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La polarité des entités

CE QUE TU DOIS SAVOIR FAIRE — établir le schéma de Lewis d'une molécule simple, interpréter sa géométrie par la répulsion des doublets, utiliser l'électronégativité pour repérer une liaison polarisée (δ+/δ−), et justifier qu'une molécule est polaire ou apolaire — l'eau et le CO₂ en tête.

≈ 60 min de travail · 15 exercices corrigés · mis à jour août 2026
SOMMAIRE

1. Le filet d'eau qui se courbe

Souviens-toi du chapitre sur les interactions : une règle en plastique frottée sur un pull se charge, et attire les petits objets. Fais maintenant l'expérience au-dessus de l'évier. Ouvre le robinet en filet fin, bien régulier, et approche la règle électrisée sans toucher : le filet d'eau se courbe vers la règle. Nettement. Comme aimanté.

Voilà l'énigme : l'eau du robinet est électriquement neutre — autant de charges + que de charges −. Une règle chargée ne devrait rien lui faire. Et pourtant elle l'attire… parce que dans chaque molécule d'eau, les charges + et − ne sont pas au même endroit. La molécule a deux pôles, comme un minuscule aimant électrique : on dit qu'elle est polaire. Face à la règle, ces milliards de petites boussoles s'orientent — et le filet dévie.

Ce chapitre t'apprend à prédire quelles molécules ont des pôles. Le chemin se fait en trois marches, toujours les mêmes : dresser la carte électronique de la molécule (le schéma de Lewis, section 2), en déduire sa forme (section 3), puis regarder qui tire sur les électrons (l'électronégativité, section 4). À l'arrivée, le verdict — polaire ou pas (section 5) — et l'explication du filet.

le robinet la règle frottée chargée − le filet dévie
L'expérience à faire ce soir : un filet d'eau fin, une règle frottée sur la laine — et une déviation bien visible. L'eau est neutre ; c'est sa polarité qui répond. Toute la fin du chapitre explique ce dessin.

2. Le schéma de Lewis : la carte électronique

Tout commence par un inventaire. Les électrons qui comptent en chimie sont les électrons de valence — ceux de la couche externe, que tu sais compter depuis la Seconde : H en a 1, C en a 4, N en a 5, O en a 6. Le jeu : les ranger tous par paires, en doublets, pour que chaque atome atteigne sa configuration stable. Construis les quatre molécules du chapitre — le graphique déroule la méthode, à toi de compter.

INTERACTIF Le bâtisseur de Lewis
MOLÉCULE 1/4

L'eau, H2O

Électrons de valence à connaître : H : 1 · C : 4 · N : 5 · O : 6. Réponds aux trois questions et le schéma se construit.

Ce que tu viens de compter quatre fois, voilà comment on l'écrit.

DÉFINITION

Le schéma de Lewis d'une molécule représente tous les électrons de valence, rangés par paires : les doublets liants (un trait entre deux atomes — une liaison covalente, deux électrons partagés) et les doublets non liants (un trait posé sur un atome — deux électrons qu'il garde pour lui). Chaque atome cherche à s'entourer de 8 électrons (règle de l'octet — 2 pour l'hydrogène, règle du duet).

MÉTHODE — ÉTABLIR UN SCHÉMA DE LEWIS
1.Compte les électrons de valence de tous les atomes (H : 1, C : 4, N : 5, O : 6), puis divise par 2 : c'est le nombre total de doublets à placer.
2.Place d'abord les doublets liants (les liaisons) ; l'hydrogène ne fait toujours qu'une liaison, le carbone en fait quatre, l'azote trois, l'oxygène deux.
3.Distribue les doublets restants en non liants, pour compléter l'octet de chaque atome (duet pour H). Contrôle-réflexe : recompte — le total des doublets doit tomber juste, sinon cherche une liaison double.
EXEMPLE RÉSOLU — L'AMMONIAC, PAS À PAS

Établis le schéma de Lewis de l'ammoniac NH₃.

