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Cohésion et solubilité

CE QUE TU DOIS SAVOIR FAIRE — expliquer la cohésion des solides ioniques et moléculaires (interactions de Van der Waals, liaison hydrogène), écrire une équation de dissolution, prévoir une solubilité ou une miscibilité avec « qui se ressemble s'assemble », choisir un solvant d'extraction, et interpréter l'action d'un savon.

≈ 60 min de travail · 15 exercices corrigés · mis à jour août 2026
SOMMAIRE

1. Deux mystères de cuisine

Premier mystère : tu sales l'eau des pâtes. Une pincée de cristaux blancs, deux tours de cuillère — et plus rien. Le sel a disparu. Où est-il passé ? Il n'a pas fondu (fondre du sel exige un four à 801 °C), il n'a pas réagi… et pourtant le cristal, ce petit édifice si solide, s'est complètement défait.

Second mystère : la vinaigrette. Huile et vinaigre, secoués énergiquement — et une minute plus tard, deux couches bien nettes, comme si de rien n'était. L'eau accueille le sel à bras ouverts et refuse obstinément l'huile. Pourquoi cette préférence ?

La réponse aux deux mystères est la même, et tu la possèdes depuis le chapitre précédent : la polarité. Ce chapitre regarde ce qui tient la matière ensemble — la cohésion — et ce qui arrive quand deux cohésions se disputent : dissolution (section 2), forces entre molécules (section 3), mélanges réussis ou refusés (section 4)… et le coup de génie du savon, qui réconcilie l'eau et le gras (section 5).

le sel « disparaît » l'huile refuse l'eau huile vinaigre
Deux expériences de cuisine, une seule question : qui accepte de se mélanger avec qui — et pourquoi ? Le bécher de gauche est exactement le graphique que tu vas manipuler juste en dessous.

2. La dissolution du sel, ion par ion

Voici le cristal de sel au fond de l'eau, vu de très près : des ions Na⁺ et Cl⁻ alternés, tenus par l'attraction électrostatique — la loi de Coulomb du chapitre sur les interactions. Autour, des molécules d'eau, chacune avec ses pôles δ+ et δ−. Détache les ions un par un, et surveille un détail : comment les molécules d'eau s'orientent autour de chaque ion capturé.

INTERACTIF Le cristal qui se défait

Petits disques accent : les cations Na⁺ ; grands disques craie : les anions Cl⁻ (un vrai ion chlorure est plus gros qu'un ion sodium). Les molécules d'eau sont dessinées avec leur oxygène (gros) et leurs deux hydrogènes (petits).
POURQUOI ?

Pourquoi l'eau gagne-t-elle contre un cristal si bien tenu ? Parce qu'elle attaque en nombre et avec les bonnes armes : chaque molécule d'eau est un petit dipôle, et des dizaines d'entre elles présentent leur pôle δ− aux cations, leur pôle δ+ aux anions. Toutes ces petites attractions mises ensemble rivalisent avec la cohésion du cristal — et l'emportent, ion après ion.

Ce que tu viens de faire ion par ion, voilà comment on l'écrit.

DÉFINITION

Un solide ionique est un empilement régulier d'anions et de cations, tenu par l'attraction électrostatique entre charges opposées. Sa dissolution dans l'eau se déroule en trois étapes : la dissociation (le cristal se défait), la solvatation (chaque ion s'entoure de molécules d'eau orientées — on dit aussi hydratation), la dispersion (les ions s'éloignent dans la solution).

$$\mathrm{NaCl(s)} \;\longrightarrow\; \mathrm{Na^+(aq)} + \mathrm{Cl^-(aq)}$$
MÉTHODE — ÉCRIRE UNE ÉQUATION DE DISSOLUTION
1.À gauche : le solide, avec l'état « (s) ». À droite : ses ions séparés, chacun avec « (aq) » — aqueux, entouré d'eau.
2.Ajuste les nombres pour conserver les éléments : CaCl₂ libère deux ions chlorure par unité.
3.Contrôle-réflexe : la charge totale à droite doit être nulle, comme le solide de départ. Si ça ne tombe pas à zéro, un coefficient manque.
EXEMPLE RÉSOLU — LE CHLORURE DE CALCIUM

Le chlorure de calcium CaCl₂ (utilisé pour déneiger les routes) est constitué d'ions Ca²⁺ et Cl⁻. Écris son équation de dissolution dans l'eau, et vérifie-la.

Étape 1 — \(\mathrm{CaCl_2(s)} \longrightarrow \mathrm{Ca^{2+}(aq)} + 2\,\mathrm{Cl^-(aq)}\).

