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L'énergie mécanique

CE QUE TU DOIS SAVOIR FAIRE — calculer une énergie cinétique Ec = ½mv² et une énergie potentielle de pesanteur Epp = mgz, calculer le travail d'une force constante et dire s'il est moteur, résistant ou nul, exploiter le théorème de l'énergie cinétique, et suivre l'énergie mécanique Em = Ec + Epp : dire quand elle se conserve — et chiffrer ce que les frottements emportent quand elle ne se conserve pas.

≈ 60 min de travail · 15 exercices corrigés · mis à jour juillet 2026
SOMMAIRE

1. La rampe du skatepark

Samedi, skatepark. Ton pote pose sa planche au bord de la grande rampe — 3,20 m au-dessus du creux —, se laisse tomber dedans… et ne donne plus un seul coup de pied. Il plonge, file dans le creux à toute allure, remonte en face, s'immobilise un instant, presque à la hauteur d'où il est parti. Puis il redescend, remonte de ton côté, un peu plus bas. À chaque passage, il perd un étage. Une minute plus tard, il se dandine au fond de la rampe, à plat.

Regarde bien ce qui vient de se passer, parce que tout le chapitre est dedans. D'abord un échange : plus il est haut, plus il est lent — et plus il est bas, plus il est rapide. La hauteur et la vitesse se troquent l'une contre l'autre, comme deux monnaies à taux de change fixe. Ensuite une limite : tant qu'il ne pompe pas avec les jambes, il ne remonte jamais plus haut que son point de départ. Et enfin une fuite : à chaque traversée, il perd un peu, jusqu'à l'arrêt complet.

La physique tient ce genre de comptes avec une précision de banquier. Ce chapitre, c'est exactement ça : deux réservoirs d'énergie qui échangent, une cagnotte totale qui n'a pas le droit de grossir — et une fuite qu'on saura chiffrer au joule près.

z = 3,20 m Ec 0 J Epp 1 600 J Em 1 600 J LE COMPTE ÉNERGIE, AU DÉPART
La rampe (chaque carreau vaut 1 m), le skateur prêt à s'élancer à 3,20 m — et le compte énergie au moment du départ : tout est dans la deuxième barre. Descends d'un écran pour le promener toi-même.

Une des deux monnaies, tu la connais déjà : au collège, tu as croisé l'énergie cinétique, l'énergie que possède un objet parce qu'il bouge :

$$E_c = \frac{1}{2} \, m \, v^2$$

Une masse en kilogrammes, une vitesse en mètres par seconde, un résultat en joules (J). Prends dix secondes pour interroger cette formule : pourquoi la vitesse y est-elle au carré ? Ce détail-là — un simple exposant — décide des distances de sécurité sur la route, et la section 4 te le fera toucher du doigt. Quant à la monnaie « hauteur », elle attend juste en dessous.

2. Deux réservoirs : l'énergie cinétique et l'énergie potentielle

Voici la rampe — et cette fois, le skateur t'obéit. Le curseur le promène le long de la demi-lune ; sous le graphique, le compte énergie s'actualise en direct. Fais l'aller complet, du haut à gauche jusqu'au haut à droite, et surveille les trois barres : laquelle se vide, laquelle se remplit… et laquelle ne bronche pas ?

INTERACTIF L'échange, mètre par mètre
position du skateur sur la rampe
m = 50 kg · g = 10 N/kg

Fais glisser le curseur, ou lance l'aller complet. Regarde les deux premières barres échanger — et garde un œil sur la troisième.

Frottements négligés. Départ à 3,20 m : Em = 1 600 J. Le compte du bas est à l'échelle, et la rangée Em est littéralement la pile Ec + Epp — regarde-la se recolorer sans changer de longueur.
POURQUOI ?

Pourquoi inventer des « énergies », alors qu'on a déjà les forces du chapitre précédent ? Parce que suivre les forces sur la rampe, c'est refaire tout le film : à chaque instant, une direction qui change, un bilan à recommencer. La comptabilité de l'énergie, elle, saute directement du début à la fin — peu importe le chemin, peu importe la forme de la rampe. C'est la paresse la plus rentable de toute la physique : deux photos, et le bilan est fait.