Étape 1 — électrons de valence : N apporte 5, chaque H apporte 1 : total \(5 + 3 \times 1 = 8\), soit \(8/2 = 4\) doublets.

Étape 2 — l'azote fait trois liaisons : 3 doublets liants N–H. Chaque H a son duet.

Étape 3 — il reste \(4 - 3 = 1\) doublet, posé sur N en doublet non liant. Autour de N : 3 liaisons + 1 doublet = 8 électrons ✓.

Conclusion : compter, lier, compléter — trois gestes, et la carte électronique est dressée. Toute la suite du chapitre se lit sur cette carte.

TESTE-TOI Trois questions, trente secondes

Q1Un doublet non liant, c'est…

Q2La molécule d'eau H₂O contient au total…

Q3La règle de l'octet dit que chaque atome cherche à s'entourer de…

3. La géométrie : les doublets se repoussent

Le schéma de Lewis est une carte à plat. Mais les molécules vivent en trois dimensions — et leur forme n'est pas un caprice. La règle tient en une phrase : tous les doublets de l'atome central se repoussent (ce sont des paquets de charges négatives) et s'écartent donc le plus possible les uns des autres. Quatre doublets ? Ils pointent vers les sommets d'un tétraèdre. Compare les quatre molécules — et regarde ce que changent les doublets non liants.

INTERACTIF La forme des molécules

Les dessins sont des projections à plat ; les angles chiffrés sont les valeurs réelles en 3D. Les lobes pointillés sont les doublets non liants — encombrants et invisibles à la fois.

Ce que la comparaison vient de montrer, voilà comment on l'écrit.

PROPRIÉTÉ — LA RÉPULSION DES DOUBLETS

Autour de l'atome central, tous les doublets — liants et non liants — se repoussent et adoptent la disposition qui les éloigne au maximum. Mais la géométrie de la molécule ne décrit que les atomes : les doublets non liants sculptent la forme sans y figurer. D'où le vocabulaire :

EntitéDoublets liantsNon liantsGéométrieAngle
CH₄40tétraédrique≈ 109°
NH₃31pyramidale≈ 107°
H₂O22coudée≈ 105°
CO₂2 doubles0 (sur C)linéaire180°
LES QUATRE GÉOMÉTRIES À CONNAÎTRE
MÉTHODE — PRÉDIRE UNE GÉOMÉTRIE
1.Établis le schéma de Lewis, et compte les directions autour de l'atome central : chaque liaison (simple ou double) compte pour une, chaque doublet non liant pour une.
2.Écarte ces directions au maximum : 2 directions → alignées (180°) ; 4 directions → tétraèdre (≈ 109°).
3.Efface mentalement les doublets non liants et nomme ce qui reste : 4 atomes → tétraédrique ; 3 → pyramidale ; 2 → coudée. Contrôle-réflexe : les doublets non liants pincent un peu les angles (109 → 107 → 105°).
EXEMPLE RÉSOLU — UNE MOLÉCULE JAMAIS VUE

Le sulfure d'hydrogène H₂S (l'odeur d'œuf pourri) — sachant que le soufre S est juste sous l'oxygène dans le tableau périodique, prédis la géométrie de la molécule.

Étape 1 — même colonne que O → 6 électrons de valence, même comptage que l'eau : 8 électrons, 4 doublets, 2 liants + 2 non liants sur S.

Étape 2 — 4 directions → disposition tétraédrique des doublets.

Étape 3 — on ne voit que S et les deux H : molécule coudée, comme l'eau.

Conclusion : le tableau périodique est une machine à prédire — même colonne, même schéma de Lewis, même géométrie. Tu viens de faire de la chimie sans tube à essai.