Étape 2 — éléments : 1 Ca et 2 Cl de chaque côté ✓.

Étape 3 — charges à droite : \(+2 + 2 \times (-1) = 0\) ✓ — neutre, comme le cristal.

Conclusion : le « 2 » devant Cl⁻ n'est pas un détail — c'est lui qui conserve la matière et la charge. C'est l'oubli n°1 en devoir.

TESTE-TOI Trois questions, trente secondes

Q1Les trois étapes de la dissolution d'un solide ionique :

Q2L'équation de dissolution du chlorure de calcium CaCl₂ s'écrit :

Q3L'eau dissout bien les solides ioniques parce que…

3. Ce qui tient les solides moléculaires

Le sel tient par ses charges — mais qu'est-ce qui tient un glaçon ? Ou du diiode solide ? Ces solides-là sont faits de molécules neutres : pour qu'ils tiennent, il faut des attractions entre molécules. Elles existent, elles sont discrètes, et le meilleur moyen de mesurer leur force est de demander : combien faut-il chauffer pour tout défaire ? Compare les quatre candidats.

INTERACTIF Le concours de fusion

Plus la cohésion est forte, plus il faut chauffer pour fondre. Les pointillés fins : interactions de Van der Waals ; les pointillés accent : liaisons hydrogène.

Ce que le thermomètre vient de classer, voilà comment on l'écrit.

PROPRIÉTÉ — LES INTERACTIONS DE VAN DER WAALS

Entre toutes les molécules — polaires ou non — s'exercent de petites attractions électriques : les interactions de Van der Waals. Elles sont faibles, mais grandissent avec la taille des molécules (plus le nuage électronique est gros, plus il est déformable) : O₂ fond à −219 °C, le diiode I₂ — même type de molécule, en énorme — à 114 °C.

PROPRIÉTÉ — LA LIAISON HYDROGÈNE

Quand un atome H lié à un O ou un N (donc très δ+) pointe vers le doublet non liant d'un O ou d'un N d'une molécule voisine, il s'y accroche : c'est une liaison hydrogène. Plus forte que Van der Waals, environ dix fois plus faible qu'une liaison covalente — et responsable des propriétés hors norme de l'eau.

EXEMPLE RÉSOLU — L'ANOMALIE QUI TE PERMET D'EXISTER

H₂O (18 g/mol) fond à 0 °C. H₂S (34 g/mol), sa cousine plus lourde, fond à −86 °C. a. D'après la taille seule, laquelle devrait fondre le plus haut ? b. Que se passe-t-il en réalité, et pourquoi ? c. Qu'arriverait-il si l'eau suivait la règle ?

a. — H₂S, plus grosse, a des Van der Waals plus fortes : elle devrait fondre plus haut que l'eau.

b. — c'est l'inverse, et de 86 °C ! L'eau bénéficie d'un renfort massif : ses liaisons O–H très polarisées tissent des liaisons hydrogène dans tout le solide. H₂S, aux liaisons à peine polarisées (Δχ = 0,4), n'en fait presque pas.

c. — sans liaisons hydrogène, l'eau fondrait et bouillirait largement sous −50 °C : ni océans liquides, ni pluie, ni toi. Cette petite interaction discrète porte littéralement la vie.

Conclusion : taille → Van der Waals ; O–H ou N–H → liaisons hydrogène en plus. Deux questions à se poser, dans cet ordre, devant toute température de fusion.

TESTE-TOI Encore trois sur la cohésion

Q1Les interactions de Van der Waals existent…

Q2Une liaison hydrogène se forme quand…

Q3Classe de la plus forte à la plus faible :

4. Qui se ressemble s'assemble

Te voilà équipé pour les mystères du début. Un mélange réussit quand les nouvelles attractions (entre le soluté et le solvant) rivalisent avec les anciennes (la cohésion de chacun). L'eau polaire sait retenir ce qui est polaire ou ionique ; le cyclohexane apolaire accueille ce qui est apolaire. La règle des chimistes tient en quatre mots : qui se ressemble s'assemble. Quatre situations, quatre verdicts — à toi.

INTERACTIF Ça se mélange ?
MÉLANGE 1/4
eau + éthanol (polaire, avec un groupe O–H)

On verse de l'éthanol dans l'eau et on agite. Qu'observe-t-on ?

