CE QUE TU DOIS SAVOIR FAIRE — calculer les termes d'une suite définie par formule ou par récurrence, reconnaître les suites arithmétiques et géométriques, utiliser leurs formules explicites et leurs sommes — et étudier le sens de variation d'une suite.
≈ 60 min de travail · 15 exercices corrigés · mis à jour juillet 2026
SOMMAIRE ▾
1. Une liste de nombres numérotés
Regarde : 100, 120, 140, 160… Tu as déjà deviné le nombre d'après, 180, sans qu'on te donne la moindre formule. Une suite numérique, ce n'est rien de plus que ça : une liste infinie de nombres, rangés dans un ordre précis. Toute la nouveauté du chapitre tient dans la façon d'en parler proprement, et dans ce qu'on arrive à en faire.
Ces nombres racontent quelque chose de très concret : tu ouvres un livret avec 100 €, et tu y déposes 20 € chaque mois. 100 € au départ, 120 € après un mois, 140 € après deux… Chaque nombre de la liste a donc un numéro d'ordre : le mois 0, le mois 1, le mois 2. Ce numéro s'appelle le rang, et c'est lui qui organise toute la notation.
On note \(u\) la suite, et \(u_n\) (lis « u indice n ») le nombre qui occupe le rang \(n\). Ici, \(u_0 = 100\), \(u_1 = 120\), \(u_3 = 160\). Prends une seconde sur cette écriture, elle porte tout le chapitre : dans \(u_3 = 160\), le 3 dit où on est dans la liste, le 160 dit combien vaut le terme. Et remarque que le tout premier terme s'appelle \(u_0\), pas \(u_1\) : on démarre presque toujours au rang 0.
L'épargne, mois par mois. Chaque point a un numéro (son rang \(n\), en abscisse) et une valeur (le terme \(u_n\), en ordonnée). On ne relie pas les points : entre deux rangs, il n'y a rien.
Ce graphique dit déjà l'essentiel : une suite, c'est une fonction — mais une fonction qui n'accepte que des entiers. Demander \(u_{2{,}5}\) n'a aucun sens : il n'y a pas de « mois deux et demi » dans la liste. Voilà pourquoi on ne relie jamais les points entre eux.
DÉFINITION
Une suite numérique \(u\) associe à chaque entier naturel \(n\) (0, 1, 2, 3…) un nombre réel noté \(u_n\), appelé terme de rang \(n\). La suite entière se note \((u_n)\), avec des parenthèses : \((u_n)\) désigne toute la liste, \(u_n\) un seul nombre.
2. Deux façons de fabriquer une suite
Une liste infinie, personne ne peut l'écrire en entier. Pour définir une suite, il faut donner une règle qui permette de calculer n'importe quel terme. Et il existe deux grandes manières de donner cette règle — si différentes qu'on dirait deux machines.
La première : une formule explicite, du type \(u_n = n^2 - 2n\). Tu veux le terme de rang 37 ? Tu remplaces \(n\) par 37, et c'est terminé. Accès direct, un seul calcul.
La seconde : une relation de récurrence. On te donne le premier terme, puis une règle pour passer d'un terme au suivant, du type \(v_{n+1} = 2v_n - 1\). Lis-la comme une phrase : « le terme suivant s'obtient en doublant le terme actuel, puis en retirant 1 ». Tu veux \(v_{10}\) ? Il faut d'abord calculer \(v_1\), puis \(v_2\), puis \(v_3\)… Dix marches, une par une. Compare les deux machines toi-même :
INTERACTIFExplicite ou récurrence : deux machines
MACHINE 1 — FORMULE EXPLICITE
\(u_n = n^2 - 2n\)
n
u4 = 4² − 2 × 4 = 8
Un seul calcul, même pour n = 50 : tu remplaces n, et c'est réglé.
MACHINE 2 — RÉCURRENCE
\(v_0 = 2 \;;\quad v_{n+1} = 2v_n - 1\)
Pour l'instant, tu ne connais que le premier terme. Les suivants se méritent.
POURQUOI ?
Si la formule explicite est si commode, pourquoi s'encombrer de la récurrence ? Parce que dans la vraie vie, c'est presque toujours la récurrence qu'on connaît. La population d'une ville l'an prochain se déduit de celle de cette année ; ton épargne du mois prochain, de celle de ce mois-ci ; le nombre de malades demain, de celui d'aujourd'hui. Le monde évolue de proche en proche : la récurrence est la langue naturelle de tout ce qui avance étape par étape.
Du coup, l'un des grands jeux du chapitre sera de traduire : partir d'une règle de récurrence et en tirer une formule explicite, pour retrouver l'accès direct. Tu vas le faire deux fois — pour les suites arithmétiques, puis pour les géométriques.
DÉFINITION
Une suite est définie de façon explicite quand on dispose d'une formule \(u_n = f(n)\) qui donne chaque terme directement à partir de son rang.
Elle est définie par récurrence quand on dispose de son premier terme et d'une relation qui exprime chaque terme à partir du précédent, comme \(u_{n+1} = f(u_n)\).
MÉTHODE — CALCULER LES TERMES D'UNE SUITE
1.Repère le mode de définition : une formule en \(n\) (explicite), ou une règle de passage d'un terme au suivant (récurrence).