Ce que tu viens de voir s'échanger, voilà comment on l'écrit.

DÉFINITION

L'énergie cinétique d'un système de masse \(m\), modélisé par un point qui va à la vitesse \(v\) : \(E_c = \dfrac{1}{2} \, m \, v^2\), avec \(m\) en kg, \(v\) en m·s⁻¹ et \(E_c\) en joules (J). C'est l'énergie du mouvement : nulle à l'arrêt, et très sensible à la vitesse — à cause du carré.

DÉFINITION

L'énergie potentielle de pesanteur d'un système de masse \(m\) à l'altitude \(z\) : \(E_{pp} = m \, g \, z\), avec \(g\) l'intensité de la pesanteur (9,81 N/kg, souvent arrondie à 10) et \(z\) mesurée depuis une référence que tu choisis — le niveau où \(E_{pp} = 0\). C'est l'énergie de la hauteur : une réserve que la pesanteur peut reconvertir en vitesse. Seules ses variations ont un sens physique ; la valeur elle-même dépend de ta référence.

Et la troisième barre — celle qui ne bouge pas — porte le nom du chapitre.

DÉFINITION

L'énergie mécanique d'un système est la somme de ses deux réservoirs :

$$E_m = E_c + E_{pp}$$
MÉTHODE — FAIRE LES COMPTES D'UN SYSTÈME
1.Choisis la référence des altitudes (\(z = 0\)) et écris-le — en général le point le plus bas du problème, pour que \(E_{pp}\) reste positive.
2.Calcule \(E_c = \dfrac{1}{2} m v^2\) et \(E_{pp} = m g z\) au point qui t'intéresse — masse en kg, vitesse en m/s, altitude en m.
3.Additionne : \(E_m = E_c + E_{pp}\), en joules. Contrôle-réflexe : un ordre de grandeur (une personne qui marche, c'est ~100 J ; une voiture sur route, ~100 000 J).
EXEMPLE RÉSOLU — LE SKATE EN CHIFFRES

Le skateur et sa planche pèsent \(m = 50\) kg. Il s'élance sans vitesse de \(z = 3{,}20\) m ; on prend \(g = 10\) N/kg et la référence au creux de la rampe. a. Calcule \(E_c\), \(E_{pp}\) et \(E_m\) au départ. b. Au creux, \(v = 8{,}0\) m/s : refais les comptes.

a. — départ sans vitesse : \(E_c = 0\). \(E_{pp} = 50 \times 10 \times 3{,}20 = 1\,600\) J. Donc \(E_m = 0 + 1\,600 = 1\,600\) J : toute la cagnotte est en hauteur.

b. — au creux, \(z = 0\) donc \(E_{pp} = 0\), et \(E_c = \dfrac{1}{2} \times 50 \times 8{,}0^2 = 1\,600\) J. Donc \(E_m = 1\,600 + 0 = 1\,600\) J : même total, autre poche.

Conclusion : entre les deux photos, chaque joule de hauteur est devenu un joule de vitesse — la cagnotte n'a pas bougé. La section 5 dira à quelle condition ce petit miracle tient.

À RETENIR

Deux réservoirs, une somme : \(E_c = \dfrac{1}{2} m v^2\) (le mouvement), \(E_{pp} = m g z\) (la hauteur), et \(E_m = E_c + E_{pp}\) — la cagnotte du système, en joules.

TESTE-TOI Trois questions, trente secondes

Q1Un scooter double sa vitesse. Son énergie cinétique…

Q2Dans \(E_{pp} = m g z\), l'altitude \(z\) se mesure…

Q3Sur la rampe sans frottements, à mi-hauteur (z = 1,60 m)…

3. Le travail d'une force : payer en énergie

D'où viennent les joules d'un système, et par où s'en vont-ils ? Réponse : par les forces. Quand une force pousse un objet qui se déplace, elle verse (ou prélève) de l'énergie — et ce versement porte un nom : le travail. Mais attention, une force ne compte pas toujours pour ce qu'elle pèse. Tire une caisse avec une corde : à plat, plein effet ; en tirant trop vers le haut, presque rien ; à la verticale, rien du tout. Fais tourner la corde toi-même.