TESTE-TOI Encore trois sur les formes

Q1Les doublets d'un atome central s'écartent au maximum parce qu'ils…

Q2La molécule d'eau est coudée à cause…

Q3La molécule de CO₂ est…

4. L'électronégativité : qui tire le plus fort ?

Une liaison covalente est un partage — mais un partage n'est pas toujours équitable. Certains atomes tirent les électrons du doublet plus fort que d'autres : on mesure cette poigne par l'électronégativité, notée χ (« khi »). Choisis une liaison ci-dessous et regarde où le doublet passe son temps — puis compare H–H, C–H et O–H : trois partages, trois verdicts.

INTERACTIF Le bras de fer électronique

Électronégativités (échelle de Pauling, arrondies) : H : 2,2 · C : 2,6 · N : 3,0 · Cl : 3,2 · O : 3,4. Convention du cours : liaison considérée polarisée si Δχ dépasse 0,4.

Ce que le doublet vient de te montrer en glissant, voilà comment on l'écrit.

DÉFINITION

L'électronégativité χ d'un atome mesure son aptitude à attirer les électrons d'une liaison qu'il forme. Elle augmente vers la droite et vers le haut du tableau périodique : le fluor est le champion, suivi de l'oxygène — et l'hydrogène comme le carbone sont des poids moyens.

PROPRIÉTÉ — LA LIAISON POLARISÉE

Quand deux atomes d'électronégativités notablement différentes se lient, le doublet penche vers le plus électronégatif : il porte alors un excès de charge négative, noté δ− (« delta moins »), l'autre un défaut, noté δ+. La liaison est polarisée — elle a deux pôles :

$$\overset{\delta+}{\mathrm{H}} - \overset{\delta-}{\mathrm{Cl}}$$
MÉTHODE — POLARISER UNE LIAISON
1.Compare les électronégativités des deux atomes (elles sont toujours données au bac).
2.Si Δχ est notable (au-delà de ≈ 0,4) : liaison polarisée. Place δ− sur le plus électronégatif, δ+ sur l'autre.
3.Cas à connaître par cœur : O–H et N–H polarisées ; C–H et C–C considérées non polarisées. Contrôle-réflexe : δ− va presque toujours sur O, N ou un halogène.
EXEMPLE RÉSOLU — LES TROIS LIAISONS DE L'EAU OXYGÉNÉE… NON, DE L'EAU

Dans la molécule d'eau, les deux liaisons O–H sont-elles polarisées ? (χ(O) = 3,4 ; χ(H) = 2,2.) Où placer les charges partielles ?

Étape 1 — \(\Delta\chi = 3{,}4 - 2{,}2 = 1{,}2\) : bien au-delà de 0,4, les deux liaisons sont nettement polarisées.

Étape 2 — l'oxygène est le plus électronégatif : δ− sur O, δ+ sur chaque H. L'oxygène concentre le négatif, les deux hydrogènes portent le positif.

Conclusion : l'eau a désormais des pôles sur le papier. Reste une question — ces pôles se voient-ils à l'échelle de la molécule entière ? Réponse à la section 5, et elle dépend de la géométrie.

TESTE-TOI Trois sur le bras de fer

Q1L'électronégativité d'un atome, c'est…

Q2Dans une liaison polarisée, δ− se place sur…

Q3La liaison H–H de la molécule de dihydrogène est…

5. Polaire ou apolaire ? Le verdict

Te voilà armé : tu sais dessiner une molécule, connaître sa forme, et repérer ses liaisons polarisées. Dernière marche : passer de la liaison à la molécule entière. Chaque liaison polarisée tire comme une petite flèche, du δ+ vers le δ− ; la question est de savoir si ces flèches s'additionnent… ou s'annulent. Et ça, c'est la géométrie qui en décide. Quatre molécules, quatre verdicts — à toi.

INTERACTIF Polaire ou apolaire ?
MOLÉCULE 1/4
O H H δ− δ+ δ+

L'eau : liaisons O–H polarisées, molécule coudée. Verdict ?

