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L'énergie électrique

CE QUE TU DOIS SAVOIR FAIRE — relier l'intensité à un débit de charges avec I = Q/Δt, exploiter la caractéristique U = E − r·I d'une source réelle et déterminer un point de fonctionnement, calculer une puissance P = U × I et une énergie (jusqu'au kilowattheure), chiffrer l'effet Joule et le rendement d'un convertisseur.

≈ 60 min de travail · 15 exercices corrigés · mis à jour août 2026
SOMMAIRE

1. Deux ampères, c'est deux quoi ?

Ce soir, comme tous les soirs, tu branches ton téléphone. Sur la brique du chargeur, en tout petit, une inscription que tu n'as sans doute jamais lue : « Output : 5,0 V · 2,0 A ». Cinq volts, passe encore — la tension, tu en as entendu parler. Mais deux ampères ? Deux quoi, au juste ?

Voici l'image à garder pour tout le chapitre : un poste de péage sur l'autoroute. De loin, impossible de suivre chaque voiture — mais on peut compter ce qui franchit la barrière chaque seconde. L'électricité, c'est pareil. Dans le fil de ton chargeur, des charges électriques avancent en file, et « deux ampères » répond très exactement à la question « combien de charge passe-t-il par seconde ? ». Pas « à quelle vitesse ». Combien.

Ce chapitre suit les charges à la trace : les compter (section 2), voir ce qu'une batterie réelle accepte vraiment de donner (section 3), faire les comptes en watts et en joules (section 4), puis pister la part qui s'évapore en chaleur — et pourquoi elle n'est jamais tout à fait évitable (section 5).

la section comptée sens conventionnel du courant I les électrons avancent dans ce sens ⟶
L'image de tout le chapitre : dans un fil, le courant est une file de charges en marche. Compter ce qui franchit la section chaque seconde, c'est mesurer l'intensité — c'est exactement le graphique que tu vas manipuler juste en dessous.

2. L'intensité : un débit de charges

Le péage, le voici. Un fil, une section marquée, un curseur qui règle le débit. Lance le comptage de cinq secondes et surveille le compteur : il additionne les coulombs — les « paquets de charge » — qui franchissent la ligne. Refais-le pour plusieurs réglages : que devient le compteur quand tu doubles l'intensité ?

INTERACTIF Le péage à électrons
intensité I — le débit que tu imposes

Les points sont symboliques : dans un vrai fil, les porteurs sont inimaginablement nombreux et avancent très lentement (moins d'un millimètre par seconde) — c'est leur nombre qui fait le débit. Change le curseur : le comptage repart de zéro.
POURQUOI ?

Pourquoi un débit et pas une vitesse ? Pense à un fleuve : il peut couler lentement et débiter énormément d'eau, si son lit est large. Dans un fil, les porteurs avancent à peine — mais ils sont en nombre astronomique, et leur défilé transporte une charge colossale chaque seconde. L'ampèremètre ne chronomètre personne : il compte ce qui passe.

Ce que ton compteur vient de faire, voilà comment on l'écrit.

DÉFINITION

Dans un métal, le courant électrique est un mouvement d'ensemble d'électrons libres ; dans une solution, ce sont des ions qui se déplacent. Ces particules chargées sont les porteurs de charge. L'intensité \(I\) du courant mesure le débit de charges : la charge qui traverse une section du circuit, divisée par la durée. Elle se mesure en ampères (A) : 1 A = 1 coulomb par seconde.

$$I = \frac{Q}{\Delta t} \qquad\quad \text{— } Q \text{ en C, } \Delta t \text{ en s, } I \text{ en A}$$
PROPRIÉTÉ — LA CHARGE ÉLECTRIQUE

La charge \(Q\) se mesure en coulombs (C), et elle est portée par des particules : la plus petite charge possible est la charge élémentaire \(e = 1{,}60 \times 10^{-19}\) C — celle du proton ; l'électron porte \(-e\). Le nombre de porteurs qui ont défilé s'en déduit :

$$N = \frac{Q}{e}$$

Un seul coulomb, c'est déjà 6,25 × 10¹⁸ électrons. Les nombres de ce chapitre sont gigantesques — c'est normal.