INTERACTIF Une force, un angle, un travail
angle entre la force et le déplacement : 60°
F = 40 N · AB = 5,0 m

Balaie l'angle de 0° à 180° — ou saute d'un préréglage à l'autre. Surveille la jauge : où passe-t-elle par zéro ? quand devient-elle négative ?

La flèche F garde la même longueur — seule son orientation change, et ça suffit à faire basculer W de +200 J à −200 J. La jauge est à l'échelle.

Ce produit « force × déplacement × cosinus », tu l'as déjà rencontré en maths cette année : c'est un produit scalaire. La physique s'en sert précisément pour ça.

DÉFINITION

Le travail d'une force constante \(\vec F\) sur un déplacement rectiligne de A à B : \(W_{AB}(\vec F) = \vec F \cdot \overrightarrow{AB} = F \times AB \times \cos\theta\), où \(\theta\) est l'angle entre la force et le déplacement. Il s'exprime en joules. Selon le signe : travail moteur (\(W > 0\), la force apporte de l'énergie), résistant (\(W < 0\), elle en retire), ou nul (\(\theta = 90°\), elle ne participe pas).

PROPRIÉTÉ — LE POIDS SE MOQUE DU CHEMIN, PAS LES FROTTEMENTS

Le travail du poids entre A et B ne dépend que des altitudes de départ et d'arrivée : \(W_{AB}(\vec P) = m g \, (z_A - z_B)\) — positif en descente, négatif en montée, quel que soit le chemin suivi. On dit que le poids est une force conservative.

Les frottements, eux, tirent toujours contre le mouvement : sur un trajet de longueur \(L\), avec une intensité constante \(f\), leur travail vaut \(W = -f \times L\). Plus le chemin est long, plus la facture est lourde : le travail des frottements dépend du chemin — force non conservative. Retiens ce contraste, la section 5 est bâtie dessus.

MÉTHODE — CALCULER UN TRAVAIL SANS SE PIÉGER
1.Fais un schéma : la force, le déplacement de A vers B, et l'angle \(\theta\) entre les deux — pas l'angle avec le sol.
2.Applique \(W = F \times AB \times \cos\theta\) (unités : N, m → J). Cas express : poids → \(m g (z_A - z_B)\) ; frottements → \(-f L\).
3.Contrôle le signe avec le bon sens : la force aide-t-elle le mouvement (moteur, +), le gêne-t-elle (résistant, −), ou lui est-elle perpendiculaire (nul) ?
EXEMPLE RÉSOLU — LA LUGE TIRÉE

Tu tires une luge sur 5,0 m de neige plate, corde tendue à 60° au-dessus de l'horizontale, avec une force de 40 N. a. Calcule le travail de ta traction. b. Calcule le travail du poids de la luge sur ce trajet. c. Et si tu portais la luge à bout de bras, parfaitement horizontalement, sur les mêmes 5,0 m — que vaudrait le travail de la force de tes bras ?

a. — \(W = F \times AB \times \cos\theta = 40 \times 5{,}0 \times \cos 60° = 40 \times 5{,}0 \times 0{,}5 = 100\) J. Travail moteur : tu verses 100 J à la luge.

b. — le trajet est horizontal : \(z_A = z_B\), donc \(W(\vec P) = m g (z_A - z_B) = 0\) J. Le poids, vertical, est perpendiculaire au déplacement — il ne travaille pas.

c. — tes bras poussent vers le haut, le déplacement est horizontal : \(\theta = 90°\), travail nul aussi. Tu fatigues (tes muscles, eux, consomment), mais tu ne verses aucune énergie mécanique à la luge.

Conclusion : le travail ne mesure pas l'effort ressenti — il mesure l'énergie effectivement versée le long du déplacement. C'est le cosinus qui décide.