Le réflexe : polaire/ionique va avec polaire ; apolaire va avec apolaire. La densité décide seulement de qui flotte.
DÉFINITION

La solubilité d'une espèce dans un solvant est la masse maximale qu'on peut y dissoudre par litre (g/L). Deux liquides qui se mélangent en une seule phase sont miscibles. Règle de prédiction : les espèces polaires ou ioniques se dissolvent bien dans les solvants polaires, les espèces apolaires dans les solvants apolaires.

MÉTHODE — CHOISIR UN SOLVANT D'EXTRACTION
1.L'espèce à extraire doit être nettement plus soluble dans le solvant extracteur que dans la solution de départ (compare les solubilités données).
2.Le solvant extracteur doit être non miscible avec la solution de départ — sinon, impossible de les séparer ensuite.
3.Les densités doivent différer (pour que les phases se superposent dans l'ampoule à décanter) — et le solvant doit être aussi peu dangereux que possible. Contrôle-réflexe : la phase la moins dense est TOUJOURS au-dessus.
EXEMPLE RÉSOLU — L'AMPOULE À DÉCANTER

On veut extraire le diiode d'une eau iodée. Données : solubilité de I₂ : 0,3 g/L dans l'eau, 28 g/L dans le cyclohexane ; le cyclohexane est non miscible à l'eau, de densité 0,78. a. Justifie le choix du cyclohexane. b. Décris ce qu'on observe après agitation et repos. c. Où est le diiode à la fin ?

a. — trois critères ✓ : I₂ y est ≈ 90 fois plus soluble (28 contre 0,3), le cyclohexane n'est pas miscible à l'eau, et sa densité (0,78 < 1) sépare bien les phases.

b. — deux phases dans l'ampoule : le cyclohexane au-dessus (moins dense), l'eau en dessous. Après agitation, la phase du haut prend une teinte rose violacée soutenue ; l'eau se décolore.

c. — presque tout le diiode est passé dans le cyclohexane — il a déménagé vers le solvant qui lui ressemble. Il ne reste qu'à ouvrir le robinet du bas pour évacuer l'eau.

Conclusion : l'extraction n'est que « qui se ressemble s'assemble », organisé en verrerie. Trois critères à réciter, une ampoule à dessiner — question de TP archi-classique.

TESTE-TOI Trois sur les mélanges

Q1« Qui se ressemble s'assemble » signifie :

Q2Pour dissoudre beaucoup de diiode (apolaire), on choisit…

Q3Eau et cyclohexane, agités puis laissés au repos :

5. Le savon, ou l'art de réconcilier l'eau et le gras

Dernier acte : la vaisselle. L'assiette est grasse, l'eau est polaire, la graisse est apolaire — d'après tout ce chapitre, c'est perdu d'avance. Et pourtant le liquide vaisselle gagne. Son arme secrète est une molécule double agent : une longue queue apolaire qui adore le gras, une tête ionique qui adore l'eau. Essaie d'abord sans savon, puis avec — et rince.

INTERACTIF La molécule à deux têtes

Chaque tensioactif : un trait (la queue lipophile, un long squelette carboné apolaire) et un disque accent (la tête hydrophile, ionique). La graisse est la tache éteinte.

Ce que le rinçage vient de montrer, voilà comment on l'écrit.

DÉFINITION

Un savon contient des espèces amphiphiles (ou tensioactives) : une longue chaîne carbonée lipophile — apolaire, qui fuit l'eau et se plante dans les graisses — et une tête hydrophile — ionique ou très polaire, que l'eau solvate volontiers. En présence de graisse, elles s'organisent en micelles : la gouttelette emballée, queues vers l'intérieur, têtes vers l'eau.

POURQUOI ?

Le savon ne « dissout » pas la graisse — aucun miracle de polarité. Il la déguise : vue de l'extérieur, une micelle n'est qu'une boule hérissée de têtes hydrophiles, un objet parfaitement fréquentable pour l'eau. La graisse voyage incognito à l'intérieur, et le courant de rinçage emporte tout. D'où la règle d'or : savonner ne suffit pas, il faut rincer.

À RETENIR

Amphiphile = queue lipophile + tête hydrophile. Le savon emballe la graisse en micelles que l'eau accepte — il ne la dissout pas, il la fait passer en douce.

TESTE-TOI Quatre questions pour finir

Q1La tête d'un tensioactif est…

Q2Face à une tache de gras, la queue lipophile…

Q3Une micelle, c'est…

Q4« Le sel fond dans l'eau. » Ton verdict ?

LES PIÈGES CLASSIQUES

« Le sel fond dans l'eau. » Non : il se dissout. Fondre, c'est passer liquide sous l'effet de la chaleur (801 °C pour NaCl) ; se dissoudre, c'est être démonté ion par ion par les dipôles du solvant, à froid. L'examinateur guette ce mot.