2.Explicite : remplace \(n\) par le rang visé, partout dans la formule.
3.Récurrence : pars du premier terme et applique la règle autant de fois que nécessaire, en notant chaque terme au passage.
EXEMPLES RÉSOLUS — LES DEUX MACHINES, PLUS UN RÉFLEXE
a. Soit \(u_n = n^2 + 1\). Calcule \(u_0\), \(u_1\), \(u_3\) et \(u_{10}\).
Aucun terme intermédiaire à calculer : c'est tout l'intérêt de l'explicite.
b. Soit \(v_0 = 5\) et \(v_{n+1} = 3v_n - 4\). Calcule \(v_1\), \(v_2\) et \(v_3\).
Calcul — de proche en proche : \(v_1 = 3 \times 5 - 4 = 11\), puis \(v_2 = 3 \times 11 - 4 = 29\), puis \(v_3 = 3 \times 29 - 4 = 83\).
Pour \(v_{10}\), il faudrait continuer ainsi jusqu'au bout : la récurrence ne saute jamais de marche.
c. Soit \(u_n = n^2 + 1\). Exprime \(u_{n+1}\) en fonction de \(n\).
Calcul — \(u_{n+1}\) est le terme de rang \(n+1\) : on remplace \(n\) par \(n+1\) partout. \(u_{n+1} = (n+1)^2 + 1 = n^2 + 2n + 2\).
Surtout pas \(n^2 + 1 + 1\) : \(u_{n+1}\) est le terme suivant, pas « le terme plus 1 ». Ce réflexe servira pour tout le chapitre.
TESTE-TOITrois questions, trente secondes
Q1Dans une suite \((u_n)\), le terme \(u_{n+1}\) désigne…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — \(n + 1\) est un rang : \(u_{n+1}\) est le terme d'après. Sa valeur n'a aucune raison d'être \(u_n + 1\) : avec \(v_{n+1} = 2v_n - 1\), on passe de 5 à 9, pas de 5 à 6.
Q2\(u_n = 2n^2\) pour tout \(n\). Alors \(u_3 =\)…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — remplace \(n\) par 3 : \(2 \times 3^2 = 2 \times 9 = 18\). (36, c'est \((2 \times 3)^2\) : le carré ne porte que sur \(n\).)
Q3Une suite est définie par récurrence. Pour connaître \(u_{50}\), il faut…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — la récurrence ne donne un terme qu'à partir du précédent : il faut remonter toute la chaîne. C'est exactement ce que la machine 2 t'a fait faire — sauf si on trouve une formule explicite, et c'est tout l'enjeu de la suite du chapitre.
3. Les suites arithmétiques : la même marche à chaque pas
Reviens au livret du début : 100 €, puis +20 € chaque mois. La règle de passage est la plus simple qui existe : on ajoute toujours le même nombre. Les suites qui avancent comme ça s'appellent arithmétiques, et le nombre ajouté à chaque pas s'appelle la raison, notée \(r\). Ici, \(r = 20\).
Joue avec les deux réglages ci-dessous : le point de départ \(u_0\) et la marche \(r\). Regarde ce que \(r\) change dans le dessin — et ce qui, quoi que tu fasses, ne change jamais.
INTERACTIFConstruis ta suite arithmétique
u0
r
u8 = u0 + 8 × r = −2 + 8 × 0,75 = 4
u0 = −2r = 0,75r > 0 — la suite monte
Quoi que tu règles, les points restent alignés. La pente de la droite qui les porte, c'est r : la marche que la suite ajoute à chaque rang.
Des points alignés, une pente : si tu as déjà travaillé le chapitre sur la dérivation, ce vocabulaire te dit quelque chose. Une suite arithmétique, c'est l'équivalent version « liste de nombres » d'une droite : partir d'une hauteur \(u_0\) et avancer d'une pente constante \(r\).
DÉFINITION
Une suite \((u_n)\) est arithmétique s'il existe un réel \(r\), appelé raison, tel que pour tout entier \(n\) : \(u_{n+1} = u_n + r\).
MÉTHODE — MONTRER QU'UNE SUITE EST ARITHMÉTIQUE
1.Calcule \(u_{n+1} - u_n\) pour un \(n\) quelconque, en littéral.
2.Simplifie : si le résultat est une constante (plus aucun \(n\) ne survit), la suite est arithmétique, et cette constante est la raison.
3.Si le résultat dépend de \(n\), elle ne l'est pas. Pour le montrer, deux écarts numériques différents suffisent.
EXEMPLES RÉSOLUS — PROUVER, OU RÉFUTER
a. Montre que la suite définie par \(u_n = 7 - 2n\) est arithmétique.
Étape 2 — tout se simplifie : \(u_{n+1} - u_n = -2\), une constante, quelle que soit la valeur de \(n\).
Conclusion : \((u_n)\) est arithmétique, de raison \(r = -2\) et de premier terme \(u_0 = 7\).
b. La suite définie par \(v_n = n^2\) est-elle arithmétique ?
Étape 1 — \(v_1 - v_0 = 1\), mais \(v_2 - v_1 = 3\) : deux écarts différents.