TESTE-TOI Encore trois sur le travail

Q1Le travail d'une force s'exprime…

Q2Une force perpendiculaire au déplacement…

Q3Le travail du poids entre A et B dépend…

4. Le théorème de l'énergie cinétique : le virement

Un travail, c'est un virement — mais vers quel compte ? Le voici, le lien : tout ce que les forces versent (ou prélèvent) atterrit sur le compte cinétique. C'est aussi là que le fameux « \(v^2\) » de la section 1 montre les dents. Une voiture freine — force de freinage constante. Double sa vitesse, et mesure ce que ça coûte en mètres.

INTERACTIF La distance de freinage, à l'échelle
vitesse au moment de freiner : 36 km/h (10 m/s)
m = 1 000 kg · f = 5 000 N

Monte la vitesse cran par cran et regarde la trace s'allonger. Compare surtout 36, 72 et 108 km/h.

m = 1 000 kg, freinage constant f = 5 000 N, route horizontale. Le dessin est à l'échelle. Temps de réaction non compté — en vrai, ajoute ~15 m à 90 km/h avant même de toucher la pédale.

Ce que le graphique applique en silence, voilà l'énoncé officiel.

PROPRIÉTÉ — LE THÉORÈME DE L'ÉNERGIE CINÉTIQUE

Entre deux points A et B du trajet d'un système modélisé par un point, la variation d'énergie cinétique est égale à la somme des travaux de toutes les forces appliquées :

$$\Delta E_c = E_c(B) - E_c(A) = \sum W_{AB}(\vec F)$$

Travaux moteurs : le compte cinétique monte, le système accélère. Travaux résistants : il descend, le système ralentit. (La démonstration s'appuie sur la deuxième loi de Newton — elle t'attend en Terminale ; en Première, on l'admet et on l'exploite.)

POURQUOI ?

Pourquoi le carré, alors ? Parce que le frein prélève des joules par mètre parcouru — un tarif fixe, \(f\) joules le mètre. Or à double vitesse, le compte à vider est quatre fois plus gros : \(E_c = \dfrac{1}{2}mv^2\). Quatre fois plus de joules au même tarif, c'est quatre fois plus de mètres. Le « carré » de la formule n'est pas un détail d'écriture — c'est lui qui allonge les distances d'arrêt plus vite que ton intuition.

MÉTHODE — EXPLOITER LE THÉORÈME
1.Choisis les deux points A et B du bilan, et fais l'inventaire des forces entre les deux (poids, réaction, traction, frottements…).
2.Calcule le travail de chaque force (méthode de la section 3) — beaucoup valent zéro, c'est autant de gagné — puis leur somme.
3.Écris \(E_c(B) - E_c(A) = \sum W\) et isole l'inconnue : une vitesse (via \(E_c\)), une distance ou une force (via un travail).
EXEMPLE RÉSOLU — LE CHARIOT POUSSÉ

Sur un rail horizontal, un chariot de \(m = 3{,}0\) kg part du repos, poussé par une force constante \(F = 30\) N alignée avec le rail, sur \(d = 5{,}0\) m (frottements négligés). a. Calcule le travail de chaque force. b. Déduis-en la vitesse du chariot au bout des 5,0 m.

a. — la poussée : \(W = 30 \times 5{,}0 \times \cos 0° = 150\) J (moteur). Le poids et la réaction du rail : perpendiculaires au déplacement, travail nul chacun. Somme : 150 J.

b. — théorème : \(E_c(B) - 0 = 150\) J, donc \(\dfrac{1}{2} \times 3{,}0 \times v^2 = 150\), d'où \(v^2 = 100\) et \(v = 10\) m·s⁻¹.

Conclusion : pas de chronomètre, pas de trajectoire détaillée — deux photos, un bilan de travaux, et la vitesse tombe. C'est toute l'élégance du théorème.

TESTE-TOI Trois questions de bilan

Q1Entre A et B, la variation d'énergie cinétique d'un système est égale…

Q2Une voiture double sa vitesse. Sa distance de freinage (même force de freinage)…

Q3Sur un trajet où seule une force résistante travaille, l'énergie cinétique…

5. L'énergie mécanique : la conservation… et la fuite

Depuis la section 2, un détail te chiffonne peut-être : sur le graphique, la cagnotte ne bouge pas — mais au vrai skatepark, ton pote finit à l'arrêt. Les deux sont vrais. La rampe idéale n'avait pas de frottements ; la vraie en a. Remets-les, et regarde précisément ce qu'ils volent, traversée après traversée.