MÉTHODE — DE LA CHARGE À L'INTENSITÉ, ET RETOUR
1.Mets tout en unités SI : les minutes et les heures en secondes, les mAh en coulombs (1 Ah = 3 600 C — c'est un « I × Δt » déguisé) — avant de calculer.
2.Applique \(I = \dfrac{Q}{\Delta t}\) dans le sens demandé : \(Q = I \times \Delta t\), ou \(\Delta t = \dfrac{Q}{I}\).
3.S'il faut compter les porteurs : \(N = \dfrac{Q}{e}\). Contrôle-réflexe : \(N\) doit sortir gigantesque (10¹⁸ et au-delà) — un résultat « à taille humaine » signale un exposant perdu.
EXEMPLE RÉSOLU — LA BATTERIE DE TON TÉLÉPHONE

La fiche technique annonce « 3 000 mAh ». a. Quelle charge la batterie peut-elle débiter au total, en coulombs ? b. Pendant combien de temps peut-elle fournir 0,30 A (un usage léger) ? c. Combien d'électrons cela représente-t-il ?

a. — 3 000 mAh = 3,0 Ah, c'est-à-dire un débit de 3,0 A tenu pendant une heure : \(Q = I \times \Delta t = 3{,}0 \times 3\,600 = 10\,800\) C ≈ 1,1 × 10⁴ C.

b. — \(\Delta t = \dfrac{Q}{I} = \dfrac{10\,800}{0{,}30} = 36\,000\) s = 10 h. Voilà l'« autonomie » — juste la réserve divisée par le débit.

c. — \(N = \dfrac{Q}{e} = \dfrac{10\,800}{1{,}60 \times 10^{-19}} = 6{,}75 \times 10^{22}\) électrons. Gigantesque : cohérent.

Conclusion : les « mAh » des publicités ne sont qu'une réserve de charge. I = Q/Δt la transforme en autonomie — et réciproquement.

TESTE-TOI Trois questions, trente secondes

Q1Un courant de 2,0 A, c'est…

Q2Un courant de 0,50 A circule pendant 60 s. La charge qui a traversé vaut…

Q3Dans un fil métallique, les électrons circulent…

3. La batterie réelle et le point de fonctionnement

Prends une pile de 9 V toute neuve et un voltmètre : 9,2 V, parfait. Branche-la maintenant sur un petit moteur et remesure pendant qu'il tourne : 7,8 V. La pile ne ment pas, et elle n'est pas fatiguée : toute source réelle garde une partie de la tension pour elle-même dès qu'un courant la traverse — comme si elle cachait, à l'intérieur de la boîte, sa propre petite résistance.

La batterie ci-dessous (12 V, comme celle d'un vélo électrique) alimente un récepteur que tu choisis. Deux droites : ce que la batterie propose, ce que le récepteur exige. Le circuit, lui, n'a pas le choix : il s'installe là où les deux sont d'accord. Fais varier R et suis le point — essaie aussi le court-circuit, pour voir.

INTERACTIF Deux lois, un seul point
résistance R du récepteur (Ω)
E = 12 V · r = 2,0 Ω

La droite de la batterie ne bouge jamais : E et r sont enfermés dans la boîte. Toi, tu ne choisis que le récepteur — et pourtant c'est bien toi qui décides du courant.

Ce que le point vient de faire sous tes yeux, voilà comment on l'écrit.

DÉFINITION

Une source réelle de tension continue (pile, batterie, alimentation) est décrite par deux grandeurs : sa force électromotrice \(E\) — la tension qu'elle affiche à vide, quand aucun courant ne circule — et sa résistance interne \(r\), la petite résistance cachée dans la boîte.

$$U = E - r \times I$$
PROPRIÉTÉ — LA CARACTÉRISTIQUE D'UNE SOURCE RÉELLE

Dès que la source débite un courant d'intensité \(I\), la tension \(U\) à ses bornes descend sous \(E\) : le terme \(r \times I\) reste à l'intérieur. Sa caractéristique — le graphique de \(U\) en fonction de \(I\) — est une droite qui part de \(E\) (à \(I = 0\)) et descend avec la pente \(-r\). Plus on lui demande de courant, moins elle offre de tension.