Oublier le coefficient dans l'équation de dissolution. CaCl₂ libère 2 Cl⁻ ; Na₂SO₄ libère 2 Na⁺. Le contrôle est automatique : la somme des charges à droite doit faire zéro. Et n'oublie ni le (s) ni les (aq).

Prendre la liaison hydrogène pour une liaison covalente. La liaison hydrogène est une interaction entre molécules, environ dix fois plus faible qu'une covalente. Dissoudre ou faire fondre casse des interactions — jamais les molécules elles-mêmes.

« L'huile ne se mélange pas parce qu'elle est plus légère. » La densité explique qui flotte, pas le refus de se mélanger — c'est l'incompatibilité polaire/apolaire qui sépare les phases. De l'huile plus dense que l'eau formerait aussi deux couches… dans l'autre ordre.

Croire que le savon dissout la graisse. Il l'emballe en micelles que l'eau accepte de transporter. Nuance décisive : sans rinçage, les micelles restent sur place — savonner sans rincer ne nettoie rien.

L'ESSENTIEL EN 5 LIGNES
SOLIDE IONIQUE

Anions + cations alternés, tenus par l'attraction électrostatique — la cohésion la plus forte (NaCl fond à 801 °C).

MOLÉCULAIRE

Van der Waals entre toutes les molécules (croissent avec la taille) ; liaisons hydrogène en renfort quand H lié à O/N pointe vers un O/N voisin.

DISSOLUTION

Dissociation, solvatation, dispersion : \(\mathrm{CaCl_2(s)} \to \mathrm{Ca^{2+}(aq)} + 2\,\mathrm{Cl^-(aq)}\) — charges conservées, zéro au total.

SOLUBILITÉ

Qui se ressemble s'assemble : polaire/ionique avec solvant polaire, apolaire avec apolaire. Extraction : plus soluble + non miscible + densités différentes.

SAVON

Espèce amphiphile : queue lipophile plantée dans la graisse, tête hydrophile vers l'eau — micelles emportées au rinçage.

Exercices

15 corrigés

Commence par le niveau 1. Cherche vraiment avant d'ouvrir le corrigé — c'est là que ça rentre. Les exercices suivent l'ordre du cours : la dissolution et ses équations, la cohésion des solides, solubilité et extraction, les savons — et un problème pour finir.

EXERCICE 01 · la cohésion du sel niveau 1

Le chlorure de sodium est un empilement d'ions Na⁺ et Cl⁻. a. Quelle interaction assure la cohésion de ce cristal ? b. Pourquoi les ions s'y rangent-ils en alternant + et − ? c. De quel chapitre vient la loi qui décrit cette interaction ?

EXERCICE 02 · équations de dissolution niveau 1

Écris l'équation de dissolution dans l'eau : a. du chlorure de potassium KCl (ions K⁺ et Cl⁻) ; b. de l'hydroxyde de sodium NaOH (ions Na⁺ et HO⁻).

EXERCICE 03 · le coefficient piège niveau 2

Le chlorure de magnésium MgCl₂ est constitué d'ions Mg²⁺ et Cl⁻. a. Écris son équation de dissolution. b. Vérifie la conservation des éléments et de la charge. c. Combien d'ions chlorure libère la dissolution de 5 unités MgCl₂ ?

EXERCICE 04 · le sulfate de sodium niveau 2

Le sulfate de sodium Na₂SO₄ est constitué d'ions Na⁺ et d'ions sulfate SO₄²⁻. a. Écris son équation de dissolution. b. Un flacon indique « solution de sulfate de sodium » : quels ions contient-elle, et dans quelles proportions ?

EXERCICE 05 · le concours de fusion niveau 2

Quatre solides et leurs températures de fusion : O₂ (−219 °C), H₂O (0 °C), I₂ (114 °C), NaCl (801 °C). Associe chaque température à l'interaction dominante qui assure la cohésion, et justifie l'ordre obtenu.

EXERCICE 06 · I₂ contre H₂O niveau 2

Le diiode I₂ (molécule apolaire, 254 g/mol) fond à 114 °C ; l'eau (molécule polaire, 18 g/mol) fond à 0 °C. a. Quelle interaction tient le solide de diiode ? Pourquoi est-elle si efficace ici ? b. Et la glace ? c. Pourquoi comparer ces deux-là est-il instructif ?