INTERACTIF La cagnotte qui fuit
au départ : Em = 1 600 J

Lance la première traversée, puis les suivantes. À chaque demi-tour, compare la hauteur atteinte à la précédente — et regarde la barre Em.

Sur cette rampe, les frottements emportent la moitié de la cagnotte à chaque traversée. Le pointillé du compte marque le niveau de départ ; les barres éteintes, ce qui est déjà parti en chaleur.

Le contraste de la section 3 — le poids qui se moque du chemin, les frottements qui le facturent au mètre — donne maintenant tout son sens au vocabulaire.

DÉFINITION

Une force est conservative quand son travail ne dépend pas du chemin suivi — c'est le cas du poids. Une force est non conservative quand son travail dépend du chemin — c'est le cas des frottements. Les forces perpendiculaires au mouvement (réaction normale d'un support) ne travaillent pas : elles ne touchent pas aux comptes.

PROPRIÉTÉ — CONSERVATION ET NON-CONSERVATION DE Em

Si les seules forces qui travaillent sont conservatives (le poids), l'énergie mécanique se conserve : \(E_m(B) = E_m(A)\) — les réservoirs échangent, la somme ne bouge pas.

Si des forces non conservatives travaillent, la variation de l'énergie mécanique est égale à leur travail :

$$\Delta E_m = E_m(B) - E_m(A) = W_{AB}(\vec f_{\text{nc}})$$

Des frottements (travail résistant) font baisser \(E_m\) : l'énergie part en chaleur. Une traction motrice (un câble, un moteur, tes jambes) peut aussi la faire monter. L'énergie ne disparaît jamais — elle quitte simplement le compte mécanique.

MÉTHODE — LE BILAN D'ÉNERGIE MÉCANIQUE
1.Fixe la référence des altitudes, puis calcule \(E_m = E_c + E_{pp}\) au départ et à l'arrivée.
2.Demande-toi qui travaille : seulement le poids ? Alors \(E_m\) se conserve — égale les deux comptes et isole l'inconnue (souvent une vitesse ou une hauteur).
3.Des frottements en jeu ? Calcule \(\Delta E_m = E_m(\text{fin}) - E_m(\text{début})\) : c'est leur travail. Au besoin, remonte à leur intensité avec \(W = -f \times L\).
EXEMPLE RÉSOLU — LE TOBOGGAN DE LA PISCINE

Un enfant de \(m = 25\) kg s'élance sans vitesse en haut du toboggan, à \(4{,}0\) m au-dessus du bassin, et entre dans l'eau à \(6{,}0\) m/s. Donnée : \(g = 10\) N/kg, référence au niveau de l'eau. a. Calcule \(E_m\) au départ et à l'arrivée. b. L'énergie mécanique s'est-elle conservée ? Conclus sur le travail des frottements. c. Sans frottements, à quelle vitesse serait-il arrivé ?

a. — départ : \(E_m = 0 + 25 \times 10 \times 4{,}0 = 1\,000\) J. Arrivée : \(E_m = \dfrac{1}{2} \times 25 \times 6{,}0^2 + 0 = 450\) J.

b. — non : il manque \(\Delta E_m = 450 - 1\,000 = -550\) J. C'est le travail des frottements (toboggan + maillot) : 550 J partis en chaleur — le toboggan chauffe, littéralement.

c. — conservation : \(\dfrac{1}{2} \times 25 \times v^2 = 1\,000\), donc \(v^2 = 80\) et \(v = \sqrt{80} \approx 8{,}9\) m/s. Les frottements lui ont coûté presque 3 m/s à l'arrivée.

Conclusion : le bilan d'énergie mécanique est un détecteur de frottements — l'écart entre les deux photos, c'est leur facture, au joule près.

À RETENIR

Seul le poids travaille → \(E_m\) se conserve. Des frottements travaillent → \(\Delta E_m = W(\vec f)\) < 0 : la différence part en chaleur, et elle se calcule.