Conclusion : non. La marche change à chaque pas, ce n'est pas une suite arithmétique. (Deux écarts différents suffisent pour dire non — mais des écarts égaux au début ne suffiraient pas pour dire oui : voir les pièges classiques.)
POURQUOI ?
La formule explicite se lit sur le graphique du dessus. Pour aller du rang 0 au rang \(n\), la suite monte \(n\) marches, toutes de hauteur \(r\) : en tout, elle ajoute \(n \times r\) à son point de départ. C'est toute la démonstration : \(u_n = u_0 + nr\). Compte les marches entre les deux rangs, pas les termes : du rang 0 au rang \(n\), il y a exactement \(n\) marches.
PROPRIÉTÉ — FORMULE EXPLICITE
Si \((u_n)\) est arithmétique de raison \(r\), alors pour tout \(n\) :
$$u_n = u_0 + n\,r$$
Et plus généralement, entre deux rangs quelconques \(n\) et \(p\) : \(u_n = u_p + (n - p)\,r\). En particulier, si la suite commence à \(u_1\) : \(u_n = u_1 + (n-1)\,r\).
EXEMPLE RÉSOLU — L'ACCÈS DIRECT RETROUVÉ
Une suite arithmétique vérifie \(u_2 = 11\) et \(u_5 = 26\). Trouve \(r\), \(u_0\), puis \(u_{40}\).
Étape 1 — du rang 2 au rang 5, il y a 3 marches : \(u_5 = u_2 + 3r\), donc \(3r = 26 - 11 = 15\) et \(r = 5\).
Étape 2 — en redescendant de 2 marches : \(u_0 = u_2 - 2r = 11 - 10 = 1\).
Conclusion : \(r = 5\), \(u_0 = 1\), \(u_{40} = 201\). La récurrence disait « +5 à chaque pas » ; la formule explicite fait les 40 pas d'un coup.
Il reste une arme à récupérer : additionner les termes. La légende raconte qu'un instituteur, pour avoir la paix, demanda à sa classe de calculer \(1 + 2 + 3 + \cdots + 100\). Un élève de huit ans, un certain Carl Friedrich Gauss, donna la réponse en quelques secondes. Son idée : ne pas additionner dans l'ordre. La voici en images, à manipuler toi-même.
INTERACTIFL'astuce de Gauss, en images
n
n = 81 + … + n = ?
Deux escaliers identiques, tête-bêche, remplissent exactement un rectangle de n lignes sur (n + 1) colonnes. Un escalier vaut donc la moitié de n(n + 1).
PROPRIÉTÉ — SOMME DES PREMIERS ENTIERS
$$1 + 2 + 3 + \cdots + n = \frac{n(n+1)}{2}$$
Plus généralement, une somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique se calcule par : \(S = \text{(nombre de termes)} \times \dfrac{\text{premier} + \text{dernier}}{2}\). C'est la même idée que le rectangle : apparier le premier terme avec le dernier.
Étape 1 — ce sont les termes d'une suite arithmétique de raison 3. Combien y en a-t-il ? De 7 à 37, on monte \( (37-7)/3 = 10\) marches, donc il y a \(10 + 1 = 11\) termes.
Conclusion : \(S = 242\). L'erreur guette au comptage des termes : marches + 1, toujours.
TESTE-TOITrois questions sur l'arithmétique
Q1\((u_n)\) est arithmétique de raison \(r = -2\). Pour passer d'un terme au suivant…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — arithmétique = on ajoute toujours \(r\), et \(r\) ne dépend pas de \(n\). Une raison négative, c'est simplement une marche qui descend.
Q2\(u_0 = 5\) et \(r = 3\). Alors \(u_{20} =\)…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — \(u_{20} = u_0 + 20r = 5 + 60 = 65\). 62, c'est \(u_{19}\) : l'erreur d'indice classique. Compte les marches entre les rangs : de 0 à 20, il y en a 20.
Q3Sur un graphique, les points d'une suite arithmétique…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — chaque rang ajoute la même hauteur \(r\) : les points s'alignent, et la pente de la droite est \(r\). Mais on ne les relie pas : entre deux rangs, il n'y a rien.
4. Les suites géométriques : multiplier au lieu d'ajouter
Change une seule chose dans l'histoire : au lieu d'ajouter, on multiplie. Une vidéo fait 1 000 vues le premier jour, et chaque jour le compteur est multiplié par 1,5 : 1 500, puis 2 250, puis 3 375… Les suites qui avancent en multipliant toujours par le même nombre sont dites géométriques. Le multiplicateur s'appelle encore la raison, mais on le note \(q\).
« Multiplier par 1,5 », dit comme ça, a l'air raisonnable. Regarde ce que ça donne vraiment : règle \(q\) ci-dessous, et compare \(q = 0{,}7\), \(q = 1\) et \(q = 2\). Trois mondes complètement différents, séparés par presque rien.
INTERACTIFLa raison q change tout
q
u8 = u0 × q⁸ = 1 × 1,3⁸ = 8,16
u0 = 1q = 1,3q > 1 — ça s'emballe
Le premier terme reste fixé à u0 = 1, pour ne regarder que l'effet de q. Trois mondes : q > 1 explose, q = 1 fige, q < 1 éteint.