Le réflexe en deux temps : des liaisons polarisées ? Puis : la géométrie les compense-t-elle ? Il faut un « oui » et un « non » pour une molécule polaire.

Ce que le jeu t'a fait décider quatre fois, voilà comment on l'écrit.

DÉFINITION

Une molécule est polaire si elle porte deux pôles électriques : cela exige des liaisons polarisées, et une géométrie qui ne les compense pas — autrement dit, les barycentres des charges δ+ et δ− ne coïncident pas. Si l'une des deux conditions manque, la molécule est apolaire : H₂O est polaire, CO₂ et CH₄ sont apolaires.

MÉTHODE — DÉCIDER LA POLARITÉ D'UNE MOLÉCULE
1.Lewis, puis géométrie : la routine des sections 2 et 3.
2.Repère les liaisons polarisées et dessine leur flèche (du δ+ vers le δ−).
3.Additionne les flèches en tenant compte de la géométrie : somme nulle (symétrie) → apolaire ; somme non nulle → polaire. Contrôle-réflexe : coudée ou pyramidale avec O ou N → presque toujours polaire.
EXEMPLE RÉSOLU — L'ÉNIGME DU FILET, RÉSOLUE

Explique enfin pourquoi le filet d'eau dévie vers la règle électrisée — et pourquoi un filet de cyclohexane (molécules apolaires) ne dévierait pas.

Étape 1 — chaque molécule d'eau est polaire : un côté δ− (l'oxygène), un côté δ+ (les hydrogènes).

Étape 2 — face à la règle chargée −, les molécules pivotent : leur côté δ+ se tourne vers la règle. Le pôle attiré se retrouve plus près que le pôle repoussé — et la loi de Coulomb en 1/d² fait le reste : l'attraction gagne.

Étape 3 — le cyclohexane, sans pôles, n'a rien à orienter : aucune force nette, le filet reste droit. C'est un vrai test de polarité, réalisable au-dessus d'un évier.

Conclusion : Lewis → géométrie → électronégativité → polarité — et une expérience de cuisine expliquée de bout en bout. Cette chaîne est LA question type du bac sur ce chapitre.

À RETENIR

Molécule polaire = liaisons polarisées et géométrie qui ne les compense pas. L'eau coche les deux cases ; le CO₂, malgré ses liaisons polarisées, échoue à la seconde.

TESTE-TOI Quatre questions pour finir

Q1Des liaisons polarisées suffisent-elles à rendre une molécule polaire ?

Q2Le CO₂ est apolaire parce que…

Q3Le méthane CH₄ est…

Q4Le filet d'eau dévie vers la règle électrisée parce que…

LES PIÈGES CLASSIQUES

Oublier les doublets non liants. Un schéma de Lewis représente tous les électrons de valence — pas seulement les liaisons. H₂O sans ses deux doublets non liants est un schéma faux… et une géométrie fausse en cascade, puisque ce sont eux qui plient la molécule.

Lire la forme sur le dessin à plat. Le schéma de Lewis est une carte, pas une photographie : H₂O s'y dessine souvent alignée, elle n'en est pas moins coudée. La géométrie se déduit de la répulsion des doublets, jamais de la mise en page.

Liaison polarisée = molécule polaire. Non : le CO₂ a deux liaisons bien polarisées et il est apolaire, parce que ses deux flèches se compensent à 180°. Il faut les liaisons et une géométrie qui ne les annule pas — toujours vérifier les deux.

Confondre δ+/δ− avec de vraies charges. Les deltas sont des charges partielles — des fractions de charge élémentaire dues à un partage inéquitable. Dans H–Cl, le chlore n'est pas Cl⁻ : la molécule reste covalente et globalement neutre. Les ions, c'est une autre histoire.

Croire qu'une molécule neutre ne peut pas être attirée. Le filet d'eau est neutre et dévie quand même : un dipôle qui s'oriente dans un champ subit une force nette, parce que son pôle attiré est plus près que son pôle repoussé. Neutre ne veut pas dire indifférent.