Avant les exercices, fais l'auditeur : quatre dossiers, quatre bilans. Le réflexe, toujours le même — que fait \(E_c\) ? que fait \(E_{pp}\) ? la somme suit.

INTERACTIF L'auditeur de l'énergie
DOSSIER 1/4
UNE POMME EN CHUTE LIBRE — air négligé · Δt identique entre deux images

Premier dossier. Pendant la chute, que fait son énergie mécanique ?

Le réflexe de l'auditeur : d'abord Ec et Epp séparément, ensuite la somme — et si Em a bougé, chercher QUI a travaillé en non conservatif.
TESTE-TOI Quatre questions pour finir

Q1L'énergie mécanique d'un système se conserve…

Q2Une balle rebondit moins haut qu'on ne l'a lâchée. L'énergie manquante…

Q3Un skieur descend une piste et arrive moins vite que ne le prédit la conservation de \(E_m\). L'écart mesure…

Q4Une cycliste monte une côte à vitesse constante. Son énergie mécanique…

LES PIÈGES CLASSIQUES

« Double vitesse, double énergie. » Non — quadruple : la vitesse est au carré dans \(E_c = \dfrac{1}{2}mv^2\). Conséquence très concrète : passer de 36 à 72 km/h multiplie la distance de freinage par 4, pas par 2. L'oubli du carré est l'erreur la plus chère du chapitre.

« Une force intense travaille forcément beaucoup. » Le travail dépend de l'angle : à 90° du déplacement, \(W = 0\), quelle que soit l'intensité. Le poids d'une voiture — plus de 10 000 N — ne verse pas un joule sur une route horizontale. Toujours dessiner \(\theta\) avant de calculer.

Chercher « la vraie » valeur de \(E_{pp}\). Elle n'existe pas : \(E_{pp} = mgz\) dépend de la référence \(z = 0\), que tu choisis. Deux références donnent deux valeurs — et exactement les mêmes variations, seules physiquement significatives. Choisis la référence, écris-la, et n'en change plus en cours de calcul.

« L'énergie mécanique se conserve toujours. » Elle ne se conserve que si aucune force non conservative ne travaille. Le moindre frottement la fait fondre — c'est pour ça que le skate s'arrête, que la balle rebondit moins haut, que le toboggan chauffe. Avant d'écrire \(E_m(A) = E_m(B)\), demande-toi toujours : qui travaille ?

« L'énergie perdue a disparu. » Rien ne disparaît : \(\Delta E_m = W(\vec f)\), et la différence part en chaleur — l'énergie quitte le compte mécanique, pas l'univers. Ne compte pas non plus le poids en plus dans ce bilan : il est déjà dans \(E_{pp}\) — l'y ajouter, c'est le compter deux fois.

L'ESSENTIEL EN 5 LIGNES
CINÉTIQUE

\(E_c = \dfrac{1}{2} m v^2\), en joules — \(m\) en kg, \(v\) en m/s. Le carré fait tout : double vitesse, quadruple énergie.

POTENTIELLE

\(E_{pp} = m g z\), avec \(z\) mesurée depuis une référence choisie et annoncée. Seules ses variations comptent.

TRAVAIL

\(W_{AB}(\vec F) = \vec F \cdot \overrightarrow{AB} = F \times AB \times \cos\theta\) : moteur (+), résistant (−), nul à 90°. Poids : \(mg(z_A - z_B)\), peu importe le chemin ; frottements : \(-f L\), le chemin compte.

LE THÉORÈME

\(\Delta E_c = \sum W_{AB}(\vec F)\) : la variation du compte cinétique, c'est la somme des virements de toutes les forces.

MÉCANIQUE

\(E_m = E_c + E_{pp}\) : conservée si seules des forces conservatives travaillent ; sinon \(\Delta E_m = W(\vec f_{\text{nc}})\) — la fuite se chiffre.

Exercices

15 corrigés

Commence par le niveau 1. Cherche vraiment avant d'ouvrir le corrigé — c'est là que ça rentre. Les exercices suivent l'ordre du cours : l'énergie cinétique, l'énergie potentielle, le travail d'une force, le théorème de l'énergie cinétique, la conservation de \(E_m\) et sa fuite — et deux problèmes pour finir. Sauf mention contraire, prends \(g = 10\) N/kg.