EXERCICE 07 · où sont les liaisons H ? niveau 2

Parmi ces liquides, lesquels forment des liaisons hydrogène entre leurs molécules ? Justifie pour chacun. a. L'éthanol CH₃–CH₂–OH. b. Le méthane CH₄ (liquéfié). c. L'ammoniac NH₃ (liquéfié). d. Le cyclohexane C₆H₁₂.

EXERCICE 08 · miscible ou pas niveau 1

Prévois, en justifiant par la polarité : a. eau + éthanol ; b. eau + cyclohexane ; c. huile + cyclohexane.

EXERCICE 09 · les solubilités du diiode niveau 2

Solubilité du diiode I₂ : 0,3 g/L dans l'eau, 28 g/L dans le cyclohexane. a. Explique cet écart à partir des polarités. b. Justifie que I₂ est apolaire à partir de son schéma de Lewis. c. Quelle masse maximale de diiode peut-on dissoudre dans 250 mL de cyclohexane ?

EXERCICE 10 · le sucre et le sel niveau 2

Le sel (NaCl, ionique) et le sucre (saccharose, molécule couverte de groupes O–H) se dissolvent tous deux très bien dans l'eau. a. Décris ce qui se passe à l'échelle microscopique pour le sel. b. Même question pour le sucre — qu'est-ce qui change ? c. Pourquoi aucun des deux ne se dissout-il dans le cyclohexane ?

EXERCICE 11 · l'extraction complète niveau 3

Tu disposes d'eau iodée (diiode dissous dans l'eau) et de trois solvants candidats : l'éthanol (miscible à l'eau), le cyclohexane (non miscible, d = 0,78, I₂ très soluble) et le dichlorométhane (non miscible, d = 1,33, I₂ très soluble). a. Élimine un candidat et justifie. b. Pour chacun des deux restants, indique la position des phases dans l'ampoule à décanter. c. Décris les étapes de l'extraction avec le cyclohexane.

EXERCICE 12 · anatomie d'un savon niveau 2

L'ion carboxylate d'un savon s'écrit CH₃–(CH₂)₁₆–COO⁻. a. Identifie la partie lipophile et la partie hydrophile, en justifiant. b. Pourquoi l'eau seule ne décolle-t-elle pas une graisse ? c. Dessine (ou décris) la position de trois de ces ions à la surface d'une gouttelette de graisse dans l'eau.

EXERCICE 13 · savonner ET rincer niveau 3

Explique, avec le vocabulaire du chapitre, chaque étape du lavage d'une poêle grasse : a. ce que font les tensioactifs pendant qu'on frotte ; b. ce que devient la graisse au moment du rinçage ; c. pourquoi une poêle savonnée mais non rincée reste sale ; d. pourquoi l'eau très chaude aide.

EXERCICE 14 · problème : le secret de la mayonnaise niveau 3

La vinaigrette (huile + vinaigre) se sépare en deux phases en une minute. La mayonnaise (huile + jaune d'œuf + moutarde + vinaigre) tient des semaines, alors qu'elle contient les mêmes ingrédients ennemis. Le jaune d'œuf et la moutarde apportent de la lécithine, une molécule amphiphile. a. Rappelle pourquoi la vinaigrette se sépare. b. Explique, schéma mental à l'appui, comment la lécithine stabilise la mayonnaise. c. En quoi ce mécanisme est-il exactement celui du savon ? d. Propose une raison pour laquelle il faut verser l'huile petit à petit en fouettant.

VERS LE BAC — EXERCICE 15 ≈ 45 MIN · SANS CALCULATRICE

Le diiode, de l'armoire à pharmacie au TP. Données : solubilité de I₂ : 0,3 g/L dans l'eau, 28 g/L dans le cyclohexane ; densités : eau 1,00, cyclohexane 0,78 ; le cyclohexane est non miscible à l'eau ; χ(I) = 2,7.

PARTIE A — DISSOUDRE
  1. Le sérum physiologique est une solution de chlorure de sodium. Quelle interaction assure la cohésion du cristal de NaCl avant dissolution ?
  2. Écris l'équation de dissolution de NaCl dans l'eau.
  3. Explique pourquoi l'eau, molécule polaire, réussit cette dissolution — avec le devenir précis de chaque type d'ion.
PARTIE B — EXTRAIRE
  1. Justifie que la molécule de diiode I₂ est apolaire.
  2. On veut extraire le diiode d'une eau iodée : justifie le choix du cyclohexane par les trois critères du cours.
  3. Fais le schéma légendé de l'ampoule à décanter après agitation et repos (position et contenu des phases).
  4. Où se trouve l'essentiel du diiode à la fin ? Comment le voit-on à l'œil nu ?