DÉFINITION
Une suite \((u_n)\) est géométrique s'il existe un réel \(q\), appelé raison, tel que pour tout entier \(n\) : \(u_{n+1} = q \times u_n\).
MÉTHODE — MONTRER QU'UNE SUITE EST GÉOMÉTRIQUE
1.Écris \(u_{n+1}\), puis transforme-le pour le mettre sous la forme \(q \times u_n\), avec \(q\) constant.
2.Si tu y arrives, la suite est géométrique de raison \(q\). (Variante quand aucun terme n'est nul : vérifie que le quotient \(u_{n+1}/u_n\) est constant.)
3.Pour montrer qu'elle ne l'est pas : deux quotients numériques différents suffisent.
EXEMPLES RÉSOLUS — PROUVER, OU RÉFUTER
a. Montre que la suite définie par \(u_n = 5 \times 3^n\) est géométrique.
Conclusion : pour tout \(n\), \(u_{n+1} = 3\,u_n\) : géométrique, de raison \(q = 3\) et de premier terme \(u_0 = 5\).
b. La suite définie par \(v_n = 2n + 1\) est-elle géométrique ?
Étape 1 — \(\dfrac{v_1}{v_0} = \dfrac{3}{1} = 3\), mais \(\dfrac{v_2}{v_1} = \dfrac{5}{3}\) : deux quotients différents.
Conclusion : non. On ne multiplie pas par le même nombre à chaque pas.
POURQUOI ?
La formule explicite s'obtient exactement comme pour l'arithmétique, en remplaçant les additions par des multiplications. Du rang 0 au rang \(n\) : \(n\) multiplications par \(q\), c'est-à-dire une seule multiplication par \(q \times q \times \cdots \times q = q^n\). D'où \(u_n = u_0 \times q^n\). Les puissances ne sont pas là pour décorer : \(q^n\), c'est « \(n\) pas de multiplication d'un coup ».
PROPRIÉTÉ — FORMULE EXPLICITE
Si \((u_n)\) est géométrique de raison \(q\), alors pour tout \(n\) :
$$u_n = u_0 \times q^n$$
Et entre deux rangs quelconques : \(u_n = u_p \times q^{\,n-p}\).
EXEMPLE RÉSOLU — LA VIDÉO QUI DÉCOLLE
La vidéo du début fait \(u_0 = 1\,000\) vues le jour 0, et les vues quotidiennes sont multipliées par 1,5 chaque jour. Combien de vues le jour 10 ?
Étape 1 — \((u_n)\) est géométrique de raison \(q = 1{,}5\) : \(u_{10} = 1\,000 \times 1{,}5^{10}\).
Conclusion : en dix jours, on passe de 1 000 à plus de 57 000 vues quotidiennes. « ×1,5 par jour » n'avait l'air de rien : c'est ça, l'exponentielle.
Dernière formule du chapitre, et pas la moins utile : additionner les termes d'une suite géométrique, c'est-à-dire calculer \(1 + q + q^2 + \cdots + q^n\). Ici, pas de rectangle : l'astuce est algébrique, et elle est belle.
POURQUOI ?
Appelle \(S = 1 + q + q^2 + \cdots + q^n\), et calcule \(q \times S\) : chaque terme se décale d'un cran, \(qS = q + q^2 + \cdots + q^{n+1}\). Soustrais les deux : dans \(qS - S\), tout le milieu s'annule deux à deux, il ne reste que les extrémités : \(qS - S = q^{n+1} - 1\). Donc \(S(q - 1) = q^{n+1} - 1\), et il n'y a plus qu'à diviser (possible dès que \(q \neq 1\)).
PROPRIÉTÉ — SOMME DES PUISSANCES DE q
Pour tout réel \(q \neq 1\) et tout entier \(n\) :
L'exposant du haut est \(n + 1\) : c'est le nombre de termes de la somme (de \(q^0\) à \(q^n\), il y en a \(n+1\)). Pour une suite géométrique, on factorise par le premier terme : \(u_0 + u_1 + \cdots + u_n = u_0 \times \dfrac{1 - q^{\,n+1}}{1 - q}\).
EXEMPLE RÉSOLU — LES DOUBLEMENTS S'ADDITIONNENT
Calcule \(S = 1 + 2 + 4 + 8 + \cdots + 2^9\).
Étape 1 — c'est la somme des puissances de \(q = 2\), de \(2^0\) à \(2^9\) : \(S = \dfrac{1 - 2^{10}}{1 - 2} = \dfrac{1 - 1\,024}{-1} = 1\,023\).
Conclusion : \(S = 1\,023\). Regarde bien : le dernier terme vaut 512, et la somme entière à peine le double. C'est typique du géométrique — le dernier terme pèse presque autant que tous les autres réunis.
ARITHMÉTIQUE OU GÉOMÉTRIQUE ?LE FACE-À-FACE
arithmétique
géométrique
d'un terme au suivant
\(u_{n+1} = u_n + r\)
\(u_{n+1} = q \times u_n\)
formule explicite
\(u_n = u_0 + n\,r\)
\(u_n = u_0 \times q^n\)
allure des points
alignés (pente \(r\))
courbe exponentielle
comment la reconnaître
\(u_{n+1} - u_n\) constant
\(u_{n+1}/u_n\) constant
À RETENIR
Ajouter le même nombre à chaque pas : suite arithmétique, raison \(r\). Multiplier par le même nombre à chaque pas : suite géométrique, raison \(q\). Tout le chapitre tient dans ces deux phrases.