EXERCICE 01 · l'énergie cinétique niveau 1

Une cycliste et son vélo pèsent ensemble \(m = 80\) kg et roulent à 18 km/h. a. Convertis la vitesse en m/s. b. Calcule l'énergie cinétique de l'ensemble. c. Elle double sa vitesse : que devient \(E_c\) ?

EXERCICE 02 · Epp et la référence niveau 1

Un livre de \(m = 1{,}2\) kg est posé sur une étagère, à 2,0 m au-dessus du plancher de la chambre. La chambre est au 3ᵉ étage : son plancher domine la rue de 9,0 m. a. Calcule \(E_{pp}\) du livre avec la référence au plancher de la chambre. b. Puis avec la référence au niveau de la rue. c. Laquelle est « la vraie » ?

EXERCICE 03 · calculer un travail niveau 1

Une caisse est tirée sur \(AB = 25\) m par une force constante \(F = 40\) N. Calcule le travail de la force si : a. elle est alignée avec le déplacement ; b. elle fait un angle de 60° avec lui ; c. elle lui est perpendiculaire.

EXERCICE 04 · moteur, résistant ou nul niveau 1

Un vélo descend une pente, en roue libre. Trois forces s'appliquent sur le système {vélo + cycliste} : le poids, la réaction normale de la route, les frottements (air + roulement). Pour chacune, dis si son travail est moteur, résistant ou nul — en justifiant par l'angle avec le déplacement.

EXERCICE 05 · le travail du poids niveau 2

Une randonneuse de \(m = 60\) kg monte de la cabane (altitude 1 200 m) au sommet (1 450 m). a. Calcule le travail de son poids à la montée. b. Elle redescend à la cabane par un sentier deux fois plus long : travail du poids à la descente ? c. Que vaut le travail du poids sur l'aller-retour complet ?

EXERCICE 06 · les frottements et le chemin niveau 2

Pour aller du refuge au lac, deux chemins à plat : le direct (100 m) et le panoramique (240 m). On traîne un sac sur la neige ; les frottements ont une intensité constante \(f = 20\) N. a. Calcule le travail des frottements sur chaque chemin. b. Pourquoi les frottements ne pourront-ils jamais être une force conservative ?

EXERCICE 07 · le théorème — trouver v niveau 2

Sur un rail horizontal, un chariot de \(m = 3{,}0\) kg part du repos. On le pousse avec une force constante \(F = 30\) N, alignée avec le rail, pendant \(d = 5{,}0\) m ; les frottements sont négligés. a. Fais l'inventaire des forces et de leurs travaux. b. Calcule la vitesse finale du chariot. c. Sans nouveau calcul : quelle serait la vitesse si le chariot pesait 12 kg ?

EXERCICE 08 · le théorème — trouver d niveau 2

Une voiture de \(m = 1\,000\) kg freine sur route horizontale ; la force de freinage, constante, vaut \(f = 5\,000\) N. a. Calcule la distance de freinage à 20 m/s (72 km/h). b. Puis à 10 m/s (36 km/h). c. Généralise : comment la distance de freinage dépend-elle de la vitesse ?

EXERCICE 09 · conservation — la chute niveau 2

Une balle de \(m = 0{,}50\) kg est lâchée sans vitesse d'une hauteur de 5,0 m (air négligé, référence au sol). a. Calcule son énergie mécanique au départ. b. Déduis-en sa vitesse au moment de toucher le sol. c. Montre que cette vitesse ne dépend pas de la masse.

EXERCICE 10 · conservation — la forme ne compte pas niveau 2

Un toboggan aquatique part de \(h = 3{,}20\) m au-dessus du bassin ; l'eau qui ruisselle rend les frottements négligeables. Sa forme est une succession de virages et de bosses inconnue. a. Explique pourquoi on peut quand même calculer la vitesse d'arrivée. b. Calcule-la. c. Compare-la à celle d'une chute verticale de la même hauteur — et commente.