L'ESSENTIEL EN 5 LIGNES
LEWIS

Compter les électrons de valence (H : 1, C : 4, N : 5, O : 6), diviser par 2, placer doublets liants puis non liants — octet partout, duet pour H.

GÉOMÉTRIE

Les doublets se repoussent et s'écartent au maximum : CH₄ tétraédrique (109°), NH₃ pyramidale (107°), H₂O coudée (105°), CO₂ linéaire (180°).

ÉLECTRONÉG.

χ mesure la traction sur les électrons d'une liaison ; elle monte vers F et O dans le tableau périodique.

LIAISON

Δχ notable (> 0,4) → liaison polarisée : δ− sur le plus électronégatif, δ+ sur l'autre. O–H et N–H : oui ; C–H et C–C : non.

MOLÉCULE

Polaire = liaisons polarisées ET géométrie qui ne compense pas. H₂O polaire ; CO₂ et CH₄ apolaires.

Exercices

15 corrigés

Commence par le niveau 1. Cherche vraiment avant d'ouvrir le corrigé — c'est là que ça rentre. Les exercices suivent l'ordre du cours : le schéma de Lewis, la géométrie, l'électronégativité et les liaisons, la polarité des molécules — et un problème pour finir.

EXERCICE 01 · compter les électrons niveau 1

Le chlorure d'hydrogène HCl. Données : H possède 1 électron de valence, Cl en possède 7. a. Combien d'électrons de valence la molécule contient-elle ? b. Combien de doublets ? c. Répartis-les en doublets liants et non liants.

EXERCICE 02 · le schéma de l'eau niveau 1

Sans regarder la section 2 : établis le schéma de Lewis de l'eau H₂O (O : 6 électrons de valence, H : 1), puis vérifie l'octet de l'oxygène et le duet de chaque hydrogène.

EXERCICE 03 · CH₄ et NH₃ niveau 2

a. Établis les schémas de Lewis du méthane CH₄ et de l'ammoniac NH₃ (C : 4, N : 5, H : 1). b. Quel est leur point commun ? c. Quelle est la différence décisive entre les deux ?

EXERCICE 04 · une liaison double niveau 2

Le méthanal CH₂O (C : 4, H : 1, O : 6) : le carbone y est central, lié aux deux H et à l'oxygène. a. Compte les électrons de valence et les doublets. b. Montre qu'une liaison simple C–O ne suffit pas à l'octet, et qu'il faut une liaison double C=O. c. Termine le schéma.

EXERCICE 05 · la phosphine niveau 2

La phosphine PH₃ est une molécule à l'odeur d'ail, détectée dans l'atmosphère de Vénus en 2020. Le phosphore P est situé juste sous l'azote dans le tableau périodique. a. Combien d'électrons de valence possède-t-il ? b. Établis le schéma de Lewis de PH₃. c. Prédis la géométrie de la molécule.

EXERCICE 06 · l'œuf pourri niveau 2

Le sulfure d'hydrogène H₂S (S est sous O dans le tableau périodique). a. Établis son schéma de Lewis. b. Donne sa géométrie. c. Sachant que χ(S) = 2,6 et χ(H) = 2,2, ses liaisons sont-elles polarisées ? d. Conclure : H₂S est-elle nettement polaire, comme l'eau ?

EXERCICE 07 · pourquoi pas un carré ? niveau 2

Un camarade dessine CH₄ « en carré plat », les quatre H aux coins d'un carré autour du carbone, et affirme que c'est sa vraie forme. a. Quel serait l'angle entre liaisons dans cette version ? b. Quel est l'angle réel du tétraèdre ? c. Explique pourquoi la nature choisit le tétraèdre.

