}\), tant selon \(\overrightarrow{AD}\), tant selon \(\overrightarrow{AE}\).
3.Ces trois nombres de pas — entiers ou fractions — sont les coordonnées. Pour un milieu, la formule de la moyenne évite même le trajet.
EXEMPLES RÉSOLUS — LE CUBE EN COORDONNÉES

a. Dans le repère \((A\;;\, \overrightarrow{AB},\, \overrightarrow{AD},\, \overrightarrow{AE})\), quelles sont les coordonnées de G ?

Lecture — de A, un pas selon \(\overrightarrow{AB}\) (arrivée en B), un pas selon \(\overrightarrow{AD}\) (arrivée en C), un pas selon \(\overrightarrow{AE}\) (arrivée en G) : \(G(1\;;\, 1\;;\, 1)\), le coin opposé.

b. Et le centre du cube ?

Calcul — c'est le milieu de la grande diagonale \([AG]\) : \(\left(\dfrac{0+1}{2}\;;\, \dfrac{0+1}{2}\;;\, \dfrac{0+1}{2}\right) = \left(\dfrac{1}{2}\;;\, \dfrac{1}{2}\;;\, \dfrac{1}{2}\right)\).

c. Et le milieu de l'arête \([FG]\) ?

Calcul — \(F(1\;;\, 0\;;\, 1)\) et \(G(1\;;\, 1\;;\, 1)\) : milieu \(\left(1\;;\, \dfrac{1}{2}\;;\, 1\right)\).

Conclusion : un chemin d'arêtes, un comptage de pas — et pour les longueurs, il faudra le produit scalaire : c'est le chapitre suivant.

TESTE-TOI Quatre questions pour finir

Q1Une base de l'espace, c'est…

Q2\(A(1\;;\, 2\;;\, 0)\) et \(B(3\;;\, 1\;;\, 2)\). Le vecteur \(\overrightarrow{AB}\) a pour coordonnées…

Q3Toujours avec \(A(1\;;\, 2\;;\, 0)\) et \(B(3\;;\, 1\;;\, 2)\), le milieu de \([AB]\) est…

Q4Dans le repère \((A\;;\, \overrightarrow{AB},\, \overrightarrow{AD},\, \overrightarrow{AE})\) du cube, le sommet G a pour coordonnées…

LES PIÈGES CLASSIQUES

« Elles ne se coupent pas, donc elles sont parallèles. » Réflexe de géométrie plane. Dans l'espace, (AB) et (CG) ne se coupent pas ET ne sont pas parallèles : elles sont non coplanaires. Toujours vérifier la direction avant de conclure.

Se fier au dessin. Deux droites qui se croisent sur la feuille ne se coupent pas forcément dans l'espace — et un carré s'y dessine en parallélogramme : la perspective écrase la profondeur, déforme longueurs et angles. Le dessin illustre ; le raisonnement prouve.

« Trois points définissent toujours un plan. » Seulement s'ils ne sont pas alignés : alignés, ils laissent le plan tourner librement autour de leur droite. Et quatre points n'ont aucune raison d'être coplanaires — c'est le pied de table bancal.

Tester la coplanarité de trois vecteurs par la colinéarité deux à deux. La colinéarité ne teste que des paires. Ce qu'il faut chercher, c'est \(\vec w = a\,\vec u + b\,\vec v\) : un système sur deux coordonnées, une équation de vérification sur la troisième.

Confondre les coordonnées d'un point et celles d'un vecteur. \(\overrightarrow{AB}\) se calcule par différence : \((x_B - x_A\;;\, y_B - y_A\;;\, z_B - z_A)\) — arrivée moins départ, et le sens compte. Additionner A et B ne fabrique rien du tout.

L'ESSENTIEL EN 5 LIGNES
DEUX DROITES

Sécantes, parallèles… ou non coplanaires : dans l'espace, « aucun point commun » ne signifie pas « parallèles ».

UN PLAN

Trois points non alignés — ou un point et deux vecteurs non colinéaires. Dedans, la géométrie plane s'applique telle quelle.

DROITE ∥ PLAN

Un témoin : \(d\) parallèle à une droite contenue dans le plan, et non incluse. (En renfort : le théorème du toit.)

COPLANAIRES

\(\vec w = a\,\vec u + b\,\vec v\) : système sur deux coordonnées, vérification sur la troisième — l'équation de trop est le juge de paix.

REPÈRE

\((O\;;\, \vec i,\, \vec j,\, \vec k)\) : \(\overrightarrow{AB}\) par différence, milieu par moyenne, alignement par colinéarité — coordonnée par coordonnée.

Exercices

15 corrigés

Commence par le niveau 1. Cherche vraiment avant d'ouvrir le corrigé — c'est là que ça rentre. Les exercices suivent l'ordre du cours : positions relatives de deux droites, droites et plans, vecteurs coplanaires, repère et coordonnées, et un problème pour finir. Sauf mention contraire, le cube est ABCDEFGH.

EXERCICE 01 · deux droites du cube niveau 1

Donne la position relative de chaque paire de droites, en justifiant : a. (EF) et (FG) ; b. (AD) et (FG) ; c. (AB) et (DH).

EXERCICE 02 · les diagonales niveau 1

Même consigne avec des diagonales de faces : a. (AC) et (BD) ; b. (AC) et (EG) ; c. (AC) et (BF).

EXERCICE 03 · ni sécantes, ni parallèles niveau 2

On s'intéresse aux droites (BD) et (EG). a. Montre qu'elles ne sont pas parallèles. b. Montre qu'elles n'ont aucun point commun. c. Conclus.