DÉFINITION

Branche un récepteur : chacun impose sa loi. La source : \(U = E - r I\). Le récepteur de résistance \(R\) (loi d'Ohm, vue en Seconde) : \(U = R I\). Le point de fonctionnement est l'unique couple \((I\;;\, U)\) qui satisfait les deux lois à la fois — graphiquement, l'intersection des deux caractéristiques.

MÉTHODE — TROUVER LE POINT DE FONCTIONNEMENT
1.Écris les deux lois : \(U = E - r I\) pour la source, \(U = R I\) pour le récepteur.
2.Égale-les : \(R I = E - r I\), d'où \(I = \dfrac{E}{r + R}\).
3.Remonte à \(U\) avec la loi la plus simple (\(U = R I\)), puis vérifie sur le graphique : ton couple \((I\;;\, U)\) doit tomber pile sur l'intersection.
EXEMPLE RÉSOLU — LE PHARE DU VÉLO

La batterie du vélo : E = 12 V, r = 2,0 Ω. On branche le phare, de résistance R = 10 Ω. Détermine le point de fonctionnement.

Étape 1 — les deux lois : \(U = 12 - 2{,}0 \times I\) et \(U = 10 \times I\).

Étape 2 — \(10\,I = 12 - 2{,}0\,I\), donc \(I = \dfrac{12}{12} = 1{,}0\) A.

Étape 3 — \(U = 10 \times 1{,}0 = 10\) V. Le phare reçoit 10 V — il « manque » 2,0 V, restés dans la batterie (\(r \times I = 2{,}0\) V). C'est le réglage initial du graphique : vérifie.

Conclusion : une source réelle ne donne jamais tout son E. Le récepteur décide du courant ; la source prélève sa part au passage.

TESTE-TOI Encore trois sur la source

Q1À vide (aucun courant), la tension aux bornes d'une pile vaut…

Q2E = 9,0 V, r = 3,0 Ω, I = 1,0 A. La tension aux bornes de la source vaut…

Q3Le point de fonctionnement d'un circuit, c'est…

4. Puissance, énergie et effet Joule

Chez toi, quelque part, un compteur tourne. Il ne compte ni les volts ni les ampères : il compte l'énergie — c'est elle qu'on te facture, en kilowattheures. Avant la facture, la question physique : quand le courant traverse la batterie et le récepteur, qui reçoit combien ?

La barre ci-dessous fait les comptes en direct, sur la même batterie qu'à la section 3. Toute la barre : la puissance que la chimie de la batterie débite. La part accent va au circuit ; la part éteinte chauffe la batterie de l'intérieur. Baisse R pour pousser le courant, et regarde bien : la part éteinte n'enfle pas comme I — elle enfle comme I².

INTERACTIF La barre des comptes
résistance R du récepteur (Ω)
E = 12 V · r = 2,0 Ω

La part éteinte ne « disparaît » pas : elle chauffe la batterie. Rien ne se perd — mais tout ne sert pas.

Ce que la barre vient de partager, voilà comment on l'écrit.

PROPRIÉTÉ — PUISSANCE ET ÉNERGIE (RAPPELS MUSCLÉS)

Un dipôle soumis à la tension \(U\) et traversé par le courant \(I\) reçoit la puissance :

$$P = U \times I \qquad\quad \text{— } P \text{ en watts (W)}$$

et, pendant une durée \(\Delta t\), l'énergie :

$$E = P \times \Delta t \qquad\quad \text{— en joules si } \Delta t \text{ est en secondes}$$

Attention à la lettre : ici \(E\) désigne une énergie — rien à voir avec la f.é.m. de la section 3. L'unité te sauve toujours : des volts pour la f.é.m., des joules pour l'énergie. Sur les factures, l'unité pratique est le kilowattheure : \(1\) kWh \(= 1\,000\) W pendant \(3\,600\) s, soit \(3{,}6 \times 10^6\) J.