TESTE-TOIQuatre questions sur le géométrique
Q1\((u_n)\) est géométrique de raison \(q = 3\). Alors pour tout \(n\)…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — géométrique = on multiplie par \(q\) à chaque pas. Ajouter 3, c'était l'arithmétique.
Q2\(u_0 = 5\) et \(q = 2\). Alors \(u_4 =\)…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — \(u_4 = 5 \times 2^4 = 5 \times 16 = 80\). 40, c'est \(5 \times 2^3\) : compte les multiplications — du rang 0 au rang 4, il y en a quatre.
EXACT — l'exposant du haut est \(n + 1\), le nombre de termes de la somme. Quant à \(n(n+1)/2\), c'est la somme arithmétique \(1 + 2 + \cdots + n\) : ne mélange pas les deux mondes.
Q4\(u_0 = 100\) et \(q = 0{,}9\). À long terme, les termes…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — multiplier par 0,9 encore et encore fait fondre le terme : 90, puis 81, puis 72,9… Chaque terme reste positif, mais s'écrase vers 0. C'est ce que montrait le graphique avec \(q < 1\).
5. Le sens de variation d'une suite
Une fonction monte ou descend ; une suite aussi. Mais ici, pas de courbe à suivre des yeux : seulement des termes, un par rang. La question devient donc toute simple — entre \(u_n\) et le terme d'après, \(u_{n+1}\), lequel est le plus grand ? Si c'est toujours \(u_{n+1}\), la suite est croissante ; si c'est toujours \(u_n\), décroissante.
Entraîne ton œil d'abord. Pour chacune des quatre suites ci-dessous, lis les points de gauche à droite et décide. Deux d'entre elles sont des pièges.
INTERACTIFCroissante, décroissante… ou ni l'une ni l'autre ?
SUITE 1/4
Observe les termes de gauche à droite : cette suite est…
PAS ENCORE — compare chaque terme au suivant, du début à la fin : le sens doit être le même à chaque pas.
EXACT — d'un rang au suivant, on ajoute toujours 0,5 : chaque terme dépasse le précédent. Croissante — et même arithmétique, de raison 0,5.
EXACT — chaque terme vaut les trois quarts du précédent : ça descend à chaque pas. La suite se rapproche de 0 sans jamais l'atteindre, mais elle descend toujours : décroissante.
EXACT — elle monte, puis descend, puis remonte, sans arrêt. Une suite croissante doit monter à chaque pas, sans exception : ici, aucune des deux définitions ne tient. Ni l'une ni l'autre.
EXACT — elle descend jusqu'au rang 5, puis remonte. Un seul pas dans le mauvais sens suffit à casser la monotonie : sur l'ensemble des rangs, elle n'est ni croissante ni décroissante. (On peut dire, en revanche, qu'elle est croissante à partir du rang 5.)
DÉFINITION
La suite \((u_n)\) est croissante si pour tout entier \(n\), \(u_{n+1} \geq u_n\) ; décroissante si pour tout \(n\), \(u_{n+1} \leq u_n\) (et strictement croissante ou décroissante avec des inégalités strictes). Le « pour tout \(n\) » est le cœur de la définition : un seul pas dans le mauvais sens, et la suite n'est ni croissante ni décroissante.
POURQUOI ?
Pourquoi ne pas simplement regarder les premiers termes ? Parce qu'ils peuvent mentir : la quatrième suite du jeu descend pendant cinq rangs avant de remonter. Les premiers termes donnent une intuition, jamais une preuve. Il faut donc un argument valable pour tout \(n\) d'un coup — et comparer deux nombres, c'est étudier le signe de leur différence : \(u_{n+1} - u_n > 0\) veut exactement dire \(u_{n+1} > u_n\). D'où la méthode.
MÉTHODE — ÉTUDIER LE SENS DE VARIATION D'UNE SUITE
1.Calcule \(u_{n+1} - u_n\) en littéral, et étudie son signe pour tout \(n\).
2.Si tous les termes sont strictement positifs, tu peux préférer comparer le quotient \(\dfrac{u_{n+1}}{u_n}\) à 1 — très pratique quand il y a des puissances.
3.Conclus : différence toujours positive (ou quotient > 1) → croissante ; toujours négative (ou quotient < 1) → décroissante.
EXEMPLES RÉSOLUS — LES DEUX ROUTES
a. Sens de variation de la suite définie par \(u_n = n^2 + 4n\) ?
Étape 2 — pour tout entier \(n \geq 0\), \(2n + 5 > 0\).
Conclusion : \((u_n)\) est strictement croissante.
b. Sens de variation de la suite définie par \(u_n = 5 \times 0{,}8^n\) ?
Étape 1 — tous les termes sont strictement positifs, on prend la route du quotient : \(\dfrac{u_{n+1}}{u_n} = \dfrac{5 \times 0{,}8^{n+1}}{5 \times 0{,}8^n} = 0{,}8\).
Étape 2 — \(0{,}8 < 1\) : chaque terme vaut 80 % du précédent.