EXERCICE 08 · le classement des tireurs niveau 1

Données : χ(F) = 4,0 ; χ(O) = 3,4 ; χ(Cl) = 3,2 ; χ(N) = 3,0 ; χ(C) = 2,6 ; χ(H) = 2,2. a. Quel est l'atome le plus électronégatif de la liste ? b. Place les charges partielles dans O–H puis dans N–H. c. De C–H et O–H, laquelle est la plus polarisée ?

EXERCICE 09 · les liaisons de l'éthanol niveau 2

L'éthanol CH₃–CH₂–OH contient quatre types de liaisons : C–H, C–C, C–O et O–H. (χ : H 2,2 ; C 2,6 ; O 3,4.) a. Calcule Δχ pour chacune. b. Lesquelles sont polarisées ? Place les δ. c. Où se concentre le pôle négatif de la molécule ?

EXERCICE 10 · la famille des H–X niveau 2

Les halogénures d'hydrogène : H–F, H–Cl et H–Br. Données : χ(H) = 2,2 ; χ(F) = 4,0 ; χ(Cl) = 3,2 ; χ(Br) = 3,0. a. Calcule Δχ pour chaque liaison. b. Classe-les de la plus polarisée à la moins polarisée. c. Que remarques-tu en descendant la colonne des halogènes ?

EXERCICE 11 · l'énigme du CO₂ niveau 2

χ(C) = 2,6 ; χ(O) = 3,4. a. Les liaisons C=O du dioxyde de carbone sont-elles polarisées ? Place les δ. b. Rappelle la géométrie de CO₂. c. Explique, avec un schéma fléché, pourquoi la molécule est malgré tout apolaire.

EXERCICE 12 · l'ammoniac niveau 2

χ(N) = 3,0 ; χ(H) = 2,2. Justifie en trois étapes que la molécule d'ammoniac NH₃ est polaire : liaisons, géométrie, conclusion.

EXERCICE 13 · CCl₄ contre CHCl₃ niveau 3

Le tétrachlorométhane CCl₄ et le chloroforme CHCl₃ sont tous deux tétraédriques, avec des liaisons C–Cl polarisées (χ(Cl) = 3,2 ; χ(C) = 2,6 ; χ(H) = 2,2). a. Place les δ dans chaque molécule. b. Montre que CCl₄ est apolaire. c. Montre que CHCl₃, lui, est polaire. d. Quelle leçon générale en tires-tu ?

EXERCICE 14 · problème : le four à micro-ondes niveau 3

Un four à micro-ondes crée un champ électrique qui s'inverse 4,9 milliards de fois par seconde. a. Explique pourquoi ce champ fait « danser » les molécules d'eau, et comment cette danse devient de la chaleur. b. L'huile, faite de molécules quasi apolaires, chauffe nettement moins vite au micro-ondes que l'eau : pourquoi ? c. Une assiette en verre bien sèche ressort à peine tiède alors que la soupe bout : explique.

VERS LE BAC — EXERCICE 15 ≈ 45 MIN · SANS CALCULATRICE

De l'atome au filet d'eau. Données : électrons de valence — H : 1, C : 4, O : 6 ; électronégativités — χ(H) = 2,2, χ(C) = 2,6, χ(O) = 3,4.

PARTIE A — LA MOLÉCULE D'EAU, DE BOUT EN BOUT
  1. Établis le schéma de Lewis de H₂O en détaillant le comptage des doublets.
  2. Prédis et justifie la géométrie de la molécule.
  3. Les liaisons O–H sont-elles polarisées ? Place les charges partielles.
  4. Conclus : la molécule d'eau est-elle polaire ? Justifie avec un schéma fléché.
PARTIE B — LE CONTRE-EXEMPLE ET L'EXPÉRIENCE
  1. Établis le schéma de Lewis de CO₂ et donne sa géométrie.
  2. Montre que CO₂ est apolaire malgré ses liaisons polarisées.
  3. On approche une règle électrisée d'un filet d'eau, puis d'un filet de cyclohexane (molécules apolaires) : décris et explique les deux observations.