PROPRIÉTÉ — L'EFFET JOULE

Tout conducteur qui possède une résistance chauffe quand un courant le traverse : c'est l'effet Joule. La puissance dissipée en chaleur vaut :

$$P_J = R \times I^2$$

Le carré change tout : doubler le courant quadruple la chaleur. Dans la source elle-même, remplace \(R\) par \(r\) : c'est la part éteinte de la barre.

POURQUOI ?

D'où vient cette chaleur ? Les porteurs ne glissent pas dans un couloir vide : ils bousculent sans arrêt les atomes du métal, qui se mettent à vibrer — et cette agitation, c'est exactement ce qu'on appelle la chaleur. Précieuse dans une bouilloire ou un grille-pain, c'est un pur gaspillage partout ailleurs — jusque dans la batterie, comme la barre te l'a montré.

MÉTHODE — FAIRE UN BILAN DE PUISSANCE
1.Ce qui entre : la source convertit \(P_{\text{totale}} = E \times I\).
2.Ce qui sort : la part fournie au circuit (\(U \times I\)) et les parts Joule (\(r \times I^2\) dans la source, \(R \times I^2\) dans chaque conducteur résistif).
3.Vérifie que ça boucle : l'entrée doit égaler la somme des sorties, au watt près. Contrôle-réflexe : une part « manquante » est une part oubliée quelque part en chaleur.
EXEMPLE RÉSOLU — LA BOUILLOIRE

La résistance chauffante d'une bouilloire vaut R = 23 Ω ; elle est branchée sur la prise (U = 230 V). a. Quelle intensité la traverse ? b. Calcule la puissance reçue de deux façons. c. Quelle énergie consomme-t-elle en 3,0 min ?

a. — loi d'Ohm : \(I = \dfrac{U}{R} = \dfrac{230}{23} = 10\) A. (C'est énorme — les circuits de cuisine sont câblés pour.)

b. — \(P = U \times I = 230 \times 10 = 2\,300\) W, et \(P_J = R \times I^2 = 23 \times 10^2 = 2\,300\) W. Les deux formules racontent le même transfert : ici, tout ce qui est reçu part en chaleur.

c. — \(E = P \times \Delta t = 2\,300 \times 180 = 4{,}14 \times 10^5\) J ≈ 4,1 × 10⁵ J (soit 0,115 kWh — quelques centimes).

Conclusion : dans une bouilloire, l'effet Joule n'est pas une perte — c'est le produit vendu. La section 5 généralise cette question : utile pour qui ?

TESTE-TOI Trois sur la facture

Q1Le kilowattheure est une unité…

Q2Un radiateur branché sur 230 V est traversé par 2,0 A. Sa puissance vaut…

Q3On double l'intensité qui traverse une résistance. La puissance dissipée par effet Joule…

5. Le rendement : où passent les joules ?

Touche la brique de ton chargeur après une heure : tiède, toujours. Ces degrés-là, tu les as payés. Aucun convertisseur ne restitue tout ce qu'il reçoit : une part accomplit la mission de l'appareil — on l'appelle utile — et le reste s'échappe, presque toujours en chaleur. Le jeu ci-dessous t'apprend à faire le tri. La règle tient en une phrase : l'utile, c'est ce pour quoi l'appareil existe.

INTERACTIF Où passent les joules ?
APPAREIL 1/4
lampe reçoit 60 W (électricité) 3 W de lumière 57 W de chaleur

Pour une lampe, l'énergie utile, c'est laquelle ?

Le réflexe en deux temps : identifie la mission de l'appareil (elle définit l'utile), puis fais la fraction utile/reçu — jamais l'inverse.

Ce que le jeu t'a fait faire quatre fois, voilà comment on l'écrit.