Conclusion : \((u_n)\) est strictement décroissante.
PROPRIÉTÉ — LES CAS QUE TU CONNAIS DÉJÀ
Suite arithmétique de raison \(r\) : croissante si \(r > 0\), décroissante si \(r < 0\), constante si \(r = 0\). (C'est le chip de couleur du graphique de la section 3.)
Suite géométrique de raison \(q > 0\), avec \(u_0 > 0\) : croissante si \(q > 1\), décroissante si \(0 < q < 1\), constante si \(q = 1\). (Si \(u_0 < 0\), tout s'inverse ; et si \(q < 0\), les termes changent de signe à chaque rang : la suite oscille, ni croissante ni décroissante.)
TESTE-TOITrois questions pour finir
Q1Dire que \((u_n)\) est croissante signifie…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — croissante, c'est terme à terme et dès le début. Et ça n'a rien à voir avec le signe : −10, −7, −4… est une suite négative et croissante.
Q2Pour tout \(n\), \(u_{n+1} - u_n = -3\). La suite est…
PAS ENCORE — élimine cette réponse et réessaie.
EXACT — différence constamment négative : chaque terme perd 3 par rapport au précédent, la suite descend. Et une différence constante, c'est la carte d'identité d'une suite arithmétique.
EXACT — elle monte puis descend à chaque pas : aucune des deux définitions ne tient. Une suite qui oscille n'a pas de sens de variation.
LES PIÈGES CLASSIQUES
Confondre le rang et le terme. Dans \(u_3 = 160\), le 3 dit où (le rang), le 160 dit combien (le terme). « Calcule \(u_3\) » ne veut pas dire « calcule \(3 \times u\) ».
Croire que \(u_{n+1} = u_n + 1\). \(u_{n+1}\) est le terme suivant, pas « le terme plus 1 ». Pour l'exprimer depuis une formule explicite, remplace \(n\) par \(n+1\) partout : si \(u_n = n^2\), alors \(u_{n+1} = (n+1)^2 = n^2 + 2n + 1\), pas \(n^2 + 1\).
« Vérifié sur trois termes, donc c'est prouvé. » Trois écarts égaux ne prouvent rien : la définition exige la même raison pour tout \(n\). La preuve se fait en littéral, avec \(u_{n+1} - u_n\) (ou \(u_{n+1}/u_n\)). Les premiers termes ne suffisent que pour répondre non.
Se tromper d'indice dans la formule explicite. \(u_n = u_0 + nr\) quand le premier terme est \(u_0\) ; mais si la suite commence à \(u_1\), c'est \(u_n = u_1 + (n-1)r\). Compte les marches entre les deux rangs, jamais les termes.
Mal compter les termes d'une somme. De \(u_3\) à \(u_{10}\), il y a \(10 - 3 + 1 = 8\) termes, pas 7. Et de \(q^0\) à \(q^n\) : \(n + 1\) termes — c'est l'exposant \(n+1\) de la formule.
L'ESSENTIEL EN 5 LIGNES
SUITE
\(u_n\) : le terme de rang \(n\). Explicite \(u_n = f(n)\) : accès direct ; récurrence \(u_{n+1}\) en fonction de \(u_n\) : de proche en proche.
Étudie le signe de \(u_{n+1} - u_n\) ; si les termes sont strictement positifs, compare \(u_{n+1}/u_n\) à 1. Valable pour tout \(n\), sinon rien.
Exercices
15 corrigés
Commence par le niveau 1. Cherche vraiment avant d'ouvrir le corrigé — c'est là que ça rentre. Les exercices suivent l'ordre du cours : termes et notations, suites arithmétiques, suites géométriques, sommes, sens de variation, et un problème pour finir.
EXERCICE 01 · formule expliciteniveau 1
Soit \((u_n)\) la suite définie par \(u_n = n^2 - 3n\). Calcule \(u_0\), \(u_1\), \(u_2\), \(u_3\), puis \(u_{10}\).
Étape 2 — accès direct au rang 10 : \(u_{10} = 100 - 30 = 70\), sans calculer les rangs 4 à 9.
Conclusion : 0, −2, −2, 0, puis 70. Remarque au passage : \(u_1 = u_2\) — une suite a le droit de répéter des valeurs.
EXERCICE 02 · récurrenceniveau 1
Soit \((u_n)\) la suite définie par \(u_0 = 5\) et \(u_{n+1} = 2u_n - 3\). Calcule \(u_1\), \(u_2\) et \(u_3\). Peux-tu calculer \(u_{10}\) directement ?
Étape 2 — pour \(u_{10}\), la règle exige de connaître \(u_9\), qui exige \(u_8\), etc. : pas d'accès direct avec une définition par récurrence.
Conclusion : 7, 11, 19 ; et non — il faudrait remonter toute la chaîne (ou trouver une formule explicite, ce que cette suite-là ne rend pas facile).
EXERCICE 03 · notation un+1niveau 2
Soit \(u_n = n^2 + n\). a. Exprime \(u_{n+1}\) en fonction de \(n\). b. Exprime \(u_n + 1\). c. Compare-les pour \(n = 1\).