EXERCICE 11 · non-conservation — le skieur niveau 2

Un skieur de \(m = 60\) kg s'élance sans vitesse d'un sommet situé 45 m plus haut que le bas de la piste, et y arrive à 20 m/s. Référence au bas de la piste. a. Calcule \(E_m\) au départ et à l'arrivée. b. L'énergie mécanique s'est-elle conservée ? Chiffre le travail des frottements. c. Où est passée cette énergie ?

EXERCICE 12 · le rebond niveau 2

Une balle de \(m = 60\) g est lâchée de 2,0 m ; après un rebond, elle remonte à 1,2 m. Référence au sol. a. Calcule \(E_m\) juste avant le lâcher et au sommet du rebond. b. Quelle fraction de l'énergie mécanique a été perdue ? c. Où est-elle passée ? d. À quelle hauteur remontera-t-elle après le deuxième rebond, si chaque rebond coûte la même fraction ?

EXERCICE 13 · le pendule niveau 3

Une bille de \(m = 200\) g pend au bout d'un fil de \(L = 2{,}0\) m. On l'écarte de 60° et on la lâche sans vitesse ; les frottements sont négligés. Donnée : écartée de 60°, la bille est montée de \(z = L(1 - \cos 60°) = 1{,}0\) m au-dessus de son point le plus bas. a. Calcule \(E_m\) (référence au point le plus bas). b. Calcule la vitesse de la bille au point le plus bas. c. De l'autre côté, peut-elle monter jusqu'à 70° ? d. Où sa vitesse est-elle maximale, et pourquoi ?

EXERCICE 14 · problème niveau 3

Le grand huit. Dans un parc d'attractions, un chariot de \(m = 500\) kg (passagers compris) est hissé au sommet de la première descente, à \(h_1 = 40\) m, puis lâché quasiment sans vitesse. La bosse suivante culmine à \(h_2 = 38\) m. Référence au point bas du circuit. a. Calcule \(E_m\) au lâcher, puis la vitesse au point bas si les frottements sont négligés. b. Toujours sans frottements, le chariot passe-t-il la bosse de 38 m ? c. En réalité, les frottements dissipent 15 % de l'énergie mécanique avant la bosse. Passe-t-il encore ? d. Propose deux solutions d'ingénieur pour que l'attraction fonctionne.

VERS LE BAC — EXERCICE 15 ≈ 45 MIN · CALCULATRICE UTILE

Deux volets indépendants : la rampe du cours passée aux rayons X, puis une descente en luge où l'énergie fuit — et où l'on remonte jusqu'à l'intensité des frottements. Donnée commune : \(g = 10\) N/kg.

PARTIE A — LE SKATEPARK, FROTTEMENTS NÉGLIGÉS

Le skateur et sa planche (\(m = 50\) kg) s'élancent sans vitesse du haut de la rampe, à \(h = 3{,}20\) m au-dessus du creux. Référence des altitudes au creux de la rampe.

  1. Rappelle les expressions de \(E_c\), \(E_{pp}\) et \(E_m\), puis calcule les trois au point de départ.
  2. Justifie que l'énergie mécanique se conserve ici, puis calcule la vitesse au creux de la rampe.
  3. Détermine l'altitude du point où la vitesse vaut 4,0 m/s.
PARTIE B — LA LUGE, FROTTEMENTS COMPRIS

Une luge et son passager (\(m = 80\) kg) partent sans vitesse du haut d'une piste rectiligne de longueur \(L = 200\) m, dont le départ domine l'arrivée de 30 m. La vitesse mesurée à l'arrivée est de 10 m/s. On modélise les frottements par une force d'intensité constante \(f\), opposée au mouvement.

  1. Calcule l'énergie mécanique au départ et à l'arrivée (référence à l'arrivée).
  2. Montre que le travail des frottements sur la descente vaut −20 kJ.
  3. Déduis-en l'intensité \(f\) des frottements.
  4. Sans calcul : si la neige était plus glissante (frottements plus faibles), la vitesse d'arrivée serait-elle plus grande, plus petite ou identique ? Justifie en une phrase.