DÉFINITION

Un convertisseur (moteur, lampe, chargeur…) reçoit une puissance \(P_{\text{reçue}}\) et en restitue une partie sous la forme attendue : la puissance utile \(P_{\text{utile}}\). Son rendement est :

$$\eta = \frac{P_{\text{utile}}}{P_{\text{reçue}}}$$

\(\eta\) (« êta ») est un nombre sans unité, entre 0 et 1 — souvent exprimé en pourcentage. La même définition vaut pour les énergies : \(\eta = E_{\text{utile}}/E_{\text{reçue}}\).

MÉTHODE — CALCULER (ET CONTRÔLER) UN RENDEMENT
1.Identifie l'utile : ce pour quoi l'appareil existe — mécanique pour un moteur, lumière pour une lampe, chaleur pour un radiateur.
2.Fais la fraction \(\eta = \dfrac{P_{\text{utile}}}{P_{\text{reçue}}}\), avec la même unité en haut et en bas.
3.Contrôles : \(\eta \leq 1\) toujours (sinon, fraction inversée) ; et la part manquante \((1 - \eta)\) doit se retrouver quelque part — presque toujours en chaleur.
EXEMPLE RÉSOLU — LA BRIQUE TIÈDE

Le chargeur tire 20 W de la prise et en livre 17 W à la batterie du téléphone. a. Calcule son rendement. b. Où passe le reste ? c. Quelle énergie part ainsi en chaleur pendant une charge de 2,0 h ?

a. — \(\eta = \dfrac{17}{20} = 0{,}85\), soit 85 % — un bon chargeur.

b. — les 3,0 W manquants sont dissipés par effet Joule dans l'électronique : c'est très exactement la tiédeur de la brique.

c. — \(E = P \times \Delta t = 3{,}0 \times 7\,200 = 2{,}16 \times 10^4\) J ≈ 2,2 × 10⁴ J — de quoi élever d'un demi-degré une casserole d'eau. Petit, mais payé.

Conclusion : la chaleur de la brique est la signature honnête des 15 % restants. Le rendement, c'est le contrat entre ce qu'on paie et ce qu'on obtient.

À RETENIR

\(\eta = \dfrac{P_{\text{utile}}}{P_{\text{reçue}}}\), jamais plus de 1 : un convertisseur ne crée pas d'énergie — il en égare, et ce qu'il égare finit en chaleur.

TESTE-TOI Quatre questions pour finir

Q1Un rendement vaut…

Q2Un moteur de rendement 0,75 reçoit 400 W. Sa puissance utile vaut…

Q3La puissance « perdue » d'un convertisseur…

Q4Une fiche technique annonce η = 1,20 pour un moteur. Ton verdict ?

LES PIÈGES CLASSIQUES

Croire que la tension d'une pile vaut toujours E. Non : \(U = E - r I\). E n'apparaît qu'à vide. Dès qu'un courant circule, la résistance interne prélève \(rI\) — et plus on demande de courant, moins il reste de tension. Une pile « de 9 V » qui en affiche 7,8 en charge fonctionne parfaitement.

Confondre kW et kWh. Le kilowatt est une puissance (un débit d'énergie) ; le kilowattheure est une énergie (ce débit tenu pendant une heure) : 1 kWh = 3,6 × 10⁶ J. La facture compte des kWh. Dire « ce four consomme 2 kWh » sans préciser la durée n'a pas de sens.

Penser l'effet Joule proportionnel à I. C'est \(P_J = R I^2\) : doubler le courant quadruple la chaleur. C'est exactement pour ça qu'on transporte l'électricité sous très haute tension : à puissance égale, moins de courant, donc énormément moins de pertes en ligne (exercice 12).

Le rendement qui dépasse 1. Si ton calcul donne η = 1,18, ce n'est pas un bon appareil, c'est une fraction inversée : tu as divisé le reçu par l'utile. η = utile/reçu, toujours ≤ 1 — un convertisseur ne crée jamais d'énergie.