CORRIGÉ
a. — on remplace \(n\) par \(n+1\) partout : \(u_{n+1} = (n+1)^2 + (n+1) = n^2 + 3n + 2\).
b. — \(u_n + 1 = n^2 + n + 1\) : là, on ajoute 1 au terme, la formule ne bouge pas.
c. — pour \(n = 1\) : \(u_2 = 6\), alors que \(u_1 + 1 = 3\). Rien à voir.
Conclusion : \(u_{n+1}\) est le terme suivant, \(u_n + 1\) est le terme plus un. Ce distinguo est le piège n° 1 du chapitre.
EXERCICE 04 · arithmétiqueniveau 1
\((u_n)\) est arithmétique, de premier terme \(u_0 = 3\) et de raison \(r = 5\). Calcule \(u_1\), \(u_2\), puis \(u_{100}\).
CORRIGÉ
Étape 1 — de proche en proche pour les premiers : \(u_1 = 3 + 5 = 8\), \(u_2 = 8 + 5 = 13\).
Étape 2 — pour le rang 100, surtout pas 100 additions : formule explicite. \(u_{100} = u_0 + 100r = 3 + 500 = 503\).
Conclusion : 8, 13, et \(u_{100} = 503\).
EXERCICE 05 · arithmétique · preuveniveau 2
Les suites définies par \(u_n = 4n - 1\) et \(v_n = n^2 + 1\) sont-elles arithmétiques ? Justifie dans les deux cas.
CORRIGÉ
Étape 1 — pour \((u_n)\), en littéral : \(u_{n+1} - u_n = \big(4(n+1) - 1\big) - (4n - 1) = 4\), constante quelle que soit la valeur de \(n\).
Étape 2 — pour \((v_n)\), deux écarts suffisent pour réfuter : \(v_1 - v_0 = 1\) mais \(v_2 - v_1 = 3\).
Conclusion : \((u_n)\) est arithmétique de raison 4 (et \(u_0 = -1\)) ; \((v_n)\) ne l'est pas. Sens de la preuve : le littéral pour dire oui, un contre-exemple pour dire non.
EXERCICE 06 · arithmétiqueniveau 2
\((u_n)\) est arithmétique avec \(u_4 = 17\) et \(u_{10} = 35\). Détermine la raison \(r\) et \(u_0\), puis calcule \(u_{50}\).
CORRIGÉ
Étape 1 — du rang 4 au rang 10, il y a 6 marches : \(u_{10} = u_4 + 6r\), donc \(6r = 35 - 17 = 18\) et \(r = 3\).
Les suites définies par \(u_n = 7 \times 5^n\) et \(v_n = 3n + 2\) sont-elles géométriques ? Justifie dans les deux cas.
CORRIGÉ
Étape 1 — pour \((u_n)\) : \(u_{n+1} = 7 \times 5^{n+1} = 5 \times (7 \times 5^n) = 5\,u_n\) pour tout \(n\).
Étape 2 — pour \((v_n)\) : \(\dfrac{v_1}{v_0} = \dfrac{5}{2}\) mais \(\dfrac{v_2}{v_1} = \dfrac{8}{5}\) : quotients différents.
Conclusion : \((u_n)\) est géométrique de raison 5 (et \(u_0 = 7\)) ; \((v_n)\) ne l'est pas — elle est arithmétique, d'ailleurs : +3 à chaque pas.
EXERCICE 09 · géométriqueniveau 2
\((u_n)\) est géométrique, à termes strictement positifs, avec \(u_1 = 6\) et \(u_3 = 54\). Détermine \(q\) et \(u_0\), puis calcule \(u_6\).
CORRIGÉ
Étape 1 — du rang 1 au rang 3 : deux multiplications par \(q\), donc \(u_3 = u_1 \times q^2\), soit \(q^2 = \dfrac{54}{6} = 9\).
Étape 2 — deux candidats, \(q = 3\) ou \(q = -3\). Les termes sont strictement positifs, donc \(q = -3\) est écarté (il ferait alterner les signes) : \(q = 3\).
a. — formule de Gauss : \(\dfrac{200 \times 201}{2} = 100 \times 201 = 20\,100\).
b. — termes d'une suite arithmétique de raison 3. Nombre de termes : de 5 à 62, on monte \((62 - 5)/3 = 19\) marches, donc \(19 + 1 = 20\) termes. Puis \(S = 20 \times \dfrac{5 + 62}{2} = 10 \times 67 = 670\).
Conclusion : a. 20 100 ; b. 670. Le seul vrai danger, c'est le comptage des termes : marches + 1.
a. — somme des puissances de 2, de \(2^0\) à \(2^{10}\) : \(\dfrac{1 - 2^{11}}{1 - 2} = 2^{11} - 1 = 2\,047\).
b. — chaque terme vaut \(3 \times\) une puissance de 2, et \(384 = 3 \times 128 = 3 \times 2^7\) : \(S = 3 \times (1 + 2 + \cdots + 2^7) = 3 \times (2^8 - 1) = 3 \times 255 = 765\).
Conclusion : a. 2 047 ; b. 765. Factoriser par le premier terme ramène toujours à \(1 + q + \cdots + q^n\).
EXERCICE 12 · variationsniveau 2
Étudie le sens de variation des suites définies par : a. \(u_n = n^2 + 3n\) ; b. \(v_n = 10 - 4n\).