EXERCICE 04 · droite et plan niveau 1

Donne la position relative de la droite et du plan, en justifiant : a. (HG) et (ABC) ; b. (AE) et (ABC) ; c. (AB) et (ABC).

EXERCICE 05 · le témoin dans le plan niveau 2

a. Justifie que (FH) ∥ (BD). b. Déduis-en que (FH) est strictement parallèle au plan (ABC).

EXERCICE 06 · théorème du toit niveau 2

On considère les plans (ABG) et (DCF). On admet qu'ils sont sécants selon une droite \(\Delta\). a. Justifie que (AB) ∥ (DC). b. Déduis-en, grâce au théorème du toit, que \(\Delta\) est parallèle à (AB). c. Que peux-tu dire de \(\Delta\) et (EF) ?

EXERCICE 07 · vecteurs coplanaires niveau 2

Dans un repère de l'espace, on donne \(\vec u\,(1\;;\, 2\;;\, 1)\), \(\vec v\,(2\;;\, -1\;;\, 0)\) et \(\vec w\,(4\;;\, 3\;;\, 2)\). Montre que \(\vec u\), \(\vec v\), \(\vec w\) sont coplanaires, et écris \(\vec w\) en fonction de \(\vec u\) et \(\vec v\).

EXERCICE 08 · l'équation de trop niveau 2

On donne \(\vec u\,(1\;;\, 0\;;\, 1)\) et \(\vec v\,(0\;;\, 1\;;\, 1)\). Les vecteurs suivants sont-ils coplanaires à \(\vec u\) et \(\vec v\) ? a. \(\vec w_1\,(1\;;\, 1\;;\, 1)\) ; b. \(\vec w_2\,(2\;;\, 3\;;\, 5)\).

EXERCICE 09 · Chasles dans le cube niveau 2

Dans le cube, exprime chaque vecteur en fonction de \(\overrightarrow{AB}\), \(\overrightarrow{AD}\) et \(\overrightarrow{AE}\) : a. \(\overrightarrow{AG}\) ; b. \(\overrightarrow{BH}\) ; c. \(\overrightarrow{AI}\), où I est le milieu de [FG].

EXERCICE 10 · lecture de coordonnées niveau 1

Dans le repère \((A\;;\, \overrightarrow{AB},\, \overrightarrow{AD},\, \overrightarrow{AE})\), donne les coordonnées de : a. C ; b. H ; c. le milieu de [EF].

EXERCICE 11 · vecteur, milieu, symétrique niveau 2

Dans un repère, \(P(1\;;\, -2\;;\, 3)\) et \(Q(3\;;\, 0\;;\, -1)\). a. Calcule les coordonnées de \(\overrightarrow{PQ}\). b. Calcule celles du milieu de [PQ]. c. Calcule celles du point R, symétrique de P par rapport à Q.

EXERCICE 12 · trois points alignés ? niveau 2

Dans un repère, \(P(1\;;\, 2\;;\, 0)\), \(Q(3\;;\, 3\;;\, 2)\), \(R(7\;;\, 5\;;\, 6)\) et \(S(5\;;\, 4\;;\, 3)\). a. Montre que P, Q et R sont alignés. b. Le point S est-il sur la droite (PQ) ?

EXERCICE 13 · appartenir à un plan niveau 3

Dans un repère, \(A(1\;;\, 0\;;\, 2)\), \(B(2\;;\, 1\;;\, 3)\) et \(C(0\;;\, 1\;;\, 1)\). a. Vérifie que A, B, C définissent bien un plan. b. Montre que \(M(3\;;\, 4\;;\, 4)\) appartient au plan (ABC). c. Le point \(N(2\;;\, 2\;;\, 4)\) y appartient-il ?

EXERCICE 14 · problème : le vol de la mouche niveau 3

Ta chambre mesure 4 m sur 3 m, sous 2,50 m de plafond. On la munit du repère \((O\;;\, \vec i,\, \vec j,\, \vec k)\) du cours, en mètres. La mouche décolle du coin \(O(0\;;\, 0\;;\, 0)\) et file en ligne droite vers le coin opposé \(S(4\;;\, 3\;;\, 2{,}5)\). a. Donne les coordonnées du milieu M de son vol. b. Une araignée guette en \(A(2{,}4\;;\, 1{,}8\;;\, 1{,}5)\) : montre qu'elle est exactement sur la trajectoire. c. Le lustre pend en \(L(2\;;\, 1{,}5\;;\, 1{,}3)\) : la mouche passe-t-elle par L ? d. Peux-tu déjà calculer la longueur du vol ?

VERS LE BAC — EXERCICE 15 ≈ 45 MIN · SANS CALCULATRICE

Dans le cube ABCDEFGH, I est le milieu de [EF] et J est le milieu de [HG]. Les parties A et B sont indépendantes.

PARTIE A
  1. Justifie que les droites (EF) et (CG) sont non coplanaires.
  2. Montre que EIJH est un parallélogramme, puis que (IJ) ∥ (AD).
  3. Déduis-en que la droite (IJ) est strictement parallèle au plan (ABC).
PARTIE B

On se place dans le repère \((A\;;\, \overrightarrow{AB},\, \overrightarrow{AD},\, \overrightarrow{AE})\).

  1. Donne les coordonnées de E, G, I et J.
  2. Montre que les points A, I, J et D sont coplanaires.
  3. Décompose \(\overrightarrow{BJ}\) dans la base \((\overrightarrow{AB},\, \overrightarrow{AD},\, \overrightarrow{AE})\).
  4. Le point E appartient-il au plan (AIJ) ?