Imaginer les électrons filant à la vitesse de la lumière. Dans un fil, les porteurs avancent de quelques dixièmes de millimètre par seconde. Ce qui est quasi instantané, c'est le signal : tous les porteurs du circuit se mettent en marche en même temps, comme une rame de métro bondée qui démarre d'un bloc. L'intensité est un débit, pas une vitesse.

L'ESSENTIEL EN 5 LIGNES
INTENSITÉ

\(I = \dfrac{Q}{\Delta t}\) : un débit de charges. \(Q\) en coulombs, et \(N = Q/e\) porteurs, avec \(e = 1{,}60 \times 10^{-19}\) C.

SOURCE RÉELLE

\(U = E - r I\) : la caractéristique descend depuis E avec la pente −r. Le point de fonctionnement est l'intersection avec la caractéristique du récepteur : \(I = \dfrac{E}{r+R}\).

PUISSANCE

\(P = U \times I\) (watts) ; énergie \(E = P \times \Delta t\) (joules) ; \(1\) kWh \(= 3{,}6 \times 10^6\) J — l'unité de la facture.

EFFET JOULE

\(P_J = R I^2\) : toute résistance chauffe, et en I². Doubler le courant, c'est quadrupler la chaleur.

RENDEMENT

\(\eta = \dfrac{P_{\text{utile}}}{P_{\text{reçue}}} \leq 1\) : l'utile est la mission de l'appareil ; le reste finit en chaleur.

Exercices

15 corrigés

Commence par le niveau 1. Cherche vraiment avant d'ouvrir le corrigé — c'est là que ça rentre. Les exercices suivent l'ordre du cours : l'intensité et la charge, la source réelle et le point de fonctionnement, puissance et énergie, l'effet Joule, le rendement — et un problème pour finir.

EXERCICE 01 · le débit de charges niveau 1

Un chargeur débite un courant d'intensité I = 2,0 A pendant 30 min. a. Quelle charge a traversé le câble ? b. Combien d'électrons cela représente-t-il ? (e = 1,60 × 10⁻¹⁹ C)

EXERCICE 02 · Q, I, Δt niveau 1

a. Une charge de 60 C traverse une lampe en 2,0 min. Quelle est l'intensité du courant ? b. Combien de temps faut-il à un courant de 1,5 A pour transporter 900 C ?

EXERCICE 03 · les mAh niveau 1

Une batterie externe annonce « 2 000 mAh ». a. Convertis cette réserve de charge en coulombs. b. Pendant combien de temps peut-elle débiter 0,40 A ? Donne le résultat en heures.

EXERCICE 04 · la caractéristique niveau 2

Une pile a pour f.é.m. E = 9,0 V et pour résistance interne r = 3,0 Ω. a. Que vaut la tension à ses bornes à vide ? b. Et quand elle débite 1,0 A ? c. Pour quelle intensité la tension tomberait-elle à 0 (court-circuit) ? d. Décris l'allure de sa caractéristique U en fonction de I.

EXERCICE 05 · le point de fonctionnement niveau 2

Une batterie (E = 12 V, r = 2,0 Ω) alimente une lampe de résistance R = 22 Ω. a. Détermine l'intensité du courant. b. En déduire la tension aux bornes de la lampe. c. Vérifie ton couple (I ; U) sur le graphique de la section 3 (préréglage « guirlande »).

EXERCICE 06 · trouver E et r niveau 2

Au laboratoire, on mesure la tension d'une batterie pour deux régimes : U = 11,0 V quand I = 0,50 A, et U = 8,0 V quand I = 2,0 A. Détermine sa résistance interne r puis sa f.é.m. E.

EXERCICE 07 · la plaque de cuisson niveau 2

Une plaque de cuisson branchée sur 230 V est traversée par un courant de 8,7 A. a. Calcule sa puissance. b. Quelle énergie consomme-t-elle en 1 h 30, en kWh ? c. Que coûte cette cuisson, à 0,25 € le kWh ?

EXERCICE 08 · le kilowattheure niveau 1

Une console de jeu consomme 150 W. Tu joues 4,0 h. a. Quelle énergie a-t-elle reçue, en kWh ? b. Convertis en joules. c. Vérifie que 1 kWh = 3,6 × 10⁶ J en partant de la définition.