CORRIGÉ
a. — \(u_{n+1} - u_n = (n+1)^2 + 3(n+1) - n^2 - 3n = 2n + 4 > 0\) pour tout \(n\) : \((u_n)\) est strictement croissante.
b. — \(v_{n+1} - v_n = -4\) pour tout \(n\) : différence constante négative, \((v_n)\) est strictement décroissante — et c'est une suite arithmétique de raison −4.
Conclusion : a. croissante ; b. décroissante. La différence \(u_{n+1} - u_n\) répond à tout.
EXERCICE 13 · variationsniveau 3
Étudie le sens de variation des suites définies par : a. \(u_n = 4 \times 1{,}2^n\) ; b. \(v_n = \dfrac{n}{n+1}\).
CORRIGÉ
a. — tous les termes sont strictement positifs : route du quotient. \(\dfrac{u_{n+1}}{u_n} = 1{,}2 > 1\) : \((u_n)\) est strictement croissante.
b. — route de la différence, au dénominateur commun : \(v_{n+1} - v_n = \dfrac{n+1}{n+2} - \dfrac{n}{n+1} = \dfrac{(n+1)^2 - n(n+2)}{(n+1)(n+2)} = \dfrac{1}{(n+1)(n+2)}\).
Signe — numérateur 1 et dénominateur strictement positifs : la différence est strictement positive pour tout \(n\).
Conclusion : les deux suites sont strictement croissantes. Note le choix d'outil : le quotient dès qu'il y a des puissances, la différence sinon.
EXERCICE 14 · problèmeniveau 3
Deux offres d'embauche, salaire mensuel de départ 1 800 €. Offre A : +60 € chaque année. Offre B : +3 % chaque année. a. Quel est le salaire mensuel la 10ᵉ année dans chaque cas ? b. En cumulant les salaires mensuels des années 1 à 10, quelle offre rapporte le plus ? (Arrondis à l'euro.)
CORRIGÉ
Étape 1 — modélise. Offre A : suite arithmétique \(a_n\), salaire de l'année \(n\), avec \(a_1 = 1\,800\) et \(r = 60\). Offre B : suite géométrique \(b_n\) avec \(b_1 = 1\,800\) et \(q = 1{,}03\) (+3 % = ×1,03).
Étape 2 — 10ᵉ année, attention à l'indice (9 marches depuis l'année 1) : \(a_{10} = 1\,800 + 9 \times 60 = 2\,340\) € ; \(b_{10} = 1\,800 \times 1{,}03^9 \approx 2\,349\) €. Avantage B, de justesse.
Conclusion : sur dix ans, l'offre A rapporte encore un peu plus (20 700 € contre ≈ 20 635 €), alors même que B paie mieux la 10ᵉ année. Moralité : l'exponentielle finit toujours par gagner, mais pas tout de suite — dès l'année 11, B passe devant, et l'écart ne fera plus que grandir.
VERS LE BAC — EXERCICE 15≈ 45 MIN · CALCULATRICE UTILE
Une plateforme de vidéos compte 12 000 abonnés au 1ᵉʳ janvier 2026. Chaque année, elle conserve 80 % de ses abonnés et en gagne 5 000 nouveaux. On note \(u_n\) le nombre d'abonnés au 1ᵉʳ janvier de l'année \(2026 + n\) ; ainsi \(u_0 = 12\,000\).
PARTIE A
Calcule \(u_1\) et \(u_2\).
Justifie que pour tout \(n\), \(u_{n+1} = 0{,}8\,u_n + 5\,000\).
La suite \((u_n)\) est-elle arithmétique ? géométrique ? Justifie.
PARTIE B
On pose, pour tout \(n\) : \(v_n = u_n - 25\,000\).
Montre que \((v_n)\) est géométrique ; précise sa raison et son premier terme.
Exprime \(v_n\), puis \(u_n\), en fonction de \(n\).
A.2 — conserver 80 % des abonnés, c'est multiplier par 0,8 ; puis on ajoute les 5 000 nouveaux : \(u_{n+1} = 0{,}8\,u_n + 5\,000\).
A.3 — ni l'une ni l'autre. \(u_1 - u_0 = 2\,600\) mais \(u_2 - u_1 = 2\,080\) : pas arithmétique. \(u_1/u_0 \approx 1{,}22\) mais \(u_2/u_1 \approx 1{,}14\) : pas géométrique. (Deux écarts ou deux quotients différents suffisent pour réfuter.)
B.1 — \(v_{n+1} = u_{n+1} - 25\,000 = 0{,}8\,u_n + 5\,000 - 25\,000 = 0{,}8\,u_n - 20\,000 = 0{,}8\,(u_n - 25\,000) = 0{,}8\,v_n\) : géométrique, de raison \(q = 0{,}8\) et de premier terme \(v_0 = 12\,000 - 25\,000 = -13\,000\).
B.4 — quand \(n\) grandit, \(0{,}8^n\) s'écrase vers 0 (c'est le monde « q < 1 » du graphique de la section 4) : \(u_n\) se rapproche de 25 000. Le nombre d'abonnés grimpe donc vers un plafond de 25 000, sans jamais l'atteindre.