EXERCICE 09 · l'effet Joule niveau 2

Un grille-pain a une résistance R = 46 Ω et fonctionne sous U = 230 V. a. Calcule l'intensité qui le traverse (loi d'Ohm). b. Calcule la puissance dissipée par effet Joule, de deux façons. c. On le remplace par un modèle dont la résistance est deux fois plus petite (23 Ω) : que devient la puissance ?

EXERCICE 10 · le bilan de la source niveau 2

La batterie du vélo (E = 12 V, r = 2,0 Ω) débite I = 2,0 A. a. Quelle puissance totale sa chimie convertit-elle ? b. Quelle puissance part en chaleur à l'intérieur ? c. Quelle puissance est fournie au circuit ? d. Quel est le rendement de la batterie ?

EXERCICE 11 · le chargeur niveau 2

Un chargeur d'ordinateur portable tire 65 W de la prise et en délivre 52 W à la batterie. a. Calcule son rendement. b. Quelle puissance chauffe le boîtier ? c. Sur une charge d'une heure et demie, quelle énergie est perdue, en joules ?

EXERCICE 12 · pourquoi la haute tension niveau 3

Une ligne électrique de résistance totale r = 0,50 Ω doit livrer une puissance P = 2 300 W à un hameau. a. Si le transport se fait sous U = 230 V, quelle intensité circule, et quelle puissance la ligne perd-elle par effet Joule ? b. Même question sous U = 2 300 V. c. Conclus : pourquoi les lignes du réseau montent-elles à 400 000 V ?

EXERCICE 13 · la chaîne solaire niveau 3

Sur un abri de jardin : un panneau solaire reçoit 100 W de lumière et produit de l'électricité avec un rendement de 20 % ; une batterie stocke cette électricité avec un rendement de 90 % ; une pompe la convertit en énergie mécanique avec un rendement de 80 %. a. Quelle puissance électrique sort du panneau ? b. Quelle puissance ressort de la batterie ? c. Quelle puissance mécanique la pompe fournit-elle ? d. Quel est le rendement global de la chaîne ?

EXERCICE 14 · problème : la trottinette niveau 3

La batterie d'une trottinette affiche « 36 V — 10 Ah ». En route, le moteur absorbe une puissance électrique constante de 300 W, avec un rendement de 80 %. a. Calcule l'énergie stockée dans la batterie, en Wh puis en joules. b. Quelle est l'autonomie, en minutes ? c. Quelle puissance mécanique le moteur fournit-il ? d. À 18 km/h de moyenne, quelle distance la trottinette parcourt-elle sur une charge ?

VERS LE BAC — EXERCICE 15 ≈ 45 MIN · CALCULATRICE UTILE

Le vélo à assistance électrique d'un livreur. Sa batterie a pour f.é.m. E = 36 V et pour résistance interne r = 0,50 Ω ; son moteur a un rendement de 85 %. Donnée : 1 kWh = 3,6 × 10⁶ J.

PARTIE A — LA BATTERIE RÉELLE
  1. Le livreur mesure la tension de la batterie au repos, vélo à l'arrêt. Qu'obtient-il ? Justifie.
  2. En côte, la batterie débite I = 4,0 A. Calcule la tension à ses bornes.
  3. Calcule la puissance totale convertie par la batterie, la puissance perdue par effet Joule interne et la puissance fournie au reste du circuit.
  4. En déduire le rendement de la batterie dans ces conditions.
PARTIE B — LE TRAJET DU MATIN
  1. Le moteur reçoit les 136 W fournis par la batterie. Quelle puissance mécanique développe-t-il ?
  2. La tournée dure 45 min. Quelle énergie la batterie a-t-elle fournie au moteur, en joules puis en kWh ?
  3. À 0,25 € le kWh, combien coûte (environ) l'énergie de cette tournée ? Où sont passés les 15 % que le moteur n'a pas